











Livrer gratuitement un livre, quel que que soit le montant de la commande est chose illégale : c'est ce que considère le Syndicat de la librairie française (SLF), qui représente et défend les intérêt de 550 librairies indépendantes en France.
Il n'a pas hésité à porter l'affaire devant les tribunaux. Deux contentieux sont actuellement en cours avec Amazon.fr d'une part et Alapage d'autre part. La justice a déjà tranché une première fois en faveur du syndicat, contre Alapage. Le tribunal de grande instance de Créteil, en janvier 2005, avait condamné cette filiale de France Télécom à verser 30 000 euros de dommages et intérêts au SLF. Le site a fait appel et le résultat de ce dernier est attendu pour le mois de mai prochain. Concernant Amazon, qui a récemment confirmé être poursuivi par le SLF, aucune décision de justice n'est encore intervenue.
Ce que le syndicat leur reproche précisément est d'offrir les frais de port lors de la commande d'un livre, sans exiger de montant minimum. Un message qui aurait été entendu par certains sites de vente en ligne. Ainsi le SLF a convaincu Cultura d'abandonner cette pratique, mais pas le leader français sur ce domaine, à savoir Amazon.fr. Ce dernier persiste et signe puisqu'alors même que les échanges entre avocats des deux parties vont bon train, le site affiche en ce moment même la livraison gratuite uniquement pour les livres. Pour les autres produits, il faut atteindre un montant minimum de 20 euros. Quant à Alapage, bien que condamné, il continue régulièrement à ne pas facturer la livraison des livres.
L'argument juridique du SLF repose sur le fait qu'avec la livraison gratuite, les cybermarchands font de la vente à perte et de la vente à prime, qui est interdite par la loi Lang. La vente à prime consiste à associer gratuitement à une vente un service ou un bien. Les sites en ligne rétorquent qu'il ne s'agit que du prolongement du contrat de vente, c'est-à-dire d'amener au client le produit qu'il a acheté.
Lors du jugement de première instance contre Alapage, le SLF avait également obtenu satisfaction contre les bons de réduction. Depuis ce temps, Alapage exclut le rayon livres lors de l'utilisation d'un chèque-cadeau.
Le Syndicat de la librairie française veut avoir sa vitrine sur Internet. Son projet consiste en un portail, au service des librairies et des internautes.
“ Nous ne voulons pas concurrencer Amazon, nous n'avons pas vocation à faire du routage de livres ”, explique Renny Aupetit, secrétaire général du syndicat et chef du projet. Même si les internautes pourront commander des livres en ligne, le portail veut reproduire sur Internet ce qui fait la force de la librairie de quartier : le conseil et l'animation.
Les internautes pourront ainsi retrouver les coups de cœur des libraires, savoir où leur auteur favori va effectuer sa prochaine séance de signature, etc. “ Nous voulons amener du trafic additionnel dans les librairies ”, ajoute-t-il. Ainsi, lors de la recherche d'un livre, un internaute pourra consulter l'état des stocks de la librairie la plus proche et choisir soit d'aller le chercher, soit de se le faire expédier.
Pour l'instant, le syndicat recherche les fonds nécessaires pour créer la société qui gèrera le portail, à savoir 500 000 euros. Il négociera ensuite les droits d'exploitation d'une base de données de livres. Le lancement devrait avoir lieu en 2008.
















