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Les infrastructures des systèmes d'information sont devenues si complexes, que les entreprises recherchent toujours très activement les profils techniques de haut niveau. Leur rôle s'est sérieusement renforcé – en particulier depuis les pannes ou blocages de réseaux survenus ces dernières années chez Bouygues Télécom ou à la SNCF. “ Les systèmes informatiques, aujourd'hui dispersés dans des zones géographiques de plus en plus vastes, impliquent de nouveaux usages, avec des puces et des ordinateurs ambulatoires, générant des problèmes techniques ”, précise Bernard Robinet, directeur de la formation par la recherche à Télécom Paris.
Ces profils techniques devront, dans les prochaines années, appréhender toutes sortes d'environnements, dont les systèmes embarqués et les systèmes temps réel, déjà en plein essor. Les services de proximité qu'ils fournissent les préservent de la délocalisation. Il faudra toujours du personnel sur site.
A l'heure de la convergence entre le monde des télécoms et celui de l'internet, ces ingénieurs devront évoluer. Et cela tant chez les opérateurs télécoms que chez les intégrateurs ou les fournisseurs informatiques, et dans les sociétés de services ou les entreprises utilisatrices. Encore faut-il avoir un goût prononcé pour les technologies. Ce qui, selon Télécom Paris, est le cas pour la majorité des jeunes ingénieurs réseaux et télécoms. Dans cette école, des matières comme l'électronique, la physique, et l'informatique quantique sont au programme. Même si cette dernière spécialité ne débouche pas encore sur des offres d'emploi.
Dès à présent recherchés, les profils maîtrisant à la fois les systèmes, les réseaux, et les télécoms deviendront indispensables, notamment chez les opérateurs télécoms, dont le métier est en pleine mutation. Ces fournisseurs ne veulent plus se contenter du simple rôle de “ convoyeurs d'octets ”. Ils tentent donc aujourd'hui de s'approprier une partie du marché des services informatiques et de se faire une place dans la fourniture de contenus. On peut aussi espérer que ces métiers séduiront davantage de femmes. Celles-ci ne représentent que 20 % des diplômés des écoles du Groupe des écoles de télécommunications (GET), réunissant Télécom Paris, l'Enst Bretagne, l'INT, Télécom Lille-I, et Eurécom.
Par ailleurs, les missions des ingénieurs dans les domaines des systèmes, des réseaux, et des télécoms exigent une grande disponibilité, avec des horaires d'astreinte parfois difficiles. Pour des salaires pas toujours attrayants. Résultat : depuis quelques années, les jeunes diplômés des écoles de télécommunications s'orientent davantage vers les filières technico-commerciales.
Une tendance qui inquiète certains enseignants de l'Institut national des télécommunications (INT). “ De trop nombreuses options techniques de troisième année ont été délaissées par nos étudiants depuis quatre ans, déplore Daniel Ranc, enseignant-chercheur dans cet établissement. Et cela au profit des options de management et de master à l'étranger. ” Ces ingénieurs privilégient un parcours professionnel moins classique, et feront leurs armes notamment dans les grands cabinets de conseil. Le GET voit même émerger de nouveaux profils d'ingénieur sur le marché.
“ C'est un phénomène inédit. Certains étudiants découvrent qu'ils peuvent faire des mathématiques financières de façon ludique. Nous formons donc aujourd'hui des “ golden boys ”, mais leur nombre demeure restreint : une trentaine d'élèves par an sur des promotions de 200 élèves ”, explique Bernard Robinet, de Télécom Paris. Des options originales s'offrent aux étudiants et leurs compétences techniques ne peuvent être remises en cause. Reste cependant au corps enseignant des écoles de télécommunications de revaloriser certains modules d'enseignement technique, tels que le traitement du signal et celui des images. Délaissés à ce jour par les élèves, ils sont pourtant nécessaires à la bonne compréhension des architectures réseaux actuelles.
















