Le but de Zidane sur votre mobile !
Après avoir investi Internet, la télévision s'impose sur nos mobiles. Au prix de moult acrobaties techniques pour transformer l'image à diffuser.
01net.
le 28/09/06 à 07h00
La Coupe du monde de foot et le Tour de France aujourd'hui, Roland-Garros hier : les images des grands événements sportifs se bousculent sur les petits écrans des mobiles. Quel que soit l'opérateur qui les transporte,
l'architecture demeure à peu de choses près la même. Elle comporte quatre maillons.
Le premier concerne la prise de vue. Les images provenant des caméras convergent vers la régie. Là, le réalisateur sélectionne celles qui seront diffusées, et donne ses instructions aux cadreurs. Le flux de la régie est alors envoyé à
la plate-forme du partenaire technique, le deuxième maillon. Lors de l'opération Roland-Garros, le partenaire technique d'Orange était Globecast, une division du groupe France Télécom. Le flux arrive sous la forme d'un signal numérique brut au
format SDI (Serial Digital Interface).
Dans le cas d'une image classique, le débit atteint 270 Mbit/s. En haute définition (HD SDI), il grimpe à 1,47 Gbit/s. Lorsqu'une fibre optique relie la régie à la plate-forme technique, pas de problème. Mais dans le cas
d'une liaison longue distance par satellite ou par faisceau hertzien, il faut compresser le signal en Mpeg-2 à 8 Mbit/s pour une définition ordinaire, et à 20 ou 21 Mbit/s pour la haute définition.
Vidéo retaillée à la demande
Cette plate-forme s'apparente à une raffinerie pour la vidéo. Elle mouline les images pour les livrer aux chaînes de télévision au format et au débit voulus. Dans le cas d'une diffusion sur mobile, elle les met au format 3GPP avant de
les envoyer vers les serveurs vidéo de l'opérateur ?" en général, via une liaison spécialisée. Ces serveurs de streaming constituent le troisième maillon. Ils traitent les requêtes émises par les abonnés. Après
vérification de leurs droits, la vidéo est envoyée via le réseau 3G ou Edge : c'est le quatrième maillon.
Le format 3GPP s'appuie sur la norme Mpeg-4 Single Profile (dérivée de la partie II des spécifications de Mpeg-4). La définition de l'écran est au format QCIF (176 x 144 pixels). Lorsque le réseau est UMTS, le débit
s'établit à environ 100 Kbit/s, dont 90 pour la vidéo et pour l'audio. Pour obtenir ce résultat, on joue sur la définition, et on réduit le flux vidéo à une dizaine d'images par seconde. Le codage du son s'effectue en AMR (codage GSM). En Edge,
le débit est limité à une soixantaine de Kbit/s, dont une cinquantaine pour la vidéo et une dizaine pour l'audio. Le flux image est limité à cinq images par seconde.
Pour la fin de l'année, Orange prévoit de passer à la norme H264, mettant en ?"uvre Mpeg-4 partie 10 (AVC ou Advanced Video Coding) avec un son AAC (Advanced Audio Coding). Les
écrans des terminaux seront alors au format Q-VGA, et le réseau à la norme HSDPA (High Speed Downstream Packet Access). A la même époque, apparaîtront aussi les réseaux de diffusion télé pour mobiles de type DVB-H. La télé sur
mobile sera alors entrée dans les m?"urs.
Une chaîne de transmission qui demande à être raccourcie
La plaque tournante du système est la plate-forme technique. Dans le cas d'Orange, c'est Globecast. Elle reçoit les images de la régie du producteur de l'émission et les accommode aux besoins de ses clients : les chaînes de
diffusion télé. Rejointes par les opérateurs de téléphonie mobile, qui relaient sur leurs réseaux 3G les grands événements sportifs. Demain, s'ajoutera la DVB-H (Digital Video Broadcasting-Handled), réseau de diffusion de
programmes de télévision. Les premiers terminaux arrivent tout juste sur le marché.