Les constructeurs n'ont pas la fibre écolo
Dans son ' Guide pour une high-tech responsable ', l'ONG Greenpeace place Nokia et Dell au rang de constructeurs les plus ' verts '. Apple,
Acer, Motorola, et Lenovo forment la queue du peloton.
01net.
le 08/09/06 à 00h00
C'est la rentrée, et Greenpeace a décidé de classer les constructeurs high-tech en fonction de leur usage de substances chimiques dangereuses et de leurs pratiques en matière de recyclage des déchets électroniques. Le bilan n'est pas
reluisant. Sur les quatorze plus gros fabricants de téléphones mobiles et d'ordinateurs, seuls cinq obtiennent la moyenne. Et, aux yeux de l'ONG, aucun ne peut se targuer d'être une entreprise
' verte '.
Une directive européenne récente
Nokia et Dell arrivent ex aequo en tête de ce palmarès. Depuis la fin 2005, tous les nouveaux téléphones du Finlandais sont exempts de PVC. Il en sera de même, dès 2007, en matière de retardateurs de flamme bromée (RFB) présents dans
les circuits électroniques et les boîtiers plastiques. Dell, lui, s'est fixé des objectifs d'élimination de ces deux substances dangereuses. Les deux constructeurs se conforment en cela à une directive européenne entrée en application le
1er juillet dernier. Baptisée RoHS (Restriction of Harzadous Substances), cette recommandation prévoit une utilisation strictement limitée des fameux RFB et de quatre métaux lourds : plomb, mercure, cadmium, et chrome
hexavalent.
Belle troisième place pour HP, qui, selon Greenpeace, est le premier gros fabricant à mettre en ?"uvre ' des circuits et des outils de retour des déchets et de recyclage évalués en comparaison du pourcentage
de ses ventes '.
A l'inverse, Apple, classé onzième, manquerait singulièrement de transparence. Le constructeur ' refuse de divulguer sa liste de substances contrôlées, ne fournit aucune échéance sur l'élimination du PVC, et ne
s'engage pas sur la substitution des RFB '. Greenpeace regrette que le leadership d'Apple en matière de design et de marketing ne se traduise pas en innovation écologique. Un jugement sans appel, qui tombe mal pour l'image
sociale de la marque à la pomme. Récemment, la presse britannique pointait du doigt les conditions de fabrication de l'iPod en Chine. Foxconn, son principal sous-traitant local, violerait, entre autres, la durée de travail, plafonnée à 60 heures par
semaine par Apple. On trouve justement, en bon dernier du classement de Greenpeace, un fabricant chinois : Lenovo. Constat sans appel de l'ONG, celui-ci doit s'améliorer sur tous les critères.
Une émulation vertueuse
Le ' Guide pour une high-tech responsable ' de Greenpeace sera mis à jour tous les trimestres. Il vise à informer les consommateurs ?" particuliers comme entreprises ?" sur la
capacité des constructeurs à produire des équipements exempts de produits toxiques, pouvant être recyclés en toute sécurité. ' Le guide fournira un outil dynamique pour verdir le secteur de l'électronique en déclenchant une
course pour la première place ', espère Yannick Vicaire, chargé de ' campagne toxique ' pour Greenpeace France.
L'opération est louable. Cependant, elle trouve ses limites dans la méthodologie employée. En effet, le classement se fonde ?" du moins, pour l'instant ?" sur les seules informations que diffusent les compagnies sur leur
site web.
Seuls cinq constructeurs obtiennent la moyenne
Le score s'appuie sur neuf critères. Il évalue la politique des constructeurs de téléphones mobiles et d'ordinateurs en matière délimination des substances chimiques dangereuses et de recyclage des déchets électroniques.