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Bac+5 : Cherche ingénieurs polyvalents

Pour suivre l'évolution rapide des systèmes et des réseaux, les sociétés de services veulent des profils bac+5 capables de s'adapter à tous les clients, et facturés un bon prix.
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Les spécialistes réseaux et télécoms et les experts systèmes existent toujours, et interviennent sur des missions pointues. Mais aujourd'hui, la plupart des sociétés de services recherchent avant tout des collaborateurs capables de travailler indifféremment dans ces deux mondes. En effet, “ la frontière entre les systèmes et les réseaux s'estompe de plus en plus ”, note Guy Bernard, professeur et responsable de la recherche informatique à l'Institut national des télécommunications. D'ailleurs, les télécoms et les réseaux comptent de plus en plus de systèmes. Dans les entreprises qui basculent en TOIP, la téléphonie n'est plus qu'une application informatique nécessitant de bien les connaître.

La multiplication des types de réseaux (Ethernet, GSM, UMTS, Wi-Fi, etc.) et des terminaux (ordinateurs, PDA, téléphones mobiles, cartes à puce, etc.) conduit les spécialistes des systèmes et des réseaux à élargir leurs connaissances pour devenir plus adaptables. Dans cet environnement de plus en plus hétérogène, le principal enjeu est de faire en sorte que les utilisateurs puissent accéder à toutes les applications de l'entreprise, quel que soit le terminal et le réseau. Les flux multimédias vont croissant. Et, pour les gérer, il faut être capable d'assurer la qualité de service tant sur les réseaux que sur les systèmes. Les équipes systèmes et réseaux doivent ajouter à leurs connaissances traditionnelles les services Web et les technologies de composants comme J2EE ou .Net.

Dans la mesure où elles peuvent facturer leurs prestations plus cher, les sociétés de services préfèrent embaucher des jeunes diplômés bac+4 ou bac+5 pour des postes d'ingénieur ou d'administrateur systèmes et réseaux. D'ailleurs, aujourd'hui, toutes les formations d'ingénieurs en informatique ou en télécoms préparent les étudiants à évoluer dans les deux filières. Au fil de leurs missions, ces jeunes diplômés pourront se spécialiser, par exemple, dans les systèmes Unix ou la sécurité. Mais ils devront toujours être capables d'intervenir sur d'autres technologies. Enfin, le développement de l'infogérance offre aux ingénieurs des SSII des opportunités nouvelles. Il devient plus facile pour eux de glisser d'un poste purement technique vers des fonctions de management, sans forcément passer chez le client.

Le plus demandé : ingénieur systèmes et réseaux

En infogérance ou en délégation de personnel, un ingénieur systèmes et réseaux est avant tout un généraliste. Il doit avoir une vision globale sur les serveurs, les réseaux, les différents modes de communication, etc. Il lui faut obligatoirement connaître les produits Microsoft, les systèmes de messagerie, et posséder les compétences de base en matière de sécurité. Maîtriser quelques SGBD comme Oracle et avoir des notions sur Linux ou Unix constitue un plus. Aujourd'hui, un ingénieur systèmes doit également s'intéresser aux outils de virtualisation comme VMware ou Microsoft Virtual PC, qui proposent d'héberger plusieurs systèmes d'exploitation sur une même machine.

Ce bagage l'aidera à préconiser au client la solution la mieux adaptée à sa situation, voire à rédiger le cahier des charges technique. En effet, “ l'ingénieur systèmes et réseaux doit être capable de réaliser seul 90 % de la conception du réseau informatique d'une PME de 300 personnes ”, résume Gaël Riou, DRH de la SSII Proservia. Pour ce faire, il s'appuie sur les compétences d'experts techniques lorsque cela se révèle nécessaire. Souvent, il assure l'intégration des matériels et logiciels qu'il a préconisés. Parfois, on lui confie aussi leur maintenance. C'est pourquoi, même s'il n'est pas un développeur, un ingénieur systèmes et réseaux doit être capable d'écrire de petits scripts. En fonction de la taille et de l'organisation de l'entreprise où il intervient, il pourra, en outre, s'occuper de l'administration des systèmes et des réseaux. Car c'est souvent une fonction fourre-tout.

Etant généraliste, cet ingénieur évoluera ensuite vers de nombreux métiers, en général au gré des missions qu'il aura assurées. Il pourra se spécialiser dans une technologie – notamment s'il intervient sur les grands systèmes propriétaires – et devenir consultant technique, avec, par exemple, une expertise MVS pour IBM. Il pourra également devenir administrateur d'un parc important, ou chef de projet, ou encore architecte technique, etc. Et pourquoi pas, s'il aime le contact avec le client, se diriger vers un poste d'ingénieur commercial ou d'avant-vente.

La fiche métier

Évolution de carrière
Consultant technique, architecte, administrateur réseaux, responsable sécurité.

Compétences
Répondre d'une expertise sur Windows, Unix ou Linux, les protocoles internet et de sécurité. Posséder une très bonne connaissance du matériel, savoir rédiger des scripts.

Expérience
Ce poste peut être occupé par un jeune diplômé bac+5, un ancien ingénieur d'études et développement, ou un technicien d'exploitation expérimenté.

Fourchette de salaires
De 30 000 à 34 000 euros

Le poste tremplin : administrateur systèmes et réseaux

“ La frontière est parfois ténue entre le poste d'ingénieur systèmes et réseaux et celui d'administrateur. D'autant plus chez les prestataires à la recherche de profils polyvalents ”, note Sylvie Delattre, responsable études métiers de l'Association pour l'emploi des cadres (Apec). On leur demande le même type de compétences, et leurs missions se recouvrent parfois. Cependant, si un ingénieur systèmes appartient au service des études, l'administrateur, lui, fait partie de l'exploitation. Il se concentre principalement sur la gestion des serveurs, des espaces disques, du stockage, et des sauvegardes. C'est lui qui gère les droits d'accès des utilisateurs, et fixe les normes de sécurité.

L'administrateur peut aussi, par exemple, œuvrer à l'optimisation de la bande passante des différentes applications. Il doit également bien connaître les différents postes clients, mais aussi savoir préconiser le matériel et gérer les différents réseaux de l'entreprise et leur interopérabilité. Car l'administrateur intervient parfois comme expert technique au sein de certains projets transversaux – notamment auprès d'ingénieurs systèmes et réseaux. Il aide souvent les utilisateurs à résoudre leurs pannes. Et “ s'il touche de moins en moins aux machines, l'administrateur doit maîtriser l'utilisation des outils de diagnostic qui lui servent à détecter ces pannes ”, explique Géraldine Woloch, responsable développement RH et carrières chez ESR, SSII spécialisée dans les infrastructures.

Les administrateurs travaillant sous Unix ou Linux ont souvent un profil plus technique. Ils collaborent avec les DSI, et assistent moins les utilisateurs que ceux travaillant sous Windows. En SSII, l'administrateur peut jouer un rôle de conseil auprès du client sur le matériel et les logiciels à retenir. Au sein des entreprises utilisatrices, le poste d'administrateur constitue un tremplin pour un technicien doté d'une certaine expérience. Mais, les SSII affichent clairement leur préférence pour des jeunes diplômés bac+5, qui commenceront leur carrière à cette fonction pour ensuite devenir, par exemple, chefs de projet, architectes systèmes et réseaux, ou consultants techniques.

La fiche métier

Évolution de carrière
Architecte, responsable réseaux, consultant technique, RSSI.

Compétences
Expertise sur Windows, Unix, ou Linux. Bonne connaissance de l'architecture et des fonctions du système d'information du client et des protocoles de communication, et maîtrise des normes de sécurité.

Expérience
Ce poste peut être occupé par un jeune diplômé bac+5, un ingénieur systèmes et réseaux, un technicien support ayant quelques années d'expérience, etc.

Fourchette de salaires
De 26 000 à 35 000 euros

Le mieux payé : architecte

Bien moins nombreux, les architectes ont en général entre cinq et dix ans d'expérience. Auparavant, ils ont souvent œuvré dans l'intégration de systèmes. Les architectes techniques s'intéressent plus précisément aux infrastructures, tandis que les architectes logiciels, eux, interviennent sur les architectures Web et les applications. Même s'ils sont expérimentés, les deux ne sont pas des experts, et doivent, au contraire, posséder une grande culture générale. Ils ont une bonne compréhension des couches basses des systèmes, des différents matériels du marché, et possèdent des connaissances en sécurité.

Dans des secteurs comme la banque, l'assurance, ou la grande distribution, des compétences métier sont un atout non négligeable. Les architectes n'entrent pas dans la technique, mais imaginent la façon d'associer une plate-forme à une application ou à un matériel. Ils conçoivent, mais ne mettent pas en œuvre. Leur rôle est d'analyser les infrastructures déjà en place, de comprendre où l'entreprise veut aller, et de définir comment atteindre la nouvelle architecture. En SSII, les architectes répondent souvent aux appels d'offres, et font valider leur vision par des experts en sécurité, bases de données, etc. Ils interviennent aussi en support sur différents projets en cours de déploiement.

L'architecte systèmes d'information, qui supervise les architectes techniques et logiciels, a une vision générale du système d'information. Il est le garant de la cohésion des différentes briques qui le constituent. Pour évoluer vers cette fonction, les architectes techniques et logiciels devront maîtriser les normes et bonnes pratiques du type Cobit, CMMI, Itil, ou encore Sarbanes-Oxley.

Cette fonction est très à la mode au sein des SSII. Pourtant, elles peinent à en trouver. Et cela parce que “ peu de personnes se positionnent comme architectes sur leur CV ”, note Claude Moskowitz, consultant dans le cabinet de recrutement Elitis. Il leur faut donc débusquer certains consultants en systèmes d'information ou des ingénieurs systèmes et réseaux seniors susceptibles, sans le savoir, de prétendre à un titre d'architecte.

La fiche métier

Évolution de carrière
DSI, directeur technique, directeur des études, etc.

Compétences
Très bonne culture générale sur les systèmes, les applications, le matériel, la sécurité, les bonnes pratiques, etc. Des compétences fonctionnelles sont appréciées.

Expérience
Au moins cinq à sept ans d'expérience. Il peut avoir été ingénieur systèmes et réseaux, ingénieur développement, ou chef de projet.

Fourchette de salaires
A partir de 45 000 euros

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