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Business intelligence, la consolidation s'accélère

Dans le marché du décisionnel, les éditeurs ont engagé une stratégie d'intégration de leur plate-forme dont les lancements sont quasi simultanés.

Va?"t?"on observer, dans le secteur du décisionnel, un mouvement de concentration comparable à celui qui vient de frapper le monde des progiciels ? Beaucoup l'annoncent et se mettent en ordre de bataille pour être celui qui supplantera ses concurrents. Le français Business Objects a ouvert le bal : le mesuré Bernard Liautaud, cofondateur de l'un des derniers fleurons du logiciel français, a confié son poste de Pdg à John Schwarz, ex?"dirigeant de Symantec. Son objectif est simple : faire de Business Objects l'un des dix premiers éditeurs de logiciel au niveau mondial.
Ce dirigeant n'a pas été choisi au hasard. Il a mené une stratégie d'acquisitions extrêmement agressive chez Symantec, et n'a pas caché ses ambitions lors de l'annonce de la passation de pouvoir : ' Business Objects est une société en croissance, qui dispose d'une forte assise et d'une forte pénétration sur un marché lui?"même en croissance. La croissance organique sera le mode de développement privilégié, l'acquisition de petites compagnies complémentaires en termes technologiques ou en termes de canaux de distributions étant toujours possible. ' Premier effet de cette nomination, Business Objects a annoncé le rachat d'Infommersion, un éditeur américain qui apporte au français ses technologies de visualisation Xcelsius pour 40 millions de dollars. Un rachat qui en présage beaucoup d'autres.

Cognos réplique à Business Objects

Le lancement de Business Objects IX au début de l'année, puis de sa version 2, marque l'achèvement de l'intégration de Crystal Reports. Cette deuxième version voit aussi l'apparition des solutions de gestion de la performance (CPM, Corporate performance management) de SRC Software, éditeur récemment acquis qui apporte ses solutions d'élaboration budgétaire, de planning et de consolidation.
Avec cette version 2, l'éditeur est parvenu à devancer de quelques semaines Cognos, qui annonçait Cognos 8 sur le même concept de plate-forme unifiée. ' Cognos 8 est une évolution et une rupture, argumente Oliver Oursin, vice?"président associé de Cognos en Europe. Il s'agit d'une plate-forme unique, avec une administration, une procédure d'installation et une interface utilisateur unique. Cette plate-forme s'appuie sur le succès de ReportNet. ' L'éditeur a donc redéveloppé ses applications pour les porter sur la plate-forme technique ReportNet. Le moteur d'analyse PowerPlay y est embarqué, alors que le client lourd, dont le rôle est remis en cause par la nouvelle architecture Web, sera maintenu. Rob Ashe, président de Cognos, s'est expliqué lors du lancement de Cognos 8 : ' Notre stratégie est de proposer une plate-forme unique : un seul produit, et non une solution formée de multiples outils. Un environnement complet avec l'analyse, la gestion des événements, un jeu complet de fonctionnalités et, enfin, une architecture technique moderne qui peut s'intégrer dans un environnement complexe. '
Hyperion, leader incontesté du secteur de la gestion de la performance, a emboîté le pas à ses concurrents et vient de présenter sa nouvelle plate-forme Hyperion System 9. Là encore, l'unification est à l'ordre du jour, avec une couche Foundation services unique, sur laquelle s'appuient les applications décisionnelles et CPM de l'éditeur. On retrouve aussi ce souci d'unification au niveau de l'interface utilisateur. Mais cette version introduit surtout un nouveau composant de business intelligence, Hyperion System 9 BI+, qui vise à apporter à la plate-forme un outil de reporting simplifié s'appuyant lui aussi sur Foundation services, et qui est donc à même de combiner des données issues de bases relationnelles et multi?"dimentionnelles.
Devançant cette vague d'annonces, SAS a mis l'accent sur les capacités de recherche et de reporting avec la version 9 de sa plate-forme. Longtemps identifié comme une plate-forme dédiée aux études statistiques, SAS 9 doit encore convaincre dans le domaine de la gestion. Car, si l'offre dispose d'une couverture fonctionnelle large, les éditeurs se battent désormais sur le front des applications, et notamment de gestion de la performance.

L'écosystème Microsoft tire son épingle du jeu

Un front que Microsoft a pour l'instant choisi de laisser à ses partenaires. L'américain s'est fait une place de choix sur le marché des moteurs Olap et a profondément imprimé sa marque dans le secteur, avec une stratégie qui lui est désormais attachée : la baisse des prix. Avec Analysis Services et Reporting Services, SQL Server est maintenant une plate-forme abordable, notamment pour les entreprises de taille moyenne. Elle est aussi devenue crédible d'un point de vue technique. Microsoft a surtout su attirer à lui nombre d'éditeurs spécialisés qui, de par les applications qu'ils ont développées sur cette base technique, ont créé de la valeur sur SQL Server. ' La business intelligence est un secteur qui marche bien, s'enthousiasme Jean?"Michel Fabre, directeur général d'OutlookSoft France, éditeur type de cet écosystème. Nous réalisons en France 130 % de croissance cette année. Le marché s'est effectivement démocratisé, les prix sont tirés vers le bas, notamment sous l'influence de Microsoft qui est énorme, et le renouvellement de gamme des éditeurs constitue pour nous une splendide opportunité. '
L'éditeur spécialisé dans le CPM et qui s'appuie exclusivement sur la plate?"forme Microsoft Analysis Services n'en partage pas moins la même vision de l'offre intégrée que ses concurrents. ' Notre approche est différente de celle de Hyperion, Cognos, Business Objects ou Cartesis, qui doivent créer des passerelles entre des applications diverses au sein de leur plate-forme. Plutôt qu'une démarche d'intégration, notre approche est de proposer un seul produit pouvant supporter plusieurs dizaines d'applications ', déclare Jean-Michel Fabre.
Si, pour l'heure, les relations entre Microsoft et les éditeurs partenaires dans le secteur décisionnel s'avèrent payantes, l'américain va-t-il se contenter du rôle de fournisseur de technologie ? Après Reporting Services, il a dévoilé son offre de génération de tableaux de bord connue sous le nom de code Maestro. Une offre qui empiète déjà sur celle d'OutlookSoft. ' La valeur n'est pas là, tempère Jean-Michel Fabre. L'important est avant tout de proposer un référentiel unifié qui va permettre de déployer de multiples applications. '

Nouveau module d'élaboration budgétaire

Cartesis joue aussi à plein cette carte Microsoft. Partenaire privilégié de la firme de Redmond sur le lancement de SQL Server 2005, l'éditeur vient de dévoiler un nouveau module d'élaboration budgétaire issu du rachat d'Inea Corporation, mais, surtout, Cartesis ES Magnitude Information Delivery, un outil de restitution venant compléter l'offre de ce spécialiste de la gestion des processus métiers. ' Au fur et à mesure, la plage d'utilisation des plates-formes s'est élargie, et nous avons assisté à une diversification du profil des utilisateurs, souligne Grégoire Michel, directeur marketing de Cartesis France. Nous n'avons toutefois pas vocation à devenir un éditeur de business intelligence généraliste. ' Cartesis s'appuie sur les briques fournies par Microsoft, tant sur les technologies Olap de SQL Server que sur Reporting Services pour la diffusion. Et l'entreprise a rhabillé l'ETL (extraction, transformation et préparation des données) de la plate-forme Microsoft pour alimenter son référentiel.
Dernier venu sur le marché français, l'allemand Cubus propose ABC for OLAP, un logiciel qui réunit les outils d'élaboration budgétaire en s'appuyant sur les moteurs Olap de Microsoft ou Hyperion. Son origine géographique a évidemment exposé cet éditeur à une concurrence exacerbée de SAP, dont l'offre dans le domaine du décisionnel a connu une croissance impressionnante. C'est que cette offre du numéro un mondial du progiciel s'avère aujourd'hui particulièrement séduisante.

SAP réussit son pari

Depuis son lancement en 1997, SAP Business Information Warehouse (BW) a été complété par NetWeaver BI, brique d'acquisition des données. Son intégration ' naturelle ' avec le progiciel maison et une politique agressive menée au niveau des prix sont ses points forts. Le succès est au rendez-vous auprès des entreprises équipées à 100 % SAP, mais NetWeaver a apporté des capacités d'intégration de données issues de PGI tiers suffisamment solides pour que BW devienne la plate-forme décisionnelle des entreprises dont l'environnement est plus hétérogène. Cependant, si les professionnels du décisionnel reconnaissent désormais la qualité de l'offre SAP, certains font remarquer ses insuffisances en matière de gestion de la performance. Harald Matzke, directeur général de Cubus, met ainsi l'accent sur la lourdeur de la solution de son concurrent : ' Notre façon est de faire vite et bien. Et, avec Business Information Warehouse, c'est difficile. Le client doit rester indépendant et s'affranchir de l'inflexibilité de BW. '
Tirant les conclusions qui s'imposent du succès de son concurrent le plus direct dans le monde du progiciel, Oracle est revenu sur le marché du décisionnel après en être sorti. En proposant au sein d'Oracle Developer Suite son ETL Oracle Warehouse Builder et Oracle Business Intelligence Beans, composant logiciel dédié à la business intelligence, l'américain donne la réplique à SAP. Aujourd'hui, ces composants entrent, avec l'outil de reporting Oracle Discoverer, dans la nouvelle architecture Oracle Fusion Middleware, base technologique des progiciels futurs de l'éditeur. Les jeux sont donc loin d'être faits dans le domaine de la business intelligence, IBM s'apprêtant à son tour à dévoiler de nouvelles cartes sur une table où les protagonistes misent de plus en plus gros.

Si vous êtes pressés

?" Le marché du décisionnel connaît une croissance constante, tandis que la concentration des petits éditeurs autour des gros s'accélère.

?" Microsoft et SAP mettent en place des stratégies différentes, qui leur permettent de gagner des parts de marché.

?" L'ensemble des grands éditeurs a adopté une approche identique : la plate-forme unifiée, alors que la compétition a quitté les couches infrastructures (moteur Olap) pour se porter sur les applications (CPM).

Un marché en croissance constante

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Alors qu'il a dépassé le milliard d'euros en 2004, le marché français de la business intelligence a bénéficié d'une belle croissance dans le domaine des services (8,8 %), les éditeurs de logiciels voyant leur chiffre d'affaires croître de 8,7 %. Une croissance que Pierre Audouin Consultants estime durable, notamment pour des raisons réglementaires (Bâle II, IAS-IFRS et LOLF).

La gestion de la performance, nouvelle pépite du décisionnel

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En atteignant 1,4 milliard de dollars, le marché des applications financières et de gestion de la performance a encore une fois accéléré sa croissance (+15,5 %). Son leader incontesté, Hyperion, a crû de plus de 17 %, devançant Oracle (+12 %), Cognos (+21 %) et SAP (+20 %). Alors que les rachats se multiplient dans le secteur, Business Objects ayant acquis SRC Software ; et Cognos, Frango ; le record de croissance est à mettre au crédit d'un éditeur de l'écosystème Microsoft, OutlookSoft, qui affiche une croissance de près de 65 % en 2004 ...

Ils ont dit...

David Lau Lam, directeur technique de Business & Decision
' Les éditeurs ont étoffé leurs offres de briques d'alimentation, analytique et de reporting de masse, mais on est loin du compte en termes d'intégration. Business Objects vient tout juste d'achever l'intégration de Webby avec Crystal Reports, et Cognos a pris le parti d'une refonte globale de ses applications. Pendant ce temps, Microsoft et SAP ont grappillé des parts de marché. Le premier, parti très tard, doit encore progresser pour rejoindre Cognos ou Business Objects.
À mon avis, c'est SAP qui possède l'offre la plus complète depuis l'entrepôt de données, l'alimentation, le moteur Olap, la couche analytique et les restitution et consolidation statutaire. Et si l'offre présente l'avantage de pouvoir fonctionner en mode tout intégré avec son PGI, on commence à voir des clients non-SAP la choisir. '

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