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Les entreprises s'y mettent doucement

Le plan de reprise d'activité ou PRA devient une obligation légale ou une nécessité organisationnelle. Le concept n'est pas nouveau, mais les entreprises ne passent à l'acte que depuis ces derniers mois.

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Les entreprises ont peur de la grippe aviaire. La pandémie est l'une des raisons majeures qui les poussent aujourd'hui à adopter un plan de secours, ou PRA. A savoir un moyen de redémarrer rapidement leur activité - au moins dans sa partie critique - après un sinistre. Pourquoi ? Parce qu'une lourde épidémie peut mettre sur le carreau toutes leurs équipes, y compris les directions informatiques. Mais les entreprises craignent aussi les attaques terroristes, et gardent en tête l'antécédent du 11 septembre 2001. Bien sûr, les risques de type incendie, inondation, erreurs humaines, auxquels elles sont plus exposées, continuent de les motiver à se prémunir contre les désastres éventuels.
Jusqu'ici, cependant, la plupart d'entre elles - du moins en France - prenaient le risque de ne pas gérer les risques, préférant croiser les doigts, avec pour devise : ' Plutôt guérir que prévenir '. ' Le fait nouveau est que les entreprises françaises ont enfin pris conscience des dangers et de l'urgence à mettre en place une solution de secours ', déclare Philippe Malard, responsable des offres risques chez Aedian Consulting. Plusieurs sinistres d'entreprises nationales, tel l'incendie du Crédit Lyonnais, ont contribué à ce changement d'état d'esprit.
La gestion des risques est donc en passe de devenir une priorité. Elle devrait prendre une dimension critique. Problème : les entreprises n'y sont pas forcément préparées. Leur approche sécurité est en général plus orientée sur la protection des données, avec la mise en place d'une infrastructure sécurisée, dotée de pare-feu, d'antivirus, etc. ' Désormais, la notion de disponibilité est omniprésente. Il est devenu plus facile de convaincre un DSI d'adopter un PRA ', constate Jérôme Derouvroy, chez MIBS. Autre facteur de changement : la réglementation, qui oblige déjà les établissements financiers à disposer d'un plan de continuité, et qui va probablement s'étendre à toutes les entreprises. Enfin, l'arrivée de nouvelles technologies a également changé la donne. Le PRA existe depuis plusieurs années, mais les solutions disponibles de type SAN redondant ou clusters restaient chères ou complexes à mettre en ?"uvre. Seuls les très grands comptes - souvent des établissements bancaires - avaient déployé une véritable solution de secours.

Des technologies plus abordables

' Ce qui freinait le PRA, et peut encore le freiner, c'est le coût des liaisons télécoms, explique Frédéric Goux, directeur technique chez Solucom. Mais, globalement, les technologies en matière de réseaux, stockage, virtualisation, ou réplication sont plus matures. Elles favorisent toutes l'industrialisation du plan de secours. ' De nombreuses disparités subsistent toutefois entre les grandes entreprises et les PME. ' Le minimum requis coûte encore assez cher. Une raison de plus pour expliquer le retard des petites structures ', ajoute Philippe Malard. Les expériences mises en place sont si ambitieuses que les PME se découragent. ' Il est vrai que le niveau d'exigence pratiqué par les banques - et qui se justifie - peut effrayer, conclut Thomas Lebouc, responsable du département de gestion des risques chez Thales France. Mais toutes les entreprises n'ont pas les mêmes besoins. Et il reste possible de ne mettre en place que les fondamentaux. '
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