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890 sociétés ont le statut de registrar Icann dans le monde entier. Un statut qui permet de commercialiser en direct les principales extensions génériques .com, .net, .org, .info, .biz… Ce nombre est relativement modeste car les conditions d’entrée financières, techniques et administratives sont élevées.
Si 1 000 prestataires sont autorisés à vendre du .fr par l’Afnic, 1 500 du .eu pour l’Eurid, seule une dizaine de prestataires français cumulent les trois statuts. Être registrar Icann, c’est également respecter les règles établies et approuvées par la communauté, tout en rendant des comptes sur ses agissements. Un point largement omis par le prestataire RegisterFly.
Ce bureau d'enregistrement américain est mis en cause par une grande partie de ses utilisateurs qui ne peuvent pas transférer leurs noms de domaine vers d’autres prestataires. De plus, l’entreprise ne payait plus sa cotisation pour être registrar. Malgré un audit et un avertissement de l’Icann, RegisterFly refuse toujours de coopérer. L’Icann décide alors de trouver un prestataire pour y transférer les noms de domaine. Il devra être accrédité ICANN depuis 2 ans, avoir signé le “ Registrar Accreditation Agreement ” et posséder les compétences techniques et financières nécessaires à la gestion de cet important volume.
L’heureux élu est GoDaddy, qui avec 20 % des noms de domaine génériques, est le plus important prestataire Icann. Avec 850 000 nouveaux noms de domaine, il récupère presque 1 % des extensions génériques mondiales. Paul Twomey, président de l'ICANN, a avoué la difficulté de l’affaire. “ La situation de RegisterFly a été très difficile en premier lieu pour les registrars, mais aussi pour toute la communauté de bureaux d'enregistrements. Cet accord avec GoDaddy est la meilleure solution qui soit pour les clients de RegisterFly puisqu'il autorise un transfert direct et automatique vers une société compétente et expérimentée en termes de service à la clientèle. ”
Parmi les 890 prestataires, seuls cinq gèrent plus 5 % du volume total des noms de domaine génériques… Le trio américain GoDaddy, Enom (9 %) et Network Solutions (8 %) est suivi du canadien Tucows (7 %) et de l’Australien Melbourne It (5 %). Le premier français, Gandi, n’est qu’au 31e rang avec 0,54 %. 83 % des prestataires sont basés sur le continent nord-américain (66 % aux Etats-Unis, 17 % au Canada). L’Europe ne concentre que 7 % des autres prestataires, l’Asie, 5 %.
Cette affaire aura t-elle secoué les consciences auprès de l’Icann ? Elle a bien mandaté un récent audit démontrant que vingt prestataires Icann n’avaient pas de whois fiable, alors que c’est un des critères pour être registrar. Rassurons-nous, l’Icann n’a toujours pas réagi (depuis 2002) face au cybersquatting furtif (enregistrement d’un nom de domaine potentiellement litigieux qui disparaît au bout de cinq jours) pratiqué par des prestataires de son Top 15. Il est vrai que cette institution est financée en grande partie par les taxes qu’elle prélève sur les enregistrements de noms de domaine…
Chronique publiée en partenariat avec le MailClub
















