Les serveurs ne manquent pas de c?"ur
Avec l'avènement des processeurs multic?"urs, la vitesse des traitements complexes s'accélère et permet de déborder sur de nouveaux champs d'application qui offrent aux VAR des opportunités de service rémunératrices.
01net.
le 09/10/06 à 17h38
' En moins de deux ans, le marché des serveurs multiprocesseurs s'est profondément transformé avec l'arrivée de solutions plus puissantes et moins chères ', observe Antoine Le,
responsable marketing pour la gamme ProLiant chez HP. Une situation qui doit beaucoup à la concurrence féroce que se livrent les deux grands fondeurs, et notamment à l'arrivée de la technologie double c?"ur. Concrètement, la consolidation d'une
application métier avec les processeurs de dernière génération consomme à peine 20 % des ressources disponibles. Un changement radical par rapport aux précédentes générations de serveurs qui n'ont jamais permis le traitement parallèle de
plusieurs processus. Par ailleurs, avec l'introduction des technologies de virtualisation au sein des puces de nouvelle génération, les utilisateurs bénéficient d'une plus grande souplesse dans l'exécution de tâches. Un gain certain pour les PME qui
peuvent grâce à la baisse du prix des composants s'offrir des serveurs plus performants. Aujourd'hui, les principaux fabricants de matériel mettent sur le marché des modèles multiprocesseurs d'entrée de gamme à des tarifs compris entre 4 000 et
5 000 euros. Un modèle haut de gamme de type quadriprocesseur Power PC comme le System P d'IBM affiche pour sa part un prix d'entrée de l'ordre de 10 000 euros seulement. Néanmoins, la bonne exploitation du matériel suppose l'intervention
de VAR compétents avec du conseil en amont et l'analyse de l'existant pour réduire les coûts de fonctionnement récurrents. Si la consolidation d'applications sur serveur représente encore le gros de la demande dans les entreprises, elle ouvre la
voie à de nouveaux champs d'application autour de la disponibilité de service et la mise en place de règles de priorité entre processus.
' Apparu il y a une dizaine d'années, le marché des serveurs multiprocesseurs ?" MP ?" reste relativement stable avec tout au plus une légère croissance ', affirme Fabien
Esdourubail, responsable grands comptes chez Intel. La donne est en train de changer avec la généralisation de produits double c?"ur économiques chez Intel comme chez AMD. Toutefois, l'état actuel de la technologie ne permet pas encore de proposer
de vrais quadriprocesseurs à prix abordables sur les serveurs de moyenne gamme. Si les deux fondeurs majeurs ont annoncé des quadriprocesseurs dans les mois à venir, la demande de puissance pour les applications critiques est loin d'être satisfaite.
Afin de pallier le problème, les constructeurs utilisent un subterfuge en accouplant deux puces double c?"ur dont la puissance se rapproche de celle d'un réel quadriprocesseur. La même technique est reprise dans les châssis pour serveurs lame qui,
en fonction du nombre de puces installées, peuvent délivrer une puissance de calcul multipliée par 64 par rapport à celle du serveur de base.
Vers de nouveaux domaines d'applications
Si les serveurs se sont banalisés, le surcroît de puissance apporté par les Xeon et autres Opteron redonne du dynamisme au secteur en ouvrant la voie à de nouveaux domaines d'applications comme les bases de données, les PGI, la
messagerie. ' Nous assistons à une demande des PME pour des solutions à haute disponibilité et des produits aux caractéristiques proches de la classe mainframe ', souligne Patrick Bois d'Enghien,
directeur marketing produits chez Fujitsu Siemens. Avec des fabricants qui ont à leur catalogue des solutions basées sur des processeurs aux caractéristiques très différentes, les préconisations de matériel s'avèrent délicates. Spontanément, le
client s'attache aux paramètres de fonctionnement comme la consommation électrique ou le dégagement de chaleur. Dans ce contexte, la validation du choix par le VAR ou le constructeur est un élément capital à la pérennité de l'installation. Chantres
de l'indirect, tous les grands faiseurs de serveurs passent désormais la main à leurs partenaires pour qu'ils délivrent les prestations nécessaires en s'appuyant le cas échéant sur la division service du constructeur concerné. À l'exception du haut
de gamme qui échappe à la règle, il est illusoire d'attendre un revenu conséquent de la vente de serveurs. Seules les prestations à valeur ajoutée redonnent de la marge aux VAR.
L'offre présentée dans ce tableau n'est pas exhaustive.
Les compétences requises
La connaissance de l'architecture matérielle des serveurs permet de les configurer en conservant une marge de puissance pour les besoins futurs.
Le conseil en amont et l'analyse de l'environnement sont un préalable indispensable à la consolidation d'applications.
La maîtrise des problématiques de disponibilité est capitale au bon fonctionnement des installations.
La compréhension du fonctionnement des OS permet de mieux exploiter les serveurs qui gèrent plusieurs environnements et d'établir les règles de priorité.
L'argumentaire
L'apparition de processeurs double c?"ur permet de démultiplier la puissance globale des serveurs.
La baisse du coût des composants rend le matériel plus abordable.
L'emploi des multic?"urs permet de traiter en parallèle plusieurs processus.
Les fonctions de virtualisation préparent à la consolidation de serveurs sur des machines plus puissantes.
Profil de clientèle
Plus généralement les PME qui ont besoin d'outils puissants dans le cadre de leur activité.
Les sociétés qui ont une charge de travail importante et utilisent la mise en grappe pour obtenir de la haute disponibilité.
Les petites entreprises qui se limitent au double c?"ur pour leurs différents traitements.
Évolution des ventes de serveurs en France par type de gamme
À l'exception des modèles d'entrée de gamme, le marché des serveurs régresse régulièrement.
Évolution de la puissance des serveurs en fonction du processeur
Le nombre d'utilisateurs que l'on peut connecter en environnement PGI double chaque année.
L'avis d'un revendeur : Jean-Michel Turquin (MIBS) : ' le prix de la mémoire est trois fois supérieur à celui du serveur '
Pourquoi vous intéresser aux matériels quadriprocesseurs ?
Beaucoup de nos clients travaillent dans la conception de composants et ont des besoins de calcul importants. Les processeurs comme AMD et Intel qui font du calcul entier s'y prêtent bien. En revanche, les solutions Risc conviennent
mieux aux applications de mécanique. Nous travaillons également sur le marché des fermes de calcul.
La vente de matériel est-elle intéressante ?
Partiellement ! Un serveur ultra puissant vaut 30 000 euros au plus dans un monde où la concurrence est forte. Certes il y a quelques prestations relayant de la logistique, mais cela reste relativement basique. Au final la
marge qui nous reste avoisine 6 %.
Quels sont les services les plus rémunérateurs ?
Ceux liés à la consolidation des petits serveurs sur des machines plus imposantes. Avec les différents outils de VMware, il y a du réel service à assurer en migration de données et plans de reprises d'activité.
MIBS