











Jamais le décisionnel n'aura suscité autant de convoitise. Cette fois, on ne se l'arrache plus pour muscler les applications (à l'instar d'Oracle avec Hyperion) ni pour enrichir son offre de gestion de la performance (comme Business Objects avec Cartesis), mais pour analyser le suivi des processus. Tibco, le spécialiste des ESB et de l'EAI, s'empare de Spotfire, un éditeur du Massachusetts comptant 800 clients, pour 195 millions de dollars. Sa plate-forme DecisionSite dispose de fonctions de requêtage, d'analyse multidimensionnelle et de gestion d'indicateurs. Pour l'acquéreur, sa force résiderait dans la grande autonomie d'utilisation offerte aux opérationnels. Mais au-delà de la qualité intrinsèque du produit, c'est surtout son intégration dans la gestion de processus (BPM) de Tibco qui laisse entrevoir de nouvelles perspectives.
Dans les faits, cette association du BPM et des outils de restitution - encore timide - a déjà été amorcée. Elle se traduit par deux types de reporting : l'un axé sur l'analyse, a posteriori, des processus, et l'autre sur le pilotage en temps réel. Connu sous le nom de BAM (Business Application Monitoring), ce dernier est le plus ancien. Tibco se positionne sur cette technologie depuis l'achat en 2002 de Praja. Même stratégie chez Webmethods, son concurrent historique, après le rachat un an plus tard de Dante Group. “ Le BAM indique le nombre de commandes en cours à l'instant présent, leur état, leur vitesse d'exécution, ou leur taux d'échec ”, note Marc Boulier, directeur technique chez Vistali. Techniquement, il affiche des indicateurs et des alertes selon les seuils ou scénarios prédéfinis. Des acteurs tels Webmethods exploitent, pour cela, un moteur de corrélation d'événements.
L'autre type de reporting cherche à optimiser les processus. Ici, le décisionnel n'a pas vocation à piloter ou à prédire, mais à analyser en différé et à comparer les performances des processus. L'acquisition de Spotfire s'inscrit dans cette ligne. Pour l'heure, Tibco revend la solution analytique d'IDS Scheer. Quant à Webmethods, il exploite les capacités de restitution d'Informatica.
Mais qu'il s'agisse de BAM ou d'optimisation de processus, la couche de restitution s'adresse aux managers très opérationnels. “ C'est la grande différence avec les architectures décisionnelles classiques. Lesquelles reposent sur un entrepôt hébergeant des données plus anciennes, et exploité par des dirigeants, indique Marc Boulier. Fait significatif : les éditeurs décisionnels commencent à convoiter ce segment en visant les référentiels de BPM. ”.
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Chez Tibco comme chez Webmethods, le reporting à l'œuvre dans le BAM et dans l'analyse des processus s'appuie sur le référentiel du BPM. Ce dernier est alimenté par les données qui transitent sur le bus de message dans le cade des échanges entre processus. À noter que, dans certains cas, le BAM sonde directement les applications de production.
” En intégrant la plate-forme de Spotfire à notre gestion de processus, nous pallierons deux principales faiblesses des architectures décisionnelles. D'abord, leur incapacité à gérer des événements en temps réel, liée au fait qu'elles impliquent de charger un datawarehouse. Ensuite, leur manque d'ouverture sur les architectures orientées service (SOA). Les outils de BI savent historiquement extraire et analyser des données issues des PGI. Aujourd'hui, la tendance est aux applications composites, aux services, et aux moteurs d'orchestration. Jusque-là verrouillée par les PGI, toute l'information est maintenant disponible dans les SOA. ”
