Historique. Cette société basée à Cambridge (Etats-Unis) a été créée en 1998.
Taille. Elle compte 600 salariés et 1300 entreprises clientes, pour un chiffre d'affaires 2004 de 210 millions de dollars.
Métier . Cet opérateur de CDN dispose de 16 500 serveurs, répartis dans 80 pays.
D'où provient la puissance d'Akamai ?
Akamai est fort de son statut d'indépendant et de ses capacités d'investissement. Bâtir une infrastructure de diffusion de contenu (autrement dit, une CDN) à l'échelle de la planète suppose de placer des serveurs chez tous les grands
fournisseurs d'accès. Akamai, qui n'entre pas dans les rivalités entre opérateurs, est bien placé pour négocier cette présence. Par ailleurs, le Massachusetts Institute of Technology (MIT), dont Akamai est issu, a permis, grâce à ses équipes de
recherche, de bâtir une technologie de pointe. Aujourd'hui encore, certains brevets sont détenus conjointement par les deux entités.
Existe-t-il une alternative au CDN pour optimiser le trafic ?
Plusieurs solutions existent au niveau du réseau. Avec les technologies MPLS, les entreprises définissent des priorités de trafic en fonction du protocole. Mais la granularité qu'offre MPLS s'arrête au protocole : il s'avère
impossible de faire passer le flux encapsulé en HTTP d'un progiciel avant celui d'une autre application, par exemple. Et comme toutes les technologies de réservation de bande passante, MPLS reste tributaire du routage aléatoire d'Internet.
Peut-on bâtir son propre CDN ?
De nombreux acteurs, tels que Cacheflow (devenu Blue Coat), Cisco, Netapp, mais également Novell, Sun et Microsoft, ont investi dans les technologies de cache afin de mettre en ?"uvre des CDN. Ceux-ci restent limités au périmètre
du réseau d'entreprise et ne disposent pas des algorithmes de routage pointus, qui font aujourd'hui la force d'Akamai.
Renoncement, rachat, migration aux Etats-Unis ou réorientation sont les principaux facteurs qui laissent Akamai seul en lice.
Cable & Wireless
L'opérateur anglais n'a plus d'offre de diffusion de contenu à son catalogue. Pourtant, il avait investi ce marché dès 2000. Un an plus tard, il reprenait Digital Island, alors le seul concurrent véritable d'Akamai. Depuis, Cable
& Wireless a revendu ses activités aux Etats-Unis, dont son offre de CDN, au fournisseur de services américain Savvis.
Colt
A l'instar de son concurrent Cable & Wireless, l'opérateur et hébergeur britannique Colt a renoncé au CDN au bout de quelques années. En septembre 2002, il avait lancé les services Edge Static, pour optimiser un trafic important
et régulier, et Edge Event, pour les pointes de trafic ponctuelles. Ces services ne visaient que l'Europe.
Digital Island
Racheté en juillet 2001 par Cable & Wireless pour 340 millions de dollars, Digital Island possédait alors 2650 serveurs de cache, répartis dans 35 pays. L'opérateur britannique a cherché à réorienter l'activité de
Digital Island pour le mettre au service de la sécurisation. Avant de le revendre à Savvis, le fournisseur de services américain.
Ipercast
Créé en 2001, Ipercast dispose de 250 serveurs, avec 6 raccordements vers des opérateurs téléphoniques fixes et mobiles et 8 raccordements vers des opérateurs IP. Ipercast reste toutefois spécialisé dans les
applications multimédias. Et ses faibles moyens (la société compte 10 personnes) ne l'autorisent pas à rivaliser avec le numéro un.
Speedera
Fondé en 1999, Speedera constituait le numéro deux du marché de la diffusion de contenu, jusqu'à son rachat en début 2005 par Akamai. Ce dernier a renforcé de la sorte sa base installée des 350 clients de Speedera. Tout en
s'enrichissant d'une présence en Inde, ainsi que de nouvelles technologies en matière d'accélération du trafic.
Autant de clients, autant de manières de dédier un savoir-faire.
1. Optimisation du routage
Pour accélérer l'affichage du contenu de SKF, Akamai s'appuie sur sa vision générale du trafic d'Internet. Il choisit la meilleure route, limite les négociations entre serveurs et anticipe les requêtes des navigateurs. Pour des
raisons de confidentialité, le contenu n'est pas stocké dans le cache.
2. Des images copiées en cache
CDiscount centralise sur un serveur les illustrations (80 % de ses pages Web), copiées ensuite dans les serveurs de cache d'Akamai. Les autres éléments ne sont pas dupliqués. L'utilisateur interroge directement le site marchand,
en bénéficiant d'un parcours optimisé.
3. Des vidéos diffusées localement
Entièrement en cache, le contenu du site Allociné est stocké et desservi localement. Les fichiers vidéo sont dupliqués, les mécanismes de streaming n'intervenant que sur le ' dernier
kilomètre ', entre le serveur d'Akamai et l'utilisateur final, optimisant la qualité de diffusion.
4. Duplication de servlets
Pour ses traitements lourds, Darty fait héberger sur les serveurs d'Akamai un servlet et les données nécessaires à son exécution. Les traitements (comme la comparaison de prix) sont réalisés par le serveur d'applications au plus près
de l'utilisateur final, et le résultat est combiné au contenu en cache.
Ce spécialiste du CDN (Content Delivery Network) a publié en avril dernier une note sur l'acquisition de Speedera par Akamai.
O1 Informatique : Existe-t-il des alternatives à Akamai ?
Thomas Mendel : Depuis le rachat de Speedera, Akamai n'a plus vraiment de concurrent. Mais ce n'est que temporaire. Dans les douze prochains mois, on devrait assister à une grande offensive des opérateurs de
télécoms avec, en Europe, les couples British Telecom/Infonet et France Télécom/Equant, sans oublier Deutsch Telecom. Il est, en revanche, plus délicat de prédire ce qui va se passer aux Etats-Unis, car le marché est très dynamique. On devrait
néanmoins voir émerger deux grands opérateurs de CDN.
Akamai survivra-t-il à l'entrée des opérateurs sur le marché du CDN ?
A long terme, il sera probablement racheté. En attendant, Akamai doit développer ses services et ne plus se contenter d'accélérer le seul trafic HTTP. Il doit s'ouvrir à d'autres flux. Par exemple, celui des progiciels.
S'oriente-t-on vers un Internet des riches et un Internet des pauvres ?
Même si les prix baissent avec l'arrivée des opérateurs, les entreprises ne pourront pas toutes s'offrir l'accélération de trafic. Pour gagner le marché, les opérateurs devront s'adapter à leurs besoins et proposer plusieurs niveaux
de service. On aura donc plusieurs Internets.
Richard Olivecrona (SKF Group Business Development) :
' Couvrir des régions où Internet n'est pas bien desservi.
Avec Akamai, nous lissons les temps de réponse. L'accélération de trafic opérée sur des régions mal desservies par Internet, comme la Chine, l'Inde ou l'Afrique, permet d'obtenir des temps de réponse acceptables. Nous
sommes ainsi en mesure de fournir à nos partenaires la qualité de service indispensable pour s'imposer sur ces marchés émergents. '
Stéphane Perrin (CDiscount) :
' Accélérer le chargement des pages et adapter le service aux visiteurs.
Notre site est constitué à 80 % d'images. Et il faut parfois une dizaine de pages avant de passer commande. Les temps de chargement trop longs découragent les visiteurs. Par le biais du service de géolocalisation, nous
améliorons également la qualité de service en adaptant le contenu au débit de l'utilisateur et en lui proposant des produits sur mesure. '
Bertrand Stefann (Allociné) :
' Diffuser des vidéos de qualité.
Nous avions le choix entre muscler notre architecture ou faire appel à Akamai. La première solution ne nous aurait, de toute façon, pas garanti la même qualité de service. Depuis 2001, la totalité du contenu réside dans les
caches de l'opérateur de CDN. Dans notre métier, il est indispensable de diffuser des vidéos d'une qualité optimale. Ce qui justifie sans aucun doute le prix que nous payons pour ce service. '
Pascal Dufeaux (Darty.com) :
' Garantir la richesse de contenu sans nuire à la rapidité d'affichage.
Les pages d'un site contiennent de plus en plus d'objets. Si l'on veut préserver cette richesse de contenu tout en accélérant laffichage, le service fourni par Akamai se révèle primordial. Sinon, on risquerait de perdre
des clients en les décourageant par des délais trop longs. Et redimensionner notre architecture nous coûterait probablement plus cher que ce que nous facture Akamai. '

