L’informaticien, super héros de l’année 2010
Pour avoir connecté un demi milliard d’amis sur la planète, Mark Zuckerberg a été élu « personnalité de l'année 2010 » par le magazine Time. Une première. Jamais un dirigeant IT n’avait eu cet honneur. Sur le site du journal, les internautes ont, eux, plébiscité un autre informaticien : Julian Assange, le fondateur du très controversé WikiLeaks.
Zuckerberg/Assange, comme les deux faces d’une même pièce, répondant aux stéréotypes les plus éculés sur l’informaticien. A Zuckerberg, le côté asocial et monomaniaque, peu à l’aise avec la gente féminine. Le film The Social Network l’a figé dans ce registre à la « Michel, ingénieur informaticien ».
A l’inverse, Assange serait le « bad guy » du scenario. Le hacker, le voleur de données hors la loi. Avec ses longs cheveux blancs et ses lunettes noires, il pourrait jouer le méchant dans James Bond. Lui aussi a des problèmes avec les femmes mais pour d’autres raisons. Infiniment moins riche que le fondateur de Facebook, plus jeune milliardaire de l’histoire, il en est réduit à faire appel à la générosité des internautes.
Bien sûr, il est possible d’interchanger à loisir les rôles. Le violeur de nos intimités, c’est Mark. Son réseau dit social répand le malheur entre les cas de divorces, de licenciements et d’appels à la haine. Julian le rebelle restitue, lui, la v
érité que nos gouvernants nous cachent.
Mugs et tee-shirts à l’effigie de « l’anti-christ d’Internet », un véritable culte fleurit sur le web autour de ce Che Guevara de la génération Y. Libération nous apprend qu’il a aussi droit à un jeu vidéo, à un documentaire et à la reconstitution des scènes les plus marquantes de sa vie façon Sims.
Amour, gloire et beauté
Mais leur modèle à tous reste Steve Jobs. Elu l’homme de l’année par le Financial Times, le patron d’Apple réunit à lui seul les côtés obscur et lumineux de la Force. Gourou d’un petit cercle d’initiés, il est passé au statut de star planétaire avec le succès de l’iPhone et de l’iPad. Ses bulletins de santé sont aussi commentés que ceux du pape et Canal+ lui a fait son Guignol.
Tenue décontractée – Sneakers, Levis’501, tee-shirt noir à col cheminée – et formules chocs, le style Steve Jobs fait des émules. Xavier Niel, le patron de Free, qui n’a jamais caché son admiration pour le quinquagénaire l’aurait copié pour vendre sa dernière box (la preuve en images).
Bien sûr, cette peopolisation entraîne les travers habituels. La vie de ces geeks, d’ordinaire peu habitués aux feus de la rampe, sont passés au peigne fin. Les épouses et petites amies de ces milliardaires de la IT – Melanie Ellison, Lucy Page, Susan Dell… - se retrouvent dans des diaporamas sur le web à l’instar des femmes de footballeurs.
Ils ont aussi rejoint la rubrique faits divers. Les tabloïds se sont délectés des récents déboires de Mark Hurd (Oracle, ex-HP) et de Robert Moffat (ex-IBM) pris dans les filets de femmes fatales.
Pas de quoi en tout cas détourner les futurs Steve Jobs de leur vocation. L’ingénieur logiciel domine le palmarès des métiers les plus prisés outre-Atlantique. C'est ce qui ressort du classement établi par CareerCast en fonction du salaire, des conditions de travail et des opportunités d’embauche. Le journaliste n’arrive qu’à la 188ème place sur 200 !


nos newsletters
Abonnez-vous à Micro Hebdo : 4,90 €/mois
Abonnez-vous à l'Ordinateur Individuel : 3 €/mois
Abonnez-vous à la version digitale
Abonnez-vous à 01Business et Technologies : 19 €/mois
















