Les environnements de développement s'industrialisent
Les plates-formes de programmation Eclipse.NET et J2E, visent à faciliter la création de logiciels moins coûteux et de meilleure qualité. Un marché rémunérateur qui exige toutefois des SSII et des intégrateurs, une forte expertise et
des ressources humaines importantes.
01net.
le 22/05/06 à 15h00
' Loin d'être anecdotique, le développement logiciel concerne plus de 350 000 personnes en France ', révèle Alain le Hégarat, responsable du marketing et des ventes pour la division
développeur et plate-forme d'entreprise chez Microsoft. Relativement stable, la population des développeurs connaît toutefois une légère érosion depuis cinq ans. Une décroissance en partie liée à l'apparition de nouvelles technologies de
programmation qui exigent plus des programmeurs et en rebutent certains. Dans le même temps, la profession est passée en quelques années de l'artisanat à la production industrielle de logiciels. Le cabinet Gartner prévoit une croissance soutenue du
marché du développement et de la gestion du portefeuille de projets, qui devrait représenter en 2010 un CA de 2 milliards de dollars pour la seule Europe. Aujourd'hui, la création de nouveaux logiciels ne fait plus appel aux anciennes méthodes comme
la compilation de codes ou les environnements de développement de type C++. ' Nous sommes face à une mutation d'importance où le développeur n'est plus le centre du monde mais un simple maillon dans la chaîne de
production ', reconnaît Bruno de Combiens, chef de produit chez Borland. Les nouvelles techniques reposent sur l'approche méthodologique rigoureuse et le recours à des équipes de spécialistes formés au travail collaboratif.
On y retrouve des analystes fonctionnels, des responsables de la qualité, des chargés d'exploitation et des architectes. La démarche est mise en pratique à grande échelle par les SSII importantes qui se sont dotées de véritables usines à logiciels
tant sur le territoire national qu'à l'étranger.
Les éditeurs s'engagent sur la voie de la modélisation
Avec la mutation rapide des technologies, nombre d'éditeurs spécialistes des outils de programmation ont changé de stratégie. En 2002, Microsoft figure parmi les premiers à avoir mis un terme à la carrière de produits d'ancienne
génération comme Visual Basic pour les remplacer par des outils modernes plus efficaces. Borland, l'acteur historique des environnements de développement intégré (IDE), n'a pas fait preuve de la même réactivité et annonçait seulement en février
dernier, qu'il souhaitait se séparer de sa division IDE. ' Malgré la qualité du code généré, les ateliers IDE comme JBuilder ou le noyau d'Eclipse n'ont pas la capacité à couvrir la totalité du processus de
développement ', souligne Guy de Martigny, responsable technique de Compuware, qui juge les IDE commerciaux condamnés à dépérir à plus ou moins longue échéance. En revanche, l'approche modèle MDA (Model Drivent Architecture)
gagne rapidement du terrain auprès de la plupart des grands éditeurs et des SSII qui sont intéressés par la possibilité de créer de nouvelles applications à partir d'un modèle déjà existant. Promue par le consortium OMG, la démarche MDA se retrouve
chez IBM au travers de l'offre EMF de Rational, chez Borland avec Together, et chez Microsoft avec TeamWorks. Parmi les acteurs moins connus, on citera Andrew, Lyria mais aussi Acceleo qui offre la particularité d'être un générateur de code issu de
l'Open Source compatible MDA.
Un marché à plusieurs vitesses La transformation radicale du panorama d'outils de développement, qui vise à produire des applications de meilleure qualité pour moins cher, écarte de fait les petites structures et les développeurs
indépendants. Toutefois le marché est à plusieurs vitesses. Un certain nombre de problématiques métier dans les PME peuvent être couvertes par des solutions d'éditeurs prépackagées, relativement simples à mettre en ?"uvre. Le développement
spécifique à l'ancienne fait encore l'objet de demandes dans les petites entreprises, un secteur qu'il serait dommage de négliger. Toutefois, l'essentiel de la demande se trouve dans les grandes organisations qui ont besoin de SSII et d'intégrateurs
au fait des dernières technologies. De leur côté, les éditeurs consacrent une partie de leurs ressources à la formation des partenaires. Néanmoins tous les acteurs ne sont pas forcément des inconditionnels de l'indirect et peuvent, le cas échéant,
court-circuiter une affaire. Un paramètre à considérer au moment du choix du fournisseur.
L'offre présentée dans ce tableau n'est pas exhaustive.
Les compétences requises
Maîtriser les techniques de modélisation et de création d'objets permet l'élaboration d'architectures rigoureuses et la mise en place d'une véritable algorithmique.
Connaître les deux plates-formes majeures.NET et J2E est indispensable pour pouvoir satisfaire les besoins des différents clients.
Bien appréhender le monde des gros systèmes permet de faire évoluer les applications existantes vers d'autres plates-formes.
L'argumentaire
Des outils performants qui permettent un développement plus rapide et un meilleur retour sur investissement.
Des plates-formes du Libre, comme Eclipse, dans lesquelles on trouve des composants de développement qui, selon les cas, peuvent être gratuits ou payants.
L'automatisation des tâches et la modélisation à partir d'objets existants qui entraînent une meilleure productivité des équipes.
Profil de clientèle
Une majorité de grands comptes désireux de rénover leurs systèmes informatiques.
Les PME ayant des implantations à l'international.
Les éditeurs et les SSII qui ont besoins de modules pour leurs applications.
Les VAR qui fabriquent pour leur compte des modules métier, qu'ils peuvent décliner à d'autres d'activités et revendre à des tiers.
Évolution du marché mondial des logiciels de développement
Avec 6,5 % de croissance moyenne annuelle, le marché pèsera 5,1 milliards de dollars en 2009.
Top 5 des éditeurs de logiciels de développement dans le monde en 2004
Les cinq acteurs majeurs représentent à eux seuls les trois quarts du marché du développement.
L'avis d'un revendeur : François Régis Chaumartin (Cella Informatique) : ' les outils commencent enfin à devenir performants '
Quel type d'offres proposez-vous ?
Du développement sur mesure de systèmes d'information sur la base d'un cahier des charges établi par le client. Sur un projet-type, 15 à 20 % du temps sont consacrés à la modélisation et 10 à 15 % aux outils de test. Le
temps restant correspond au développement de codes à partir des environnements actuels comme Visual Studio ou encore Eclipse.
Avec quels fournisseurs travaillez-vous ?
Principalement Borland et Microsoft. Toutefois, nous développons le plus souvent sur les outils demandés par les clients. Ces derniers ont en général fait leur choix dans l'idée de pérenniser l'architecture du système d'informations.
Et il est logique de s'aligner sur leur demande. Parallèlement, nous jouons le rôle de conseil avec nos préconisations.
Qui sont vos clients ?
Essentiellement les grands comptes qui ont besoin de créer des systèmes interopérables et qui en attendent un retour sur investissement. Ils nous demandent de nous impliquer fortement. Le déploiement moyen dure 3 à 6 mois.
Cella Informatique