Les opérateurs télécoms locaux de nouveau sur le devant de la scène
Dans la Sarthe, l'Isère, le Maine-et-Loire, le Rhône..., une trentaine de petits acteurs pour entreprises sont apparus sur le marché.
01net.
le 03/05/07 à 17h35
Cornut Informatique, Sarthe Télécom, Mimoza Technologies, Artewan, E-Qual, Celeste... Une trentaine d'opérateurs locaux ont récemment émergé sur le territoire. La plupart s'appuient sur
les réseaux d'initiatives publiques (RIP) qui se déploient depuis 2004, date à laquelle la loi sur l'économie numérique
autorise les collectivités locales à devenir opérateurs.
' Trois types d'opérateurs locaux apparaissent : les opérateurs d'entreprises [...], les
opérateurs zones blanches [...] et [les] opérateur[s]grand public ', note le Comité des réseaux d'initiative publique (Crip) (1). Parmi eux, la majorité vise les entreprises, estime Benjamin Bayart, président de
l'Association des opérateurs locaux et de proximité, tout récemment créée.
Une offre complémentaire à des services de SSII
Pour beaucoup de ces opérateurs, les services d'accès à Internet et d'hébergement viennent étoffer leurs offres de
' SSII ou d'édition de logiciels ', selon le Crip.
' Ce sont souvent des entreprises qui avaient déjà une activité ', note Patrick Vuitton, délégué général de l'Avicca,
Association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l'audiovisuel.
Certains ont profité de l'opportunité de la création d'un RIP sur leur zone géographique. C'est le cas de ServeurCom. Cet opérateur, créé en 2004, travaillait au niveau local avec les opérateurs nationaux. L'ouverture de Sartel dans la
Sarthe a été l'occasion pour l'entreprise de consolider son offre. ' A chaque fois qu'il y a un RIP nous essayons de nous y déployer ', explique Damien Watine, gérant de l'entreprise, présente notamment
dans la Sarthe, l'Isère, le Maine-et-Loire, etc. Dans ces départements, ServeurCom a créé une structure départementale, Sarthe Télécom, Isère Télécom, etc. qui s'appuie sur le RIP local.
Pour l'opérateur, l'intérêt de bâtir sur un RIP est double. Economique et technique. ' Nous éliminons un intermédiaire ', explique Guillaume Beyens, PDG de Cornut Informatique. Cette SSII,
située en régions lyonnaise et parisienne propose sur Saint-Etienne des services d'accès et d'hébergement exploitant le RIP Lotim. Elle peut donc opérer son réseau toute seule, alors qu'auparavant elle devait faire appel à un opérateur classique
comme France Télécom à chaque problème. ' Nous avons donc une meilleure réactivité et des coûts plus bas. Il est bien plus facile d'aller discuter avec l'opérateur d'infrastructure [le Lotim, NDLR] situé à côté de chez nous
qu'avec un opérateur national ! Nous maîtrisons mieux les services que nous proposons. '
Un prédécent malheureux
Ce n'est pas la première fois que le marché assiste à l'émergence d'opérateurs locaux.
' On a compté entre 50 et 100 opérateurs locaux après 1998. La majorité d'entre eux a mis la clé sous la porte ou a été
racheté dans les années qui ont suivi, se rappelle Benjamin Bayart.
En cause, la combinaison du mode de régulation mis en place par l'autorité de l'époque [ART, devenue Arcep, NDLR] ?" il fallait notamment s'acquitter
de 20 000 euros annuels pour bénéficier de la licence opérateur ?" et la guerre commerciale entre les gros opérateurs. ' Sans oublier
la faillite de la boucle locale radio.
Aujourd'hui, la situation est différente. Les frais de licence ont été supprimés, les réseaux d'initiatives publiques se sont ouverts et ' les opérateurs locaux offrent un service à un marché que les gros
opérateurs ne savent pas traiter ', poursuit Benjamin Bayart.
Toutefois, ' on est au tout début du phénomène, puisque les réseaux d'initiative publique sont très récents. On assistera donc forcément à une concentration du marché ', estime Alain
Veyret, responsable des pôles TIC et Territoires de l'Idate. En attendant, ces opérateurs locaux apportent une vraie dynamique sur un secteur où l'opérateur historique est ultradominant.
(1) Dans son ' Compte rendu d'entretiens avec les opérateurs locaux ', septembre 2006