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Informaticien dans l'armée de terre

L'armée de terre ouvre aux bacheliers des possibilités de carrière dans l'informatique. Une voie pour les mordus de technique, et de discipline.

' Rigueur, cohésion, formation continue, et sécurité de l'emploi ! ' Ces mots expriment ce qui motive aujourd'hui l'adjudant Denis Fauvelet dans son travail d'informaticien dans l'armée de terre. Ce poste de sous-officier de carrière n'a pas été obtenu sans ténacité. Après son Deug en sciences et structure de la matière, achevé en 1994, il est appelé sous les drapeaux, dans l'infanterie.
Orienté vers l'informatique du service historique des ressources humaines pour y faire du pupitrage, il travaille sur la base de données des départs de contingents. Coup de foudre : l'informatique et l'ambiance de l'armée lui conviennent. Denis Fauvelet décide donc de s'y engager pour travailler dans la direction des services d'information. Là, commence un véritable parcours du combattant.

Les filières accueillent tous les types de bacheliers

Tout d'abord, quand on veut faire carrière dans l'armée, l'improvisation n'est pas de mise. La double compétence s'impose : celle du métier technique, mais aussi et surtout celle du métier de militaire. Comme ses pairs, Denis Fauvelet a d'abord subi une batterie de tests d'aptitude avant de passer par deux formations successives qui s'échelonnent dans le temps.
La formation de soldat à l'Ecole nationale des sous-officiers d'active (Ensoa) de Saint-Maixent (Deux-Sèvres), puis celle d'informaticien à l'Ecole supérieure et d'application des transmissions (l'Esat). Cette dernière dispose d'un large champ de filières informatiques, et de ponts entre ces filières pour ceux qui souhaitent changer en cours de route. Les bacheliers de tout type sont accueillis.
' Y viennent ceux qui veulent voyager et voir du pays, ceux qui se cherchent, les curieux souhaitant découvrir ce qui se passe dans l'armée, voire ceux qui ont subi un échec scolaire et se donnent une nouvelle chance ', précise le lieutenant-colonel Alain Balloche, responsable des formations informatiques.
Située près de Rennes, à Cesson-Sévigné, l'école bénéficie de la proximité de la technopole de l'Ouest. Ainsi des chercheurs et autres intervenants extérieurs enseignent-ils des techniques précises à côté des enseignants ' classiques ', officiers ou sous-officiers d'expérience.

Les réseaux mobiles pour aller en opération

Ces formations ont pour objectif de répondre aux besoins de l'armée de terre. Ainsi celle portant sur la ' réalisation des systèmes d'information ' est-elle destinée à des développeurs pouvant aussi intervenir sur des opérations de maintenance. Celle des ' emplois des systèmes et réseaux informatiques ' forme des spécialistes chargés de veiller à la cohérence et à la performance du système d'information.
Ils garantiront également l'accès et la qualité de service. ' Ces postes sont parmi les plus demandés actuellement ', souligne Alain Balloche. La formation sur la ' sécurité des systèmes et de la communication ' est, pour sa part, très liée aux précédentes.
Les trois autres filières sont plus orientées télécommunications. L'une concerne ' les réseaux mobiles ' : il s'agit de mettre en ?"uvre des moyens radio pour les opérations déployées dans les pays étrangers. La deuxième prépare aux ' emplois des réseaux de zone '.
L'objectif est de former des spécialistes capables de gérer les supports, satellite, radio ou hertzien, de transmissions. Enfin, la troisième, dite ' emploi des systèmes de communication ' ouvre à de nombreux postes, destinés à développer le réseau de télécommunications fixes dans la seule métropole.

L'armée de terre recrute

Recrutement de 325 bacheliers bac +1 et +2 en 2006. Ils sont destinés à devenir des sous-officiers informaticiens. L'informatique et les télécommunications font partie des 400 métiers qu'offre l'armée.
45 % des sous-officiers de l'armée de terre viennent du civil. La majorité d'entre eux est constituée d'anciens engagés volontaires ayant bénéficié d'une promotion interne, suivie d'une formation.
Deux voies pour devenir sous-officier. la première s'adresse aux bachelier(ière)s de nationalité française âgé(e)s de 18 à 25 ans. Après les sélections, ils intègrent l'Ensoa pour une formation militaire de huit mois, puis les informaticiens, rejoignent l'Esat. La seconde voie est ouverte aux meilleurs engagés volontaires, qui alimente 50 % du corps des sous-officiers.
Des tests qui comptent pour l'avenir. Un bachelier qui veut devenir sous-officier doit passer une série de tests. Suivant ses résultats, il lui sera proposé de commencer soit comme militaire de rang, avec la possibilité de devenir sous-officier, soit comme sous-officier, destiné à devenir officier.
Site : www.recrutement.terre.defense.gouv.fr

témoignage : Adjudant Denis Fauvelet : ' une juxtaposition de métiers '

Le sous-officier, issu de l'Ecole supérieure d'application des transmissions (Esat), est administrateur messagerie à la direction du personnel militaire de l'armée de terre.

Depuis 2004, à la section support technique informatique de la Direction du personnel militaire de l'armée de terre (DPMAT), je suis administrateur messagerie au DUO (document unique d'organisation). Celui-ci permet de situer les nouvelles missions et d'ouvrir des emplois en conséquence.

Ma cellule, chargée de la messagerie, s'ajoute à toutes les autres qui travaillent sur le système, l'administration des réseaux et la maintenance du parc informatique. Nous administrons aussi la partie système des serveurs qui contient les bases de données, les serveurs Web, ceux d'applications Java, ainsi que les pare-feu.

Nous sommes tous des informaticiens issus de l'Ecole supérieure d'application des transmissions (Esat). Cette juxtaposition de métiers et l'ambiance de camaraderie qui règne me plaisent beaucoup. Nous sommes vraiment des frères d'armes. Pour autant, je suis tenu à la confidentialité totale, car je travaille pour une administration centrale dans le domaine du personnel. En revanche, dans l'informatique, il n'y a presque pas d'encadrement. Je ne dirige personne, et j'ai des horaires de bureau. Installé à Paris, je bénéficie de ces avantages.

Mes obligations régulières sont le service d'officier de permanence et la participation à la journée d'appel à la préparation de défense. Mais je dois me tenir prêt à partir à tout moment, s'il y a besoin de renfort dans l'un ou l'autre pays. Je peux être aussi amené à aller servir dans les forces : sous-officier, je suis d'abord au service de l'arme. Il n'est pas exclu que je retourne à l'Esat pour me perfectionner en informatique afin d'être en phase avec des techniques en perpétuelle évolution.

Parcours

avis d'expert : Lieutenant-colonel Alain Balloche : ' on peut partir dans le cadre d'une mission de l'ONU '

En poste depuis deux ans à l'Esat, il dirige une équipe de 15 formateurs et suit la formation informatique des développeurs. Il enseigne aussi les langages de programmation.

' Aimer la vie en groupe est essentiel pour travailler dans l'armée '
' Mais cela n'empêche pas, surtout pour les informaticiens, de faire preuve d'autonomie. Il peut leur arriver de se retrouver seuls sur un théâtre d'opérations. A cela, il faut ajouter le goût des relations humaines, des capacités d'adaptation, et, au sein de l'armée, le respect de la hiérarchie. '

' Technicien, oui, mais avant tout militaire au service de la France '
' Quelle que soit sa spécialité, un sous-officier peut être n'importe où dans le monde pour exercer son métier technique ou toute autre activité propre à l'armée de terre. Ainsi, un informaticien peut très bien partir maintenir l'ordre dans le cadre d'une mission de l'ONU. '

' Le système des quotas rend difficiles les changements de métier '
' Ceux qui ont choisi d'être informaticiens le resteront. En revanche, outre les gros cursus, il existe des formations spécifiques de deux à trois semaines sur des points bien précis. Les informaticiens reviennent ainsi à lécole pour découvrir de nouveaux matériels ou logiciels. '

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