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Danièle Auffray, adjointe au maire de Paris, chargée des nouvelles technologies et de la recherche.

' Pourquoi Paris doit soutenir le libre '

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' Nous avons besoin d'un pôle de compétitivité dans le domaine du développement durable où les technologies libres auraient une place essentielle '
La Mairie de Paris a fait le choix de mettre en ?"uvre une politique volontariste en matière de logiciels libres. En tant qu'utilisateur tout d'abord. Mais aussi, à l'image d'autres collectivités, en affichant un soutien politique à cette révolution numérique. Sous l'impulsion de la DSTI (direction des systèmes et des technologies de l'information), la Ville, dès 2002, a pris conscience de ces enjeux en développant le logiciel Lutece et en le mettant gratuitement à disposition de la communauté du libre. Elle a été la première ville en Europe à prendre une telle initiative. Par la suite, la Mairie de Paris n'a eu de cesse de développer des projets open source. A ce jour, non seulement la DSTI a mis en ?"uvre GNU-Linux sur un nombre important de serveurs, mais elle utilise aussi largement des technologies comme Open­LDAP dans le domaine du WebSSO ou encore Samba pour les serveurs de fichiers.

Se libérer des monopoles

D'un point de vue plus ' politique ', le conseil de Paris a adopté, le 7 février 2005, une délibération importante sur l'évolution de l'informatique municipale. Y figurent notamment la place faite aux logiciels libres, l'adhésion à l'Adullact(*), et le passage sous licence de logiciels libres de sept applications développées par la Ville. Dans ce cadre, la Mairie a également réaffirmé le principe de totale ouverture des appels d'offres publics aux solutions libres, et inscrit un principe fort d'indépendance vis-à-vis des solutions techniques dites propriétaires, en faisant obligation que ' toute réponse à un appel d'offres devra pouvoir s'intégrer au niveau du poste de travail et/ou du serveur dans un environnement libre '. L'objectif clairement affiché est de s'affranchir le plus rapidement possible de tout fournisseur en situation de quasi-monopole. Il s'agit d'un choix politique fort, initié par l'actuelle mandature. Mais, au-delà des considérations techniques, la Ville entend aussi ' développer une culture ouverte au libre, par une stratégie d'information, de formation, d'appropriation des nouveaux environnements de travail par les utilisateurs '. C'est dans ce cadre que j'ai décidé, avec mon collègue adjoint chargé de l'administration générale, François Dagnaud, et le cabinet du maire de Paris, de soutenir l'initiative des professionnels du logiciel regroupés au sein de l'ASS2L, Paris Capitale du libre. Grâce à cette initiative, je souhaite que tous les Parisiens aient accès à des logiciels performants et bénéficient ainsi de l'accès aux technologies du savoir.
Le 26 Juin, durant toute la journée, tout le monde pourra d'ailleurs s'initier gratui­tement aux logiciels libres, avec l'aide des principales associations du libre : April, Aful, Adullact, Parinux, etc. Un moyen aussi pour les entreprises de s'équiper, à moindre coût, de technologies tout à fait comparables aux outils propriétaires.

Un poumon scientifique

Un autre point concerne le rayonnement économique. Les logiciels libres participent au développement d'une économie puissante, favorable à l'emploi. Mais aussi vertueuse, car fondée sur une concurrence libre et non faussée. Déjà 250 entreprises proposent leur savoir-faire sur ce secteur. Cela représente plus de 3 500 postes en Ile-de-France. D'ici à 2010, le logiciel libre créera d'ailleurs en France plus de 60 000 emplois, dont au moins 30 000 dans notre région. Cette chance, nous ne devons pas la laisser passer. C'est pourquoi je considère que nous avons besoin d'un pôle de compétitivité dans le domaine du développement durable où les technologies libres auraient une place essentielle. Je soutiens ainsi la proposition de l'ASS2L de développer le système productif local Open Source Valley, qui ferait de Paris et de la région Ile-de-France le poumon scientifique, technique et économique du logiciel libre en Europe. Au-delà de la question de son indépendance technologique, Paris doit le faire pour occuper une place importante au niveau européen dans le domaine de l'économie du savoir.
(*) Association des développeurs et des utilisateurs de logiciels libres pour l'Administration et les collectivités territoriales.
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