Libérer les idées
Entretien avec Denis Ettighoffer, président d'Eurotechnopolis Institut
01net.
le 30/03/07 à 00h00
La tendance de nos entreprises à s'appuyer que sur les sciences dures pour gagner en productivité écraserait l'artiste qui sommeille en chacun d'entre nous. Et c'est une catastrophe en matière d'innovation... Denis Ettighoffer a
dévoilé les prémisses de son futur ouvrage, Netbrain : les batailles des nations savantes, à l'occasion d'une conférence organisée par le cabinet de consultants Necimpar. Sa conviction ? Les entreprises n'ont pas
d'idées, car elles s'évertuent à museler tout salarié qui en aurait une. Conflits de pouvoir, méthodes de management ancestrales, ou incapacité des dirigeants à percevoir les changements du XXIe siècle ?
Quelle qu'en soit la raison, le résultat est toujours le même, selon Denis Ettighoffer : la créativité ne peut s'exprimer dans nos entreprises que sur autorisation : ' Pour donner une idée, le salarié
doit attendre que sa direction le lui demande ', dit-il. Conséquence : ' Toutes ces approches qui découragent l'imagination n'aboutissent qu'à des propositions d'optimisation, sans remise en
question des modèles existants. ' Les vraies innovations font changer le système plutôt que d'améliorer l'ancien. Elles proviennent d'idées non formatées, qui circulent librement, à l'intérieur comme à l'extérieur de
l'entreprise. ' Chez L'Oréal, lorsqu'on veut favoriser la créativité, on fait venir des gens qui n'appartiennent pas au même univers professionnel. ' Autre moyen de provoquer ces échanges : ne plus
raisonner uniquement en termes d'outils, tenir compte de l'informel, et construire des banques d'idées - des jardins d'idées, comme disent les Américains. Mais le plus important est de considérer qu'il s'agit là d'un véritable investissement.
' Nous sommes devenus très puissants en matière d'intelligence dans l'organisation des processus. Mais nous inventons davantage pour améliorer l'existant que pour changer de modèle. Navons-nous pas trop investi dans les
outils de coordination, et pas assez dans ceux de coopération ? '