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La virtualisation gagne l'informatique critique

La virtualisation déborde le cadre du développement pour toucher les environnements de production. La prochaine étape, encore futuriste, concerne la fédération de systèmes sous la forme de services applicatifs.

Hier, la virtualisation était synonyme de test et de développement sur des postes de travail hôtes, chargés d'exécuter des environnements invités. Mais l'augmentation de la puissance machine disponible et la fiabilité accrue des logiciels de virtualisation ont changé la donne. Les environnements virtualisés sont devenus suffisamment mûrs pour exécuter des serveurs critiques : ' Nous utilisons 10 serveurs physiques pour exécuter environ 45 serveurs logiciels de messagerie, de paie et d'impression. Les applications fonctionnent avec Windows Serveur 2000,2003, NT et Linux ', témoigne Bruno Kerouanton, responsable sécurité et nouvelles technologies chez Clear Channel France, fabricant de mobilier urbain (lire encadré). Dans son cas, cette consolidation s'effectue grâce à l'environnement de virtualisation VM-ware ESX Server, qui présente la particularité de ne pas exiger de système hôte. Les bénéfices relevés sont nombreux. Tout d'abord en termes de coût, car cette consolidation réduit le nombre de serveurs matériels nécessaires aux applications. La facilité d'administration y gagne également. Les environnements virtualisés présentent en effet d'intéressantes possibilités de clonage, assurant la réplication rapide d'applications d'une machine virtuelle vers une autre. Le gain est également intéressant en matière de stabilité du système. En effet, les différentes machines virtuelles exploitées sur un serveur physique disposent de leurs propres ressources disque, mémoire, CPU, voire réseau. Ces ressources étant isolées, le plantage d'un environnement n'influence pas l'autre. Reste que pour l'heure, ces logiciels de virtualisation ne fonctionnent que sur processeurs x86. Enfin, la virtualisation autorise la mise en place de systèmes multiprocesseurs virtuels (VMware Virtual SMP, Container de Sun Solaris 10, etc.), notamment à des fins de tests. L'arrivée à maturité de ces technologies explique l'engouement actuel des fabricants. Depuis un an, le rythme des annonces s'est accéléré au point que, d'ici à dix-huit mois, tout serveur commercialisé sera, d'une façon ou d'une autre, ouvert à la virtualisation. En effet, les constructeurs comptent embarquer une couche logicielle de bas niveau, dite hyperviseur, qui assure la virtualisation du système par le partage des ressources entre plusieurs systèmes d'exploitation, fonctionnant simultanément.

Des puces qui s'enrichissent

Les constructeurs de processeurs enrichissent d'ailleurs leurs puces d'instructions qui facilitent le travail de ces hyperviseurs. À l'occasion de son dernier Developer Forum, Intel a détaillé la technologie de virtualisation VT (nom de code Van-derpool). ' C'est une fonction utile pour les serveurs, détaille Stéphane Nègre, directeur de la division marchés d'entreprises d'Intel France, mais aussi pour le poste client. Il fournit à l'utilisateur un environnement de travail classique, puis un deuxième, dédié par exemple à la sécurité. ' VT verra le jour sur les processeurs Pentium 4 et Itanium au second semestre 2005, puis sur Xeon en 2006. AMD prépare une technologie concurrente pour ses puces. Baptisée Pacifica, celle-ci sera disponible début 2006. IBM, qui s'est investi dans la virtualisation dès la fin des années soixante, met à disposition suivant le modèle open source deux hyperviseurs (rHype et sHype) pour processeurs Power, x86 et Cell. Rappelons aussi que, depuis plusieurs mois maintenant, IBM commercialise le Power Hyper visor, lequel permet de créer jusqu'à 10 systèmes virtuels par processeur Power5 (gammes pSeries et OpenPower).
Dans le même temps, IBM toujours, mais aussi Intel, AMD, Sun, HP et Novell, soutiennent XenSource, un hyper viseur développé en open source par des chercheurs de l'université de Cambridge. XenSource pourrait prochainement être intégré au noyau Linux. Une réponse aussi bien à VMware, filiale d'EMC, qui a vu les ventes de ses logiciels doubler l'an dernier, qu'à Microsoft, qui, depuis le rachat de Connectix, a ajouté Virtual Server à son offre.
Demain, la virtualisation promet de représenter un ensemble de systèmes massivement hétérogènes, sous la forme de services applicatifs. Le matériel et les environnements seront masqués, au profit d'architectures de plus haut niveau fondées sur des composants administrables et appelés à distance. Mais le scénario est encore futuriste. Chez IBM, Laurent Vanel, architecte systèmes avant-vente décrit un modèle en trois phases : ' Aujourd'hui, la souplesse d'administration et la consolidation. Demain le provisionnement automatique et l'orchestration des ressources. Ensuite les services web. ' Mais pour cela, il est nécessaire au préalable de récrire les applications. Les serveurs d'applications et d'intégration de nouvelle génération semblent être bien placés pour délivrer les services techniques de messagerie, d'orchestration et d'exécution permettant ce niveau de virtualisation.

Si vous êtes pressé

La virtualisation n'est plus une technologie réservée au test et au développement. Elle gagne aujourd'hui les entreprises qui souhaitent consolider un nombre important d'applications de production. Mieux, les fabricants annoncent des couches logicielles de bas niveau, destinées à virtualiser un système capable d'exécuter plusieurs OS simultanément. La prochaine étape repose sur la fédération de systèmes hétérogènes, considérés comme un ensemble de services applicatifs.

Le stockage suit la tendance

Depuis plusieurs années, le stockage est lui aussi engagé dans une promesse de virtualisation. Il s'agit surtout de cacher les ressources de stockage physique (baies de différentes origines avec divers contrôleurs et disques), de les agréger en une ressource unique accessible en mode bloc comme en mode fichier, et d'y ajouter toutes les fonctions de migration, copie, réplication, déplacement, extension à chaud, partage d'espace qui en simplifient l'administration. Mais la lutte de chaque fabricant pour différencier ses équipements par toujours plus de fonctions avancées limite les possibilités réelles de mise en ?"uvre de virtualisation en environnement hétérogène.

Certifications en vue : Jacques Heller, Europe du Sud, VMware. ' Les environnements virtualisés ne sont plus réservés au test '

Les applications très transactionnelles, qui réclament de nombreuses entrées et sorties de données, sont de mauvaises candidates à la virtualisation. En revanche, ce n'est pas le cas des SGBD de production. Aujourd'hui, Oracle certifie le fonctionnement de son SGBD sur environnement Linux, au sein de machines virtuelles exécutées par les logiciels ESX et GSX Server. D'autres partenaires ont également certifié le fonctionnement correct de ces logiciels sur leurs matériels. C'est par exemple le cas d'IBM, de Fujitsu, de HP et même de Dell. Notre prochain chantier est la prise en charge des architectures EM64T et AMD64 qui est prévue pour le second semestre 2005. Cela ouvre d'intéressantes perspectives de systèmes SMP virtuels, entre machines hétérogènes.

Établir un plan de secours : Bruno Kerouanton, Clear Channel France. ' 30 minutes suffisent pour relancer nos serveurs '

Clear Channel France est issu de différents groupes, dont France Rail Publicité et France Bus Publicité. ESX Server de VMware nous a permis d'unifier 45 serveurs hétérogènes de production sur 5 machines physiques biprocesseurs à base Xeon. Certains serveurs, comme celui de messagerie libre exim ou l'application de paie, sont critiques. Au final, nous faisons cohabiter Linux et Microsoft Windows NT/2000/ 2003. Parmi les fonctions les plus intéressantes, ESX Server intègre la console d'administration Virtual Center, qui permet de cloner un environnement dexploitation. Nous dupliquons donc régulièrement nos applications vers 5 serveurs matériel de secours. En cas de plantage matériel, 30 minutes suffisent pour relancer nos 45 serveurs de production.

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