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La virtualisation de serveurs devient réalité

Plébiscitée par les grandes organisations, cette technologie réduit de beaucoup le coût de possession des serveurs. La redéfinition des infrastructures et les prestations d'administration sont très lucratives pour les intégrateurs.
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“ Les solutions de virtualisation des serveurs connaissent un réel engouement auprès des entreprises qui ont largement dépassé le stade de la simple maquette et sont en train de passer en production ”, assure Stéphane Antonna, responsable marketing pour l'Europe du Sud chez EMC. Une opinion corroborée par les analystes d'IDC qui estiment à 15 milliards de dollars le CA des solutions la virtualisation de serveurs d'ici à 2009. Le même cabinet, estime par ailleurs que 22 % du parc français de serveurs bénéficient déjà de fonctions de virtualisation, dont plus de la moitié serait opérationnelle. Parmi les entreprises qui ont la réflexion la plus aboutie sur le sujet, on retrouve les grandes organisations et plus particulièrement le secteur bancaire et les assurances. Héritée des grands systèmes, la technologie de virtualisation est loin d'être une réelle nouveauté. On la retrouve depuis longtemps au sein de la gamme iSeries d'IBM mais aussi dans l'offre de Sun. Le principe de base reste relativement simple. Il suffit de créer un certain nombre de partitions au sein d'un serveur physique et d'installer le middleware de virtualisation adapté pour créer des serveurs virtuels capables d'exécuter individuellement une ou plusieurs applications avec le système d'exploitation en rapport. Néanmoins, la solution a ses limites. La puissance du serveur conditionne le nombre de machines virtuelles réellement utilisables. Il est couramment admis que le taux d'utilisation du serveur physique qui est habituellement compris entre 10 à 15 % en temps normal peut atteindre 65 % grâce à la virtualisation. Une limite qu'il est préférable ne pas franchir, afin de maintenir la stabilité du système. Relativement facile à mettre en œuvre dans le cadre d'une architecture standard, la virtualisation s'accompagne de fonctions de clonage qui permettent de récupérer le contenu de serveurs externes pour les consolider sur une machine unique. L'opération évite ainsi l'achat de nouveaux serveurs et permet de réaliser des économies significatives sur un certain nombre de postes comme l'espace de stockage loué dans les entrepôts de données avec en corollaire un impact immédiat sur la consommation électrique. Toutefois, le coût des licences applicatives des OS et de la couche de virtualisation viennent amoindrir les gains financiers. “ Les économies réalisées restent conséquentes depuis qu'un certain nombre d'éditeurs ont récemment revu leur politique de facturation de licences pour tenir compte de la nouvelle technologie ”, se félicite Jean-Luc Pronier, directeur marketing produit pour la France chez Sun.

Une poignée d'acteurs

Considéré comme porte-drapeau de la virtualisation, VMWare se distingue par un panel d'offres qui couvrent aussi bien les serveurs départementaux que les entrepôts de données. Microsoft n'a rien à envier au leader et devrait compléter son offre courant 2007 par un hyperviseur de virtualisation. Parmi les challengers, on citera l'éditeur SWSoft qui a signé un contrat global avec Bull et recherche en France des partenaires. À nouveau dans la course, Novell se bat sur deux tableaux. D'un côté il dispose d'un accord historique avec VMWare qui lui permet de proposer des offres de virtualisation classiques, de l'autre il est membre fondateur du Projet libre Xen Source, auquel se sont associés AMD et Intel qui apportent à l'édifice les fonctions de virtualisation embarquées dans leurs processeurs. À l'inverse des éditeurs propriétaires comme EMC et Microsoft qui s'entourent de partenaires astreints à des formations et des certifications, Novell propose ses solutions de virtualisation sous Suse Linux Enterprise Server sur le mode d'une souscription annuelle pour un nombre de serveurs virtuels illimité. L'initiative d'EMC qui a mis en ligne la version gratuite du logiciel VMWare a contribué dans un premier temps à la démocratiser la technologie. Le marché est maintenant prêt pour passer à une deuxième phase avec des déploiements ambitieux qui ne se cantonnent plus au seul serveur mais élargissent le concept dans l'optique de consolider toute l'architecture existante. Les technologies sont matures, la donne est entre les mains des intégrateurs.

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L’offre présentée dans ce tableau n’est pas exhaustive.

Les compétences requises

L'intégrateur doit être en mesure de déterminer parmi le parc de serveurs ceux qui sont éligibles pour de la virtualisation.
Maîtriser les principales solutions de virtualisation présentes sur le marché permet de mieux répondre aux besoins exprimés par le client.
Comprendre le mode de tarification complexe des éditeurs permet de déterminer au final la solution la moins coûteuse.
Se former aux outils d'administration est indispensable. La gestion du système est compliquée malgré l'émergence de logiciels spécifiques à la virtualisation.

L'argumentaire

La possibilité de regrouper dans un serveur physique plusieurs dizaines de serveurs virtuels permet un gain de place.
Le retour sur investissement est obtenu sur des périodes relativement courtes.
Les fonctions de clonage qui permettent de dupliquer facilement le contenu d'un serveur distant et de le rapatrier sous forme virtuelle dans un serveur de consolidation.

Profil de clientèle

Principalement les entreprises du CAC 40, les grands comptes et globalement toute entreprise qui a un parc de serveurs important.
Les PME-PMI souhaitant recycler des machines anciennes en y intégrant une couche de virtualisation.
Les moyennes entreprises qui ont un niveau de connaissance assez élevé et souhaitent mettre en place un pilote.

Les différentes applications des serveurs virtuels

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Les bases de données et les processus métier sont les plus demandeurs de solutions de virtualisation.

Évolution de la mise en virtualisation par système d’exploitation

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Les serveurs achetés en France dans les douze prochains mois seront virtualisés sous Unix.

L'avis d'un revendeur : François Espieux (Ozitem) : “ un monde nouveau qui requiert des compétences affûtées ”

Qu'attendent les clients de la virtualisation ?
Tout à la fois une réduction sensible des coûts et la possibilité de mettre en conformité leur infrastructure avec pour objectif à terme la mise en place d'un plan de reprise d'activité. En s'émancipant de la plate-forme matérielle, l'entreprise peut réaliser des économies et bénéficier de nouvelles fonctions pour l'administration du système.

Comment menez-vous le déploiement ?
En mode projet. Les grands comptes ont l'habitude procéder régulièrement par tranches successives en tenant compte du parc de serveurs existant. Chaque année une nouvelle tranche est mise en chantier. La technologie requiert beaucoup de professionnalisme de notre part.

Quelles solutions préconisez vous ?
La virtualisation ne se limite pas au seul VMWare. Il existe des solutions alternatives notamment chez Microsoft ou chez Xen Source. À nous d'éduquer le client et de choisir les solutions les mieux adaptées. Il y a encore peu de concurrence.

Ozitem

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