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Avec Hyperion, Oracle investit le décisionnel

Depuis trois ans, Oracle s'est lancé dans une course aux rachats. Une trentaine d'entreprises sont tombées dans son escarcelle. Quelle est la logique de ces opérations et quelles en sont les conséquences sur le marché de la distribution ?
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Le rachat d'Hyperion correspond à une redistribution des cartes sur le marché du décisionnel. Et plus particulièrement sur une partie de ce secteur, la gestion financière avec des modules d'analyse financière, budgétaire, de planification, de consolidation et de reporting. Des outils essentiels pour tous les grands groupes. Un vrai paradoxe, le marché du décisionnel est en croissance entre les mains d'acteurs tels que SAP, Business Objects, Hyperion, Cognos, ou des sociétés plus petites telles Actuate, Applix, Microstrategy, Information Builders. Sans oublier le français Cartesys qui était le principal adversaire d'Hyperion. Les acteurs du progiciel de gestion se sont soit retirés comme Sage, ou restent sur le mid-market, c'est le cas de Cegid.

Dans cet environnement, Hyperion est resté concentré sur les grands comptes. C'est cette position et ses solutions qui intéressent Oracle. Il n'est pas le seul, les géants du PGI souhaitent compléter leurs positions en attaquant le marché du décisionnel. C'est le cas de SAP et de Microsoft qui développent leurs propres gammes ou même, à sa manière, d'IBM qui a signé des accords avec Business Objects et Cognos. Face à eux, Oracle a choisi la croissance externe en mettant la main sur Hyperion. “ Ce rachat est logique, analyse Anne-Marie Abissegué, Research Manager chez IDC France, car Oracle est déjà leader sur les couches de l'infrastructure logicielle avec ses SGBD. ” Le rachat d'Hyperion lui apporte en fait bien plus qu'une couche logicielle supérieure. Hyperion a remanié son offre décisionnelle pour en faire une plate-forme unifiée de décisionnel financier. En terme technologique, c'est un rachat très judicieux. De plus, Hyperion traite directement avec les directions financières, contrairement à ses concurrents, Cognos par exemple, qui passent par les DSI. Ces concurrents proposent en effet différents outils décisionnels, dans la finance mais aussi dans les ressources humaines alors qu'Hyperion présente l'avantage de s'être concentré sur le seul domaine financier en traitant uniquement avec les directions spécialisées. Oracle avait bien un produit, Oracle Financial Analytics, mais au succès commercial très limité. Malgré son poids, le géant Oracle avait donc besoin d'Hyperion qui lui apporte une base installée grands comptes dans le monde entier, des compétences techniques ciblées et une ouverture sur les directions financières. La difficulté pour Oracle est maintenant d'intégrer Hyperion. L'éditeur refuse de s'exprimer, mais les consultants interrogés observent d'abord que ces trois dernières années, il a réussi à mener à bien ses fusions (PeopleSoft, Siebel…). Le groupe a donc l'habitude d'intégrer des structures et des produits. “ Oracle est entré dans une logique de fusion des divers domaines applicatifs issus de ses rachats successifs ”, commente Anne-Marie Abisségué. Ces éléments séparés devraient intégrer une nouvelle offre dont le nom n'est pas encore connu. Le processus prendra encore quelques mois, voire deux à trois ans. En attendant, Oracle devrait réussir en douceur ces différentes acquisitions, surtout Hyperion. Ce sera particulièrement le cas en matière de distribution.

La forte présence des intégrateurs

La distribution du décisionnel passe par des intégrateurs informatiques. Hyperion compte une douzaine de partenaires de ce type en France : des spécialistes des progiciels de gestion comme Orgagestion, des SSII de type Unilog Management ou GFI Informatique, des intégrateurs purs tels Keyrus, Micropole, Net2s. Le rapprochement avec Oracle ne devrait pas bouleverser la relation ancienne développée par ces distributeurs et intégrateurs avec Hyperion d'autant qu'Oracle vit lui-même avec ce modèle de relation. Il est encore un peu tôt pour déterminer si les partenaires doivent s'attendre à des changements, si les conditions financières et le programme d'accompagnement seront spécifiques au décisionnel financier ou intégrés plus directement dans les programmes d'Oracle. A priori, étant donné le profil des clients finals d'Hyperion – uniquement des grands comptes – Oracle ne devrait pas engager de bouleversement. Surtout, il s'aventure dans un secteur, le décisionnel financier où Hyperion occupe des positions commerciales supérieures aux siennes. Logiquement les équipes d'Hyperion devraient même prendre les leviers de commande de cette activité au sein d'Oracle. Seules les fonctions transversales, RH et marketing par exemple d'Hyperion, pourraient être touchées par la fusion et une réduction d'effectifs. L'intégration dépendra aussi du sort réservé aux concurrents d'Hyperion. Business Objects fait l'objet de rumeurs persistantes de rachat. Oracle veut jouer dans la cour des grands du décisionnel et particulièrement rivaliser avec SAP très implanté dans les grands comptes mais aussi sur le mid-market. L'éditeur allemand est même réputé “ indélogeable ”, il ne procède en effet pratiquement que par développements technologiques internes en liaison avec ses clients. Oracle ne peut donc réagir que par croissance externe pour contrer l'éditeur allemand. “ Il cherche à atteindre la taille critique sur le marché du décisionnel et vient de s'offrir le numéro trois, Hyperion, explique Arnaud Smagghe, de Pierre Audoin Consultants. SAP est numéro un devant Business Objects, le quatrième étant Cognos. ” La recomposition du secteur ne fait que commencer.

Le périmètre des éditeurs de gestion financière

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Dans ce Top 10, seuls quelques grands acteurs généralistes ont la capacité de proposer une offre sur l’ensemble du spectre, Cegid, Sage, SAP ou Oracle.

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