La diaspora Inria
Entretien avec Michel Cosnard, président de l'Inria
01net.
le 20/04/07 à 00h00
' En cette année 2007, c'est la première fois que l'on parle d'université et de recherche à l'occasion d'une campagne électorale, dit le président de l'Institut national de recherche en informatique
et en automatique (Inria). Et, c'est bien, car nous pensons que la recherche est très fortement liée à la formation. ' Des transferts de technologie qui doivent s'effectuer autant auprès des entreprises que des
écoles d'ingénieurs. Une distinction entre recherche fondamentale et appliquée dénuée de sens dans le domaine des technologies de l'information. Des équipes de projet d'une durée de vie moyenne de huit ans... Une chose est sûre pour Michel
Cosnard : ' Les meilleures recherches font les meilleurs transferts. ' L'Inria innove aussi en matière d'organisation, depuis longtemps. Fidèle au mode de fonctionnement en équipes projets instauré
par son président-directeur général de 1979 à 1983 - le professeur Jacques-Louis Lions -, l'institut de recherche a conservé au fil des ans les deux principes fondamentaux de son organisation : l'excellence scientifique des
équipes liées à chacun de ses projets et le devoir de transférer ses résultats. Auxquels s'est ajoutée l'exigence d'un développement de technologie : ' Chaque projet doit donner lieu à la création d'un
logiciel, souligne Michel Cosnard. Nous en produisons chaque année une centaine. ' Et c'est là que la notion de ' diaspora ' Inria employée par Alain Beltran
et Pascal Griset dans leur livre Histoire d'un pionnier de l'informatique, 40 ans de recherche à l'Inria, prend tout son sens. Tous deux professeurs d'histoire contemporaine, ils déroulent ce fil qui a mené la France du plan
calcul à la société de l'information. Ils montrent comment la logique de projet est restée dans les gènes de l'Inria, depuis la stratégie d'arsenal conduite par le général de Gaulle où lEtat était son seul commanditaire, à son rôle actuel dans la
recherche collaborative.