Le procès du scandale Lernout & Hauspie démarre en Belgique
Symbole de l'éclatement de la bulle Internet belge, la société, qui a fait faillite en 2001, comparaît devant la cour d'appel de Gand.
01net.
le 22/05/07 à 15h30
Le tribunal de Gand était trop étroit. Pour ce procès exceptionnel mettant en cause l'ex-spécialiste belge de la reconnaissance vocale Lernout & Hauspie, 230 parties civiles se sont constituées.
Les audiences se sont donc ouvertes hier dans un grand centre de conférences situé à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Bruxelles. Plusieurs centaines d'investisseurs victimes de la faillite du groupe en 2001 ont fait le
déplacement pour assister à l'arrivée des anciens patrons de l'entreprise, Jo Lernout, 59 ans, et Pol Hauspie, soupçonnés de fraude comptable et de manipulation du cours de l'action.
La faillite de cette société technologique, dont la valorisation boursière avait atteint les 10 milliards de dollars, a symbolisé l'éclatement de la bulle Internet en Belgique, comme a pu le faire le scandale Enron aux Etats-Unis
et, dans une moindre mesure, l'affaire Altran en France.
Des résultats truqués
En 2000, une enquête du Wall Street Journal révèle que les résultats de l'entreprise ont été gonflés, notamment en Corée. Les conséquences ne se font pas attendre pas. En 2001, c'est la faillite, provoquant la
ruine de milliers d'épargnants. Un total de 13 368 actionnaires se sont joints à l'action en justice collective, menée par l'association de défense des actionnaires minoritaires Deminor.
Ils demandent en réparation une somme allant jusqu'à 220 millions d'euros. En tout, 21 personnes physiques et morales sont inculpées, certaines risquent une amende et d'autres de la prison. Pas moins de 90 avocats se
succéderont à la barre. Le procès devrait durer plusieurs mois.
De son côté, Jo Lernout rejette toutes les charges retenues contre lui. ' Je suis content que cela commence. C'est ici que nous pouvons prouver notre innocence ', a-t-il indiqué à
l'Associated Press.