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Google est en pleine crise de boulimie. Après l'achat de Doubleclick, régie publicitaire en ligne, en avril 2007, c'est au tour de GreenBorder de faire les frais de son appétit. On aurait pu croire l'acquisition anodine, si la start-up avait eu une autre activité que la sécurité.
Rarement le spécialiste de la recherche et des liens sponsorisés sera sorti aussi loin de son cœur de métier. GreenBorder s'est en effet focalisé sur la sécurisation de la navigation Web. Son logiciel, disponible en versions pro et grand public, isole les sessions de navigation Web du reste du système.
Il exécute les sessions dans un environnement totalement protégé, appelé bac à sable (sandbox, en anglais). Ainsi, tout logiciel malicieux croisé au cours de la navigation viendra s'échouer dans ce bac à sable, sans pouvoir contaminer le reste du système. Mais le logiciel ne fait pas fonction d'antivirus classique, dont il se dit complémentaire, puisqu'il n'utilise pas de système de signatures.
“ La sécurité était le plus grand manque de Google ”, note Jay Heyser, vice-président recherche du cabinet d'analystes Gartner Group. En particulier, dans un contexte marqué par l'identification grandissante de failles dans Internet Explorer et FireFox, ainsi que par la multiplication d'attaques de type cross site scripting ou cross site request forgery. La société américaine WhiteHat soulignait récemment que 17 % des sites y étaient exposés.
“ Mais leur intention avec ce rachat n'est pas très claire ”, avoue l'analyste du Gartner. Google souhaite-t-il s'appuyer sur l'offre de GreenBorder pour compléter sa panoplie logicielle d'une suite de sécurité ? Ou bien, intégrera-t-il la technologie directement dans ses services ?
“ Tout le monde veut intégrer de la sécurité, constate Jay Heyser. La sécurité assurée au travers d'antivirus fondés sur des bases de données de signatures a vécu. Ces technologies ne sont clairement plus suffisamment efficaces. ”
Quelle que soit la forme de la commercialisation que choisira le moteur de recherche, “ cette acquisition va totalement dans le sens de la stratégie de Google, analyse Matthieu Hentzien, responsable commercial du cabinet Hervé Schauer Consultants (HSC). Google est très agressif sur le marché des TPE et des PME avec son offre Entreprise. La technologie de GreenBorder vient sécuriser les services de types Google Apps ou Google Desktop. ”
Le principal concerné, Google, a choisi pour l'instant de ne pas donner d'information sur cette acquisition. Sur le blog – non officiel – googlesystem, on peut toutefois lire qu'une version gratuite pourrait être mise à disposition. De son côté, GreenBorder a cessé la distribution de son logiciel, n'assurant plus que le service après-vente.
GreenBorder utilise des techniques de virtualisation, dans lesquelles des sessions sont émulées, sans toucher à l'environnement existant. Il fonctionne aussi bien avec Internet Explorer qu'avec Firefox. Selon le Gartner, GreenBorder n'est pas la seule entreprise à utiliser la virtualisation pour assurer la sécurité des applications. Et de citer : AppSense, RingCube Technology, SecureOL ou encore SoftTricity.
















