Des informaticiens trop confiants
L'Anif vient de présenter les résultats du premier Baromètre de l'état d'esprit des informaticiens français. Ils sont optimistes, voire trop.
01net.
le 29/03/07 à 17h39
Le moral est au beau fixe et tout va bien (ou presque) dans le meilleur des mondes. C'est la principale conclusion d'une enquête (1) réalisée par Opinion Way (pour le compte de
l'Anif, Association nationale des informaticiens de France.
' Ils sont plus satisfaits de leur travail que les autres cadres ', constate Bruno Jeanbart, directeur des études politiques à Opinion Way. Concernant la précarité de leur
profession et son évolution, ils sont aussi plus optimistes que les autres : 75 % sont confiants dans la pérennité de leur poste. ' Les informaticiens seraient-ils trop confiants ?
Une conjecture favorable, pour l'instant
' La plupart sont optimistes car la conjoncture actuelle est favorable. Si leur travail ne leur convient plus, ils disent qu'ils iront voir ailleurs. 81 % sont sûrs d'intéresser d'autres
employeurs ', constate Michelle Havelka, vice-présidente de l'Anif. L'horizon est donc dégagé. Mais le vent pourrait tourner. ' Rien n'est acquis, avertit Michelle
Havelka. Il y a trois ou quatre ans, il y avait plus de postes que de candidats. Aujourd'hui, il y en a autant. Ils doivent se poser des questions sur leur avenir. '
L'état actuel de la conjoncture est en effet trompeur. Le chômage menace beaucoup plus cette population qu'on ne le croit. Selon
L'Apec, les informaticiens représentent 20 % des cadres chômeurs, alors qu'ils comptent pour seulement 10 % des cadres.
Prendre conscience de la précarité
Avec l'externalisation vers l'étranger, notamment l'Inde, la tendance ne va pas s'améliorer. ' Dans les trois ans à venir, un informaticien sur trois pourrait perdre son emploi à cause des
délocalisations. Ils doivent prendre conscience de leur précarité. Ils devraient réclamer des formations pour améliorer leur attractivité ', estime Michelle Havelka.
Certes, pour un peu plus de 50 % des sondés, les délocalisations sont leur principale crainte mais, dans le même temps, leur principale préoccupation est leur rémunération, pour 42 % d'entre eux. Le réalisme reprend toutefois
le dessus lorsqu'il s'agit de la retraite : 74 % des sondés sont pessimistes.
Pour l'instant, une seconde édition du baromètre n'est pas à l'ordre du jour, car sa réalisation coûte plusieurs milliers d'euros. Une nouvelle enquête ne pourra se faire que si des entreprises sont prêtes à
la financer ou si l'Anif la finance elle-même grâce à ses adhérents.
Cette incertitude n'empêche pas l'association d'envisager la création d'un observatoire permanent pour connaître l'évolution de l'offre et de la demande, pour repérer les métiers qui disparaissent et
ceux qui émergent... et pour suivre l'évolution du moral des informaticiens lorsque la conjoncture montrera les premiers signes d'un changement de cycle.
(1) Enquête menée en février dernier auprès de 1 200 salariés travaillant en entreprise ou comme indépendants. La majorité travaille dans les secteurs du conseil, du support assistance et de la conduite de projet, au
sein de SSII ou d'éditeurs de logiciels.
Une association au service des informaticiens
L'Anif est une association loi 1901, à but non lucratif, qui a pour mission d'aider les informaticiens à mieux anticiper le marché de l'emploi. Elle les aide à maîtriser leur carrière (quelles orientations
choisir ou éviter, la formation permanente) et leur employabilité, en leur apportant une vue d'ensemble sur l'évolution de leur profession. L'association oriente aussi les entreprises vers les nouveaux besoins. Les adhérents peuvent accéder
au site, aux études et aux publications.