01net Pro Entreprise informatique
Actualités gestion et logiciel informatique professionnel
Offre et recherche Emploi informatique internet
Salon conférences inofrmatique IT ebusiness 01
Le Cloud Computing
Vidéos reportage entreprise acteur informatique
Retrouvez tous les services 01Net dédiés aux professionnels !
Télécharger logiciels Pro et progiciels
Livres blancs e-commerce informatique et nouvelles technologies
Retrouvez l'ensemble des dossiers de la rédaction 01net Entreprise
Les synthèses des bonnes pratiques sur les sujets IT du moment

Ils ont osé la voix sur Wi-Fi

La voix sur Wi-Fi n'est plus une technologie de laboratoire. Des sociétés dont les employés ont des besoins de mobilité interne la déploient à petite échelle.

Vous avez basculé en téléphonie sur IP, mais certains collaborateurs qui se déplacent dans les locaux de l'entreprise doivent toujours rester joignables. La voix sur Wi-Fi peut alors fournir la solution. Cela consiste à équiper ces utilisateurs d'un téléphone sans fil et à faire transiter leurs communications sur un réseau radio Wi-Fi. D'ailleurs, les entreprises se montrent de plus en plus nombreuses à retenir cette option. Et cela du fait que, contrairement à un réseau sans fil Dect, elle ne requiert pas l'administration d'une plate-forme supplémentaire.
Néanmoins, la voix nécessite une couverture radio beaucoup plus complète que pour un réseau de données. Les utilisateurs conversent dans des endroits où ils n'échangeraient pas des données. C'est pourquoi, outre les chambres, restaurants et terrasses, le complexe hôtelier de la Chaudanne a aussi dû couvrir les réserves et les parkings. ' Il faut pouvoir continuer de capter le réseau et garder la communication même lorsqu'on se déplace ', explique Jean-Luc Montgourdin, responsable du projet Wi-Fi. Pas si simple.
' Quelques zones d'ombre d'un ou deux mètres de large me paraissaient anodines. Pourtant, elles gênent certains utilisateurs ', confirme Olivier Pluchart, responsable informatique d'Entreprises et Cités. Et gommer ces zones non couvertes lorsque les bornes sont déployées s'avère difficile, car en ajouter de nouvelles pour densifier le réseau risque de brouiller le signal.

Une étude préalable parfois conseillée

De nombreux prestataires recommandent donc de mener une étude avant de déployer les bornes Wi-Fi. Ce qu'a fait Jean-Luc Montgourdin. ' Tous nos bâtiments sont hauts et larges. Et datant de périodes différentes, ils ont été construits avec des matériaux variés. Les ondes ne s'y propagent pas de la même façon : il a fallu parfois jusqu'à trois bornes pour couvrir dix chambres. '
Cette phase d'étude, relativement coûteuse et pas toujours indispensable, peut être menée en interne. Ainsi, CMH, une société HLM qui avait prévu de recourir à un prestataire, a finalement commencé seul les tests. ' En plaçant douze bornes Wi-Fi parmi tous les couloirs, nous avons testé la couverture avec un téléphone. Nous nous sommes alors rendu compte que la communication n'était jamais coupée, se rappelle Robin Hurée, responsable réseaux. A trois collaborateurs, il nous a fallu moins d'une semaine pour que tout soit en place et fonctionne. C'est finalement assez simple. ' De cette façon, CMH a économisé les 10 000 à 15 000 euros que lui aurait coûté l'étude du site.
Certes, son bâtiment forme un gros cube, qu'il est relativement facile de couvrir. La seule difficulté rencontrée par Robin Hurée a été la couverture des ascenseurs et cages d'escalier, où, bien que l'appel n'était pas coupé, la voix ne passait plus. Pour résoudre ce problème, il a ajouté une borne dotée de deux antennes dans la cage d'escalier. Cela dit, avant de retenir les équipements qu'il allait déployer, Robin Hurée a dû mener de nombreux tests. Pour sa part, Michel Lévêque, ingénieur en chef au centre hospitalier de Rodez, a préféré recourir à un prestataire, auquel il a imposé un cahier des charges très strict. ' Nous avions prévu un engagement sur les performances et un prix global et forfaitaire. Si le prestataire retenu devait déployer deux fois plus de bornes que décidé pour couvrir le bâtiment, cela resterait à sa charge. '
Lors du déploiement, il faut admettre que, comparé au nombre de terminaux voix utilisé, celui des bornes apparaît souvent très élevé. ' Nous comptons actuellement trente terminaux Wi-Fi, et ne devrions pas dépasser les cinquante. Avec quinze bornes, nous ne rencontrons pas de problèmes de dimensionnement du réseau ', explique Robin Hurée. ' En outre, il ne faut pas oublier que chaque borne nécessite un port réseau et une alimentation électrique, rappelle Olivier Pluchart. Ainsi, pour 400 postes fixes, j'ai 60 bornes, soit 15 % de ports de plus. ' Mieux vaut donc vérifier que le prestataire a bien inclus le coût du câblage des bornes dans sa proposition tarifaire.
Aucune des entreprises rencontrées ne s'est plainte de la qualité de service ou de problèmes de cohabitation entre voix et données sur un même réseau. La sécurité ne présente pas de souci. Les entreprises entrent les adresses MAC des téléphones Wi-Fi dans les bornes pour les identifier, puis déploient un réseau local virtuel dédié à la voix, ainsi qu'un serveur Radius.

Des fournisseurs parfois imposés

En théorie, on peut sélectionner des constructeurs différents pour ses équipements réseau et ses terminaux voix sur Wi-Fi. Cependant, les prestataires ne laissent pas toujours le choix. Multiplier les fournisseurs peut aussi générer une source de complications. Entreprises et Cités utilise des terminaux Cisco, assez onéreux mais qui offrent les mêmes fonctions qu'un poste fixe (renvoi, messagerie), et des Spectralink, deux fois moins chers mais moins évolués.
' Si installer ces derniers a été simple alors que nos équipements réseaux sont Cisco, j'ai toujours des petits problèmes de qualité de service, liés semble-t-il au paramétrage ', estime Olivier Pluchart. Avec le recul, il regrette d'avoir mélangé les constructeurs.

Des terminaux Wi-Fi qui déçoivent

Les téléphones voix sur Wi-Fi font d'ailleurs l'objet de nombreuses récriminations. ' Nous n'avons pas eu le choix. Nous avons dû prendre des appareils Alcatel de la même marque que notre PABX. Ces téléphones n'équivalent pas à un GSM : l'heure ne s'affiche pas à l'écran, et très peu de contacts peuvent être mémorisés dans le répertoire ', regrette Jean-Luc Montgourdin. Les utilisateurs se plaignent de menus non traduits en français ou de la sonnerie trop faible du terminal Cisco.
L'autonomie doit aussi s'améliorer. ' Elle ne dépasse pas une journée, note Olivier Pluchart. Les utilisateurs ne doivent pas oublier de remettre leurs téléphones en charge le soir. ' Une frustration d'autant plus compréhensible que, ' si les bornes ne sont pas chères, ce n'est pas le cas des terminaux Wi-Fi, dont le prix public se situe autour de 500 euros ?" même si l'on peut toujours négocier ', remarque Robin Hurée. Les prix semblent en effet très élastiques : Michel Lévêque a obtenu des téléphones voix sur Wi-Fi à 120 euros (HT) pièce. Il est vrai que son appel d'offres portait sur 240 terminaux et toute l'infrastructure téléphonie sur IP du nouvel hôpital de Rodez. Soit une enveloppe globale de 800 000 euros...
Du coup, les sociétés cherchent d'autres solutions. Ainsi Jean-Luc Montgourdin teste-t-il actuellement un téléphone PDA, car il souhaite greffer tous ses logiciels hôteliers sur ses terminaux Wi-Fi. ' Si ce test se révèle positif, je remplacerai mes téléphones Wi-Fi actuels, qui ne font que de la voix, par ces smartphones. ' D'autres suivent de près l'arrivée de terminaux bimodes GSM/Wi-Fi, annoncés notamment par Nokia et Motorola. La voix sur Wi-Fi semble fonctionner. Reste aux constructeurs à améliorer leurs gammes de téléphones. Un effort qu'ils devraient consentir quand les volumes seront au rendez-vous.

La voix sur Wi-Fi en questions

De quoi s'agit-il ?
De faire transiter sur un réseau Wi-Fi des communications voix par le biais de paquets IP.

A quoi cela sert-il ?
Pour les entreprises qui ont basculé leur téléphonie sur IP, la voix sur Wi-Fi permet aux collaborateurs ayant besoin d'être mobiles sur un site d'être joints même lorsqu'ils ne sont pas à leur poste.

Peut-on aussi faire passer des données ?
Oui, voix et données cohabitent sur une même infrastructure. Mais souvent, pour des raisons de sécurité, les entreprises créent un réseau local virtuel dédié à la voix.

Quelles sont les infrastructures nécessaires ?
Des bornes radio Wi-Fi doivent être déployées pour couvrir tous les bâtiments. Si le réseau est étendu, un serveur peut aider à son administration. Enfin, il faut acheter des terminaux spécifiques à la voix sur Wi-Fi.

Vrai/Faux

Faux
Les premiers retours d'expériences, datant de moins de deux ans, prouvent que la voix sur Wi-Fi fonctionne. Toutefois, les réseaux déployés jusqu'ici ne concernent, le plus souvent, qu'une trentaine de terminaux au maximum. Ce qui limite les problèmes de dimensionnement.

Faux
Ce calcul est difficile à effectuer, et aucune des entreprises rencontrées n'a tenté l'exercice. Le retour sur investissement se verra accéléré si l'infrastructure Wi-Fi est aussi utilisée pour véhiculer des données. A l'inverse, si seule la voix transite par le réseau, le service à l'utilisateur prime alors sur la logique financière. Cependant, la voix sur Wi-Fi peut alléger la facture télécoms, à la condition de ne plus utiliser le GSM pour les appels sur site.

Vrai
Ils autoriseront les personnes mobiles à la fois dans les locaux de l'entreprise et à l'extérieur du site à n'employer qu'un seul téléphone. A proximité d'une borne Wi-Fi, le téléphone ne passera pas par le réseau GSM : il utilisera le réseau ToIP. Ce qui devrait favoriser un abaissement de la facture télécoms.

Vrai
Ces systèmes de supervision de réseau visualisent toutes les bornes et les zones qu'elles couvrent en théorie, ainsi que les canaux qu'elles utilisent. Ces outils aident à positionner les bornes et à les configurer pour éviter au maximum les zones d'ombre ou les interférences.

Le match des technologies sans fil

agrandir la photo

Pour en savoir plus

Zoom technologiques sur la voix WI-FI en ligne.

Retrouvez cet article sur : www.01blog.fr/1872

Alternative : Le conseil régional de Lorraine a préféré conserver le Dect

agrandir la photo

1 Un appel à destination d'un téléphone Dect arrive sur le site central.
2 Le PABX recherche le téléphone via les bornes Dect de son réseau.
3 S'il ne trouve pas le terminal Dect, le PABX renvoie l'appel vers le gestionnaire d'appels du site équipé en téléphonie IP (ToIP).
4 Le système de ToIP interroge les bornes Dect de son site et transfère l'appel vers le terminal Dect.

Deux questions à... : Philippe Pavué, chef de service architectures techniques à la DSI du conseil régional de Lorraine

<i>01 informatique :</i> Pourquoi associer des terminaux Dect avec la ToIP ?
Philippe Pavué : Nous déployons du Dect parce que nous ne voulons pas remettre en cause les investissements consentis sur le site central, un bâtiment historique difficile à couvrir. La solution Dect existante nous évite de devoir redéployer des bornes. Par ailleurs, les utilisateurs se déplaçant sur tous les sites, nous ne voulions pas qu'ils aient besoin de deux terminaux. Enfin, la qualité de la voix sur Wi-Fi nous laissait sceptiques.

Est-ce complexe ?
Adopter une solution mixte, mêlant téléphonie traditionnelle et ToIP, complexifie un peu les choses et nous oblige à des doubles paramétrages. Tous les terminaux Dect ne sachant pas gérer l'appartenance à deux réseaux différents, nous avons dû en changer certains. Cependant, je considère comme un bon choix le fait davoir conservé cette technologie.

envoyer
par mail
imprimer
l'article
Nos partenaires