Comment 300 ingénieurs en intercontrat ont imaginé la voiture du futur
Face à la crise de 2009 qui a durement ébranlé le secteur automobile, Akka a pris la décision de mobiliser ses consultants sur un programme de véhicule électrique. Deux concepts cars ont vu le jour.
Flash-back, janvier 2009. Le secteur automobile connaît l'une des plus graves crises de son histoire. A l'image de Renault, les constructeurs rompent leurs contrats de prestation auprès des spécialistes de la R&D externalisée. Des milliers d'ingénieurs d'Altran, Alten, Assystem et consorts se retrouvent sur la touche.
A lui seul, Akka Technologies compte 800 ingénieurs en intercontrat. « Une administration nous a conseillé de faire un plan social », se souvient, dépité, Maurice Ricci, son PDG. Toute crise étant source d'opportunités, le groupe d'ingénierie et de conseil en technologies a demandé, au contraire, à ses consultants de se mobiliser et d'imaginer le futur de l'automobile.
C'est ainsi qu'est né à Guyancourt (Yvelines), à deux pas du Technocentre et non loin du centre technique de PSA à Vélizy, le Centre de recherche et de développement des technologies alternatives (CRDTA).
300 kilomètres d’autonomie pour une voiture électrique
Si le CRDTA emploie actuellement une centaine d'ingénieurs, ils étaient plus de 300 intercontrats au plus fort de la crise à travailler sur le programme de véhicule électrique. C'est ainsi que deux concepts cars sont nées d'une feuille blanche.
Adaptée à la mobilité urbaine, la Carlib, deux mètres de long, propose deux places assises pour une autonomie supérieure à 100 kilomètres. Plus familiale, avec ses quatre places, l'Astute Car dépasse le 300 kilomètres d'automonie pour une vitesse maximale de 140 km/h. Primée par le Conseil général des Yvelines, cette dernière va pouvoir se matérialiser. Un démonstrateur sera envoyé au salon automobile de Genève en mars prochain.
Des innovations issues du ferroviaire, de l’aéronautique
Même si nous ne les croiserons pas sur nos routes tels quels, ces deux concepts cars apportent des innovations de rupture qui font actuellement l'objet d'un dépôt de brevets. L'Astute Car est, par exemple, dépourvu de liaison mécanique entre le volant et les roues. Positionnées au volant, les principales fonctions de pilotage (freinage, direction, accélération) sont électrifiées.
Des innovations dont certaines sont issues du ferroviaire ou de l'aéronautique, Akka évoluant dans divers métiers de l'ingénierie. Pour concevoir ces véhicules décarbonés, le prestataire a aussi fait appel à des industriels et des écoles d'ingénieurs telles que Centrale Paris, l'Ensam ou l'Estaca. Le partage de modèles en 3D se faisant depuis la plate-forme d'innovation collaborative Catia V6 de Dassault Systèmes.
Après le véhicule électrique, le CRDTA lancera prochainement un nouveau programme qui portera sur le développement d'applications « machine to machine » (M2M). Avec deux axes de recherche : la gestion proactive de la circulation (éviter les pics de pollution et de trafic, réagir en « juste à temps » face à un accident) et l'intermodalité (l'utilisation de plusieurs modes de transport pour effectuer un même déplacement).

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