Ajax enrichit l'ergonomie
La technologie Ajax ne se contente pas d'apporter aux applications web les mêmes atouts que les clients lourds. Elle unifie les méthodes de développement.
01net.
le 10/03/06 à 00h00
Les applications à interface web se sont imposées grâce à leur faible coût de déploiement et à l'usage de technologies standards. ' Mais elles ne sont pas assez ergonomiques pour répondre à tous les
besoins ', estime Randy Heffner, analyste chez Forrester Research. Révélé par Google Maps, Ajax (Asynchronous Javascript and XML) propose de combler cette lacune.
Cette nouvelle architecture applicative s'appuie exclusivement sur des technologies web ?" XHTML, CSS, DOM et ECMAscript ?" et sur l'appel de services web pour fournir aux utilisateurs une interface digne des clients
lourds. Un simple navigateur suffit pour déployer l'application. ' C'est le client riche du pauvre ', synthétise Philippe Mougin, architecte chez Zenexity. Le motif de conception Single Page Interface
(SPI) fournit le cadre de l'application. Il préconise de la développer en assemblant des contrôles graphiques indépendants. Et comme ces derniers dialoguent directement avec le serveur au travers de services web ou de flux RSS, il n'est plus
nécessaire de rafraîchir toute la page à chaque action de l'utilisateur.
Les mêmes principes qu'un client riche
' Ajax aide à utiliser le modèle MVC (Model View Controller) côté serveur pour générer la navigation entre les différents écrans, et un modèle événementiel côté client pour rafraîchir indépendamment chaque
composant ', résume Sébastien Brunot, architecte chez Octo Technology. Il ne s'agit plus de générer des pages web dynamiques, mais d'assembler des composants graphiques à la volée et de les alimenter par des flux XML. Ajax
repose donc sur les mêmes principes qu'un client riche : ' runtime ' déployé dans le navigateur à chaque appel de l'application, composants graphiques (code HTML et CSS) embarqués dans le
runtime...
A chaque ' runtime ' Ajax correspond un framework de développement. Il en existe plus de 40, dont aucun ne s'est imposé. Les outils de développement graphique restent aussi très
limités. Cependant, le rôle du framework Ajax demeure prépondérant. ' Développer une application Ajax à la main relève de la gageure, prévient Didier Girard, directeur technique d'Improve. Il faut
absolument s'appuyer sur un framework. ' Car Javascript et DHTML ne sont pas faciles à maintenir, et de nombreuses disparités d'interprétation subsistent entre les navigateurs.
Contrairement au client riche, Ajax ne supporte pas, pour l'heure, le mode déconnecté. ' Mais des systèmes de fichiers et des embryons de base de données écrits en ECMAscript commencent à
apparaître ', tempère Jérémy Chatard, directeur technique de la SSII Breek.
L'ergonomie d'un client lourd dans une page web
Le framework Ajax Rialto reproduit le comportement d'un client lourd au sein d'une page HTML : clic droit, glisser-déplacer, onglet, tableaux triables par colonne, etc. Le tout en ne rafraîchissant que le composant qui
le nécessite.
Avis d'expert : Didier Girard, directeur technique dImprove
' Les frameworks Ajax ne sont pas faits pour naviguer sur un site '
' Il est très difficile de développer des applications Ajax sans utiliser de framework. Tous reposent sur les motifs de conception SPI (Single Page Interface) et SPA (Single Page Application), pas du tout adaptés à
la navigation standard sur un site web. Cette dernière consiste à enchaîner des pages au lieu de rester toujours dans la même, comme le préconise Ajax. '
' Nous allons vers une scission entre sites et applications web '
' Les développeurs ont toujours utilisé les mêmes technologies et architectures pour développer un site web et une application de gestion à interface web. A partir de 2006, ce ne sera plus le
cas. '