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Les progiciels de gestion intégrés, ou PGI, vont-ils enfin cesser de se comporter comme des usines à gaz et devenir capables d'apporter la flexibilité nécessaire aux organisations ? Pour Claude Quelennec, directeur associé chez Capgemini Consulting, les architectures orientées service (SOA) doivent contribuer à ce que les PGI deviennent le levier de transformation de l'entreprise, comme le prescrit le livre qu'il vient de publier. Son analyse s'appuie sur les quatre grands problèmes rencontrés par les entreprises.
Selon Claude Quelennec, le PGI est un outil transverse avec un spectre fonctionnel large. Il devient donc rapidement l'interface utilisateur du système d'information. Or, bien souvent, il n'est pas le seul outil de l'entreprise, laquelle doit gérer des systèmes hérités. “ Le PGI peut […] être vu comme la colonne vertébrale du système d'information de l'entreprise, à laquelle viennent se connecter des applications très spécifiques, en termes de métier ou de technologies ”, développe l'auteur dans son ouvrage. Pour arriver à cela, il faudrait donc que les éditeurs transforment leur offre pour que le PGI devienne le point d'entrée du système d'information.
Le PGI est souvent un outil transverse pour les départements métier, mais qui n'évoluent pas à la même vitesse : certains sont rapides, d'autres lents. En l'état actuel de la technologie, il est impossible de faire évoluer les pans fonctionnels accessibles aux différents services de l'entreprise sur des rythmes différents. Grâce aux SOA, les PGI doivent faire en sorte qu'une évolution fonctionnelle n'en gène pas une autre.
Certains métiers sont pénalisés par les problèmes de performances. Au point, par exemple, que des traitements en batchs ne sont pas achevés à la fin de la nuit. Cela provient des mauvaises performances d'un domaine qui peuvent se répercuter sur un autre domaine. Cela tient encore une fois à la conception trop monobloc de ces progiciels : une même base de données, un même lot transactionnel ou encore des services dépendants.
“ Le PGI amène l'entreprise à faire évoluer son système d'information à la vitesse grand V, mais cela induit un impact non négligeable : la montée de version qu'elle est obligée d'effectuer pour continuer à être maintenue ”, analyse Claude Quelennec. Problème : cela gèle momentanément l'accroissement de fonctionnalités. De plus, de telles montées de versions sont coûteuses, pénalisantes et transverses. Il faut donc pouvoir accroître les fonctionnalités par module.
Les éditeurs de PGI sauront-ils relever ces défis ? Pour l'auteur, la réponse est affirmative, mais il faudra beaucoup de temps. “ Les éditeurs se lancent dans une opération d'ampleur qui consiste à faire évoluer l'architecture interne de leurs produits, comme SAP avec Netweaver. Opération conséquente, lourde et complexe, qui prendra plusieurs années à aboutir. Le PGI franchira diverses étapes intermédiaires pour parvenir au résultat final : un produit souple et flexible dans son installation, son déploiement et son articulation ”, prévoit le consultant. Rendez-vous dans quelques années pour examiner si les promesses seront tenues.
Une étude d'Aberdeen confirme que les entreprises rencontrent toutes des difficultés dans le déploiement et la maintenance des PGI. Et l'on constate que le manque de flexibilité de ces progiciels se manifeste en matière de conception de processus métier et de développement personnalisé.
















