L'iSCSI donne vie au SAN IP pour PME
Plébiscité par les petites entreprises, le SAN IP se pose en alternative économique aux solutions Fiber Channel. Si la vente de matériel est minime, les prestations d'architecture sont une aubaine pour les intégrateurs
certifiés.
01net.
le 11/09/06 à 16h00
' Jugée encore immature il y a moins de deux ans, la technologie iSCSI a aujourd'hui acquis sa légitimité dans le SAN avec la mise sur le marché de nombreuses offres économiques adaptées au segment des
PME ', se félicite Éric Calabrese, consultant ingénieur système spécialiste du SAN et des produits optiques chez Cisco. Une opinion partagée par les analystes qui prédisent un avenir radieux au nouveau protocole dans le cadre
d'installations de taille moyenne. À titre d'exemple, le cabinet Gartner estime que les seules baies de disques à interface native iSCSI représenteront en revenu, 10 % du marché mondial des SAN d'ici à 2009. Les analystes d'IDC, pour leur part,
évaluent à 2,4 milliards de dollars le montant des ventes réalisées dans le monde par les solutions iSCSI en 2007. Des chiffres conséquents face à ceux réalisés par la technologie concurrente du SAN Fiber Channel dont le CA devrait atteindre sur la
même période 3,5 milliards de dollars. À l'inverse du SAN FC dont les ventes stagnent, son jeune concurrent, le SAN IP a le vent en poupe. Pourtant, le démarrage de la technologie a été plus que laborieux. Depuis la ratification du protocole iSCSI
en février 2003, les seules applications disponibles se limitaient aux solutions NAS. Il aura fallu attendre la fourniture par Microsoft de l'initiateur logiciel iSCSI et de baies natives iSCSI pour que le marché du SAN IP commence à exister.
' Aujourd'hui, les considérations économiques contribuent fortement à l'adoption du SAN IP par les PME ', reconnaît Laurent Bartoletti, responsable stockage chez SUN. De fait, les dépenses liées à la
mise en ?"uvre n'ont rien de pharaonique. Le réseau d'entreprise existant suffit au transport des données sans aucun câblage à refaire. Les seuls investissements importants concernent l'achat de logiciels d'exploitation et de matériel
d'infrastructure. ' Avec un peu d'astuce, le coût d'installation peut devenir quasi nul dès lors que l'on a sous la main le commutateur adapté et un serveur à recycler pour piloter le SAN IP ', explique
Willy Wits, directeur des ventes indirectes chez HDS. Entre autres atouts, le SAN IP se caractérise par sa facilité d'exploitation. Bien qu'elles soient pour la plupart dépourvues de service informatique, les PME concernées ont une connaissance
suffisante des réseaux IP qui leur permet de gérer en interne l'installation SAN. Toute médaille ayant son revers, les performances du SAN IP ne réussissent pas à rivaliser avec celles du grand aîné Fiber Channel qui atteint des débits de 4 gigabits
par seconde. Toutefois, les tests menés par les constructeurs démontrent que le SAN de nouvelle génération affiche déjà des résultats comparables à ceux des premiers SAN FC à 1 gigabit. L'évolution des technologies devrait permettre des gains
supplémentaires. Le recours au processeur des serveurs pour encapsuler le protocole TCP/IP cède progressivement du terrain au profit de cartes Host capables de traiter beaucoup plus rapidement les données. Par ailleurs, l'utilisation de passerelles
onéreuses est en perte de vitesse dans les petites entreprises, exception faite des PME-PMI qui les utilisent pour la consolidation du stockage.
Un gros travail d'éducation reste à assurer
Sur un marché des PME largement dominé par Windows et Linux, les interrogations des clients et de partenaires restent nombreuses. À l'image d'EMC, la majorité des fournisseurs de solutions de stockage fait du transfert de compétence
et organise des sessions de formation sur le thème du iSCSI. Si la vente de matériel reste relativement marginale sur la plupart des projets, celle des prestations d'architecture prend de l'ampleur. Le partitionnement du réseau, sa sécurisation, la
protection des VLAN constituent autant de sources de revenus pour les intégrateurs. Pour l'instant l'iSCSI reste confiné au marché des PME et des départements des grandes entreprises. La standardisation permise par les protocoles IP et iSCI ouvre la
voie aux évolutions futures. La disponibilité récente du 10 Gigabits sur réseau IP vient menacer le SAN FC. Si le futur des deux technologies est assuré, l'histoire de l'informatique montre que l'adoption d'un standard unique a toujours été
privilégiée par la profession. Sur ce plan, la balance semble nettement pencher en faveur du SAN IP.
L'offre présentée dans ce tableau n'est pas exhaustive.
Les compétences requises
La connaissance des mécanismes fondamentaux des SAN IP et FC constitue un pré requis indispensable pour pouvoir orienter le client en fonction de son activité et du volume de données traitées.
Profiter des formations dispensées par les fournisseurs aide à développer les argumentaires.
Auditer l'infrastructure existante permet de la faire évoluer en rajoutant les commutateurs Ethernet adaptés.
Quel que soit le type de SAN concerné, la nature des prestations proposées reste identique dans les deux mondes (stockage, messageries, sécurité).
L'argumentaire
L'emploi des protocoles standardisés IP et iSCSI assure la pérennité des installations.
La simplicité de mise en ?"uvre et d'administration permet à l'entreprise de réaliser l'essentiel du travail en interne.
La possibilité d'utiliser le réseau d'entreprise évite les dépenses de câblage superflues.
L'achat de cartes HBA iSCI (assez onéreuses) n'est pas obligatoire.
Profil de clientèle
Les PME qui ont des besoins de stockage et qui n'ont pas les moyens d'investir dans un SAN FC haut de gamme.
Les PME-PMI désireuses de consolider à moindre coût leur architecture de stockage.
Les grands comptes qui veulent se relier à leurs entrepôts de données.
Les entreprises souhaitant faire des tests de préproduction.
Dépenses consacrées aux technologies de stockage en réseau
En croissance, le marché mondial du SAN iSCSI devrait avoisiner 3 milliards de dollars en 2008.
Évolution des capacités de stockage livrées par nature de SAN
En 2008, les solutions SAN iSCSI livrées représenteront une capacité de 2 millions de To.
L'avis d'un revendeur : Jean-Jacques Braud (AR Systèmes) : ' l'intégrateur joue un rôle capital auprès du client '
Le SAN IP est-il aussi avantageux que les clients le pensent ?
Pas forcément ! L'iSCSI est mis en avant par les constructeurs pour attirer le client. En théorie, les projets devraient se contenter de peu de matériel. Mais quand on passe à la réalisation, on mesure l'ampleur des
besoins.
Quel regard le client porte-t-il sur le SAN IP ?
Il connaît les possibilités du protocole, ce qui le rassure. Toutefois, il demande une installation opérationnelle. Notre rôle d'intégrateur consiste à conseiller la solution qui correspond à ses besoins réels. Étant multimarque avec
deux grands fournisseurs ?" Hitachi Data Systèmes et Sun ?" nous sommes indépendants des constructeurs.
Comment aborder la réalisation d'un SAN IP ?
Il n'y a guère de différence avec un classique SAN FC. La validation de l'architecture est capitale, mieux vaut faire une maquette. Si le fonctionnement semble simple, les problèmes d'exploitation sont les mêmes dans les deux types
de SAN.
AR Systèmes