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Au centre hospitalier universitaire (CHU) de Dijon, la gestion du linge est une affaire sérieuse. Chaque jour, ce sont plus de 14 tonnes de vêtements, de draps, de torchons… qui doivent transiter entre les différents services de l'hôpital et la blanchisserie centrale, située en périphérie de l'agglomération.
“ Ces transferts sont assurés au moyen d'armoires mobiles contenant les rechanges ”, explique François Bisch, directeur logistique et services du CHU de Dijon. Ces armoires de linge propre et sale suivent quotidiennement deux parcours. Depuis la blanchisserie, à l'aide de véhicules et d'armoires dédiées, une boucle “ aval ” assure le dépôt d'armoires à linge propre et la reprise des armoires vides. Dans l'autre sens, une boucle “ amont ” prend en charge des armoires pleines de linge sale en échange d'armoires vides. Ce ballet quotidien mobilise quelque 500 armoires et une demi-douzaine de camions.
“ Même avec une bonne organisation, ce flux n'est pas toujours simple à gérer ”, reconnaît François Bisch. Pour optimiser la gestion de ces transferts et garantir une traçabilité optimale des armoires et de leur contenu, le CHU a décidé de s'associer à Geodis, un des premiers prestataires de transport et logistique en Europe, pour mettre en œuvre une solution d'Asset Management, basée sur la technologie RFID (Radio Frequency Identification). “ Compte tenu du contexte et des impératifs de fiabilité attendus, nous voulions absolument disposer d'une solution complète qui va de la capture automatisée de l'information par RFID active, à sa valorisation et à sa mise à disposition en temps réel sur Internet ”, précise François Bisch.
Pour ce faire, chaque point de chargement et de déchargement du linge dans les différents établissements du CHU (une quinzaine de lieux logistiques au total), mais également la blanchisserie, ont été dotés d'un portique RFID en entrée et en sortie. De même, chaque armoire est équipée d'un tag RFID actif comportant un numéro d'identification unique. Enfin, tous les camions dédiés à cette activité embarquent un automate composé d'un lecteur RFID et d'un boîtier de transmission GPRS.
“ Ces automates, chargés d'identifier l'ensemble des armoires transportées, ont été installés en cabine chauffeur, afin d'en garantir l'intégrité, et nous avons opté pour une transmission en hyper-fréquences [2,45 GHz, NDLR]. Cela nous a permis d'augmenter la distance de lecture des informations jusqu'à 40 mètres et d'assurer un meilleur débit de transfert des données entre les tags et les lecteurs ”, note François Bisch. Grâce à ce dispositif, la reconnaissance de chaque lieu logistique par les lecteurs embarqués dans les camions déclenche simultanément et automatiquement la lecture du chargement du véhicule concerné.
Ainsi, à l'issue de chaque chargement/déchargement, un inventaire permanent du contenu des camions peut être assuré avec, de surcroît, une reconnaissance de chaque armoire, grâce à son identification unique. “ Toutes ces données sont transférées en temps réel depuis l'automate équipé de GPRS de chaque véhicule vers le serveur sécurisé de Geodis ”, ajoute François Bisch. Intervient alors l'outil de gestion du parc de contenants (bacs, armoires, containers, etc.), Opti-Tr@ck, développé par ce prestataire pour valoriser les informations récoltées et les mettre à disposition des utilisateurs concernés.
Ces informations prennent aujourd'hui deux formes : des statistiques et un reporting régulier sur les rotations et un suivi en temps réel du parc de contenants. “ OptiTr@ck permet ainsi d'améliorer les temps de rotation, de rechercher un contenant égaré ou d'identifier certains événements, afin de savoir, par exemple, pourquoi du linge est arrivé mal lavé au CHU ou pourquoi une armoire est cassée. On peut ainsi éviter certaines maladies nosocomiales ”, détaille François Bisch.
Les données fournies par l'application portent aussi bien sur l'historique d'un contenant, la recherche en temps réel, les alertes (par mail et ou sous forme d'indicateurs sur l'écran de l'utilisateur). “ Pour produire ces informations, OptiTr@ck valorise les données brutes collectées grâce à une connexion au système informatique du client. La mise à disposition de ces informations est basée sur une solution FAH ”, précise Jean-Christophe Lecosse, responsable veille technologique chez Geodis. Aucun logiciel n'a donc été installé au CHU, et l'accès à l'outil se fait de manière sécurisée à partir de n'importe quel poste connecté à Internet.
“ La solution est entièrement autonome et permet un déploiement rapide, sans bouleverser les infrastructures, les réseaux ni les logiciels mis en place par la DSI ”, se félicite François Bisch. La direction informatique du CHU n'est d'ailleurs intervenue à aucun niveau dans la mise en place de cette application.
Pour le service logistique, cette autonomie devrait faciliter le déploiement de l'application à l'ensemble des armoires utilisées au CHU (cuisines, armoires pharmaceutiques…). “ L'enjeu de ce test grandeur nature est de pouvoir l'appliquer à d'autres produits beaucoup plus sensibles, comme les médicaments, les prothèses, les instruments de stérilisation ”, confie François Bisch. Mais avant, ce logisticien rigoureux entend bien être certain qu'il maîtrise à 100 % la traçabilité des contenants et qu'aucune erreur dans la capture des informations et leur transmission ne vienne perturber le fonctionnement d'une unité de soin.
Le secteur médical attend beaucoup de la RFID pour des raisons de sécurité sanitaire, notamment pour ce qu'elle pourrait apporter en matière de traçabilité renforcée jusque chez le patient. Pour tester en grandeur nature une application complète d'Asset Management, le service logistique du CHU de Dijon s'est associé à Geodis.
Depuis janvier 2007, les armoires qui transportent le linge entre le CHU et la blanchisserie ainsi que tous les lieux de chargement et de déchargement sont équipés de tags actifs. Des lecteurs embarqués dans les camions peuvent ainsi identifier le contenu des chargements, et transmettre ces informations à une application hébergée afin d'optimiser les rotations et la gestion des contenants. L'application sera ensuite déployée à l'ensemble des armoires utilisées au CHU.
Activité : établissement de soins de 1630 lits.
Siège : Dijon (21).
Effectif : 5 680 personnes.
Budget d'exploitation 2006 : 348 millions d'euros.
Effectif de la DSI : 59 personnes.
Budget informatique : nc
Entre 5 000 et 7 000 euros pour la pose d'un tag actif sur 500 armoires à linge.
4 000 euros pour équiper quatre camions d'un lecteur de tags avec GPRS.
12 000 euros pour le développement et le paramétrage de l'application par Geodis.
2004 : Mise en place d'un premier pilote de traçabilité du linge à l'aide de codes à barres.
Mi-2005 : Introduction de 80 000 tags passifs dans les vêtements du personnel du CHU pour une meilleure gestion des stocks.
Janvier 2007 : Pose de tags actifs sur les armoires à linge et les lieux de chargement et de déchargement et installation de lecteurs avec GPRS dans les camions.
Premier semestre 2008 : Déploiement de l'application d'Asset Management à d'autres services du CHU.
Réduction des coûts d'achat d'armoires par l'optimisation du parc.
Gain de temps et efficacité accrue dans la recherche d'armoires.
Traçabilité des lavages (prévention des risques de maladies nosocomiales).
Réduction des litiges et accélération de l'intervention en cas d'erreur d'opération.
Amélioration de la maintenance préventive des armoires.
















