Les places de marché après le grand nettoyage
Le mouvement de consolidation des premières places de marché sur le Net a été brutal. Il consacre le modèle intégré de gestion des dépenses en mode ASP.
01net.
le 10/02/06 à 07h00
La première génération des places de marché Internet a vécu. En témoignent certaines consolidations ou disparitions fracassantes. Ont d'abord fermé des plates-formes d'achats généraux, créées défensivement par de grandes
banques (et pour leurs propres achats), comme Seliance (Crédit Lyonnais et France Télécom) et Answork (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et Cap Gemini). Elles ont été fondées à tort, puisque la crainte d'une captation des flux
financiers par l'Internet ne s'est pas vérifiée.
Ont également disparu des places de marché sectorielles fameuses, comme Covisint pour les constructeurs automobiles ou TradeRanger pour les pétroliers.
Reprises et fusions...
Covisint a été cédé à FreeMarkets (achats de biens de production et hors production, enchères inversées), lui-même absorbé par Ariba, un éditeur déjà repreneur de Alliente et Goodex. TradeRanger et Chemplorer ont été repris par
cc-hubwoo, qui avait également acquis Avisium (Banques Populaires). ' Si ces places ont échoué, c'est d'abord parce qu'elles faisaient payer les fournisseurs, estime Gérard Dahan, directeur
marketing pour Ariba. Ceux-ci ont refusé, pour préserver leurs marges. Personne, de plus, n'y jouait le jeu. Les acheteurs n'ont pas voulu partager leurs meilleurs fournisseurs avec d'autres acheteurs, et les
fournisseurs refusaient de publier leurs remises. ' De nombreux acteurs aux profils divers subsistent néanmoins.
Face à cc-hubwoo, on retrouve AchatPro (Bred), pour les fonctions en aval des achats généraux sans négociation en ligne ; Elemica et ChemConnect, pour les achats stratégiques des chimistes ; Steel24-7, pour
l'acier ; SupplyOn, pour les équipementiers automobiles ; E2open, pour la visibilité sur l'interconnexion de chaînes logistiques en mode ASP dans l'électronique ; idem pour GHX dans le secteur de la santé ;
DoubleTrade ou Achatpublic pour les appels d'offres ; eu-supply pour du sourcing.
Quant à Bravosolution (sourcing, appels d'offres, enchères), il perce, sauf dans le BTP pour lequel il avait été créé. ' Nous nous développons, parce que nous sommes une place de marché
privative, one-to-many. Nous sommes notre propre éditeur et ne faisons pas payer les fournisseurs. Nous les formons ', précise Bruno Pillon, son directeur général. Bravosolution s'est doté de
modules de mesure des performances achats, se positionnant aussi sur les marchés publics.
Gestion des dépenses en ASP
Des systèmes visent la taille européenne. Ainsi, cc-hubwoo a procédé, depuis 2002, à cinq acquisitions pour les achats généraux sur catalogues. Et le français SynerDeal a fusionné avec l'allemand Trade2B (achats stratégiques)
afin de former SynerTrade et couvrir les phases amont et aval. Mais le plus surprenant est le parcours d'Ariba. Il a racheté des places dont il fournissait les logiciels. ' En fait, nous avons racheté leurs clients
(Renault, PSA Peugeot Citroën, Valeo, Alcatel, Sanofi, Nestlé) pour les faire entrer dans notre modèle de gestion des dépenses (spend management) en mode ASP, éventuellement internalisable ', poursuit
Gérard Dahan.
Ce modèle intègre les trois grandes fonctions (sourcing, achat et analyse des dépenses, et réconciliation entre bons de commandes et factures) au moyen de modules à la carte au retour sur investissement rapide,
facturés prorata temporis et non à la licence.
Vers une synchronisation globale des catalogues électroniques
Les plates-formes de la grande distribution constituent un monde à part qui n'échappe pas aux restructurations. Coup de théâtre : les places de marché GNX (Carrefour) et WWRE (Auchan-Casino) vont fusionner dans
Agentrics, plate-forme de services collaboratifs (synchronisation des données produits, sourcing, enchères ...) pour la gestion de la chaîne logistique des producteurs et des fournisseurs. Aux États-Unis, les
catalogues Transora et UCCnet vont se réunir pour former 1Sync.
Cela réduit le nombre de plates-formes à raccorder au réseau mondial de catalogues électroniques synchronisés (GDSN, Global Data Synchronisation Network). Réseau avec lequel peuvent être synchronisés les
produits référencés par les catalogues du marché français via un convertisseur tel que Le Paragon.