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Pour le Syntec Informatique, s’exprimer sur l’open source, c’est un peu comme marcher sur des œufs : il est difficile de ne pas froisser les esprits tant le sujet reste sensible. Et pourtant, la chambre syndicale vient de publier un document de prise de position qui tente de trouver un terrain d’entente entre les différents acteurs.
Son premier constat est celui du réalisme. En France, le marché des logiciels et des services de l’open source représente 450 millions d’euros, soit 1,4 % du marché total (30 milliards d’euros). Ce marché fait preuve d’une croissance forte, de l’ordre de 50 %. “ L’open source prend une part de plus en plus importante, pas seulement au niveau des couches d’infrastructure mais aussi des applications métier ”, explique Eric Brisson, administrateur au Syntec Informatique et directeur commercial chez Ilog.
Face à cette évidence, le Medef de l’informatique prône deux attitudes : l’utilisation mixte et pragmatique de logiciels libres et propriétaires au sein des systèmes d’information, ainsi que le respect des standards ouverts. “ Il faut sortir des préjugés et utiliser ce qui marche. Le véritable enjeu est l’interopérabilité entre les systèmes, seule garante de l’innovation. L’économie de marché finira bien par sélectionner le modèle économique le plus efficace ”, poursuit l’administrateur.
Ce petit chef d’œuvre de contorsion montre à quel point le Syntec reste embarrassé. Et pour cause, il représente à la fois de puissants éditeurs de logiciels propriétaires et des sociétés de services, non moins puissantes. Et ces dernières favorisent de plus en plus le libre car il incite les entreprises utilisatrices à consommer davantage de prestations que de licences.
La tension est particulièrement visible sur le marché du secteur public qui, selon la chambre syndicale, ferait preuve d’une préférence dogmatique pour l’open source. “ Il existe 2 500 éditeurs de logiciels en France, représentant 70 000 employés. Le gouvernement ne doit pas mettre en péril cette industrie mais adopter aussi une approche mixte pour ses propres besoins ”, estime Eric Brisson.
Pour Alexandre Zapolsky, PDG de la société de services en logiciels libres Linagora et président de la Fédération nationale de l’industrie du libre (FNIL), ce débat est déjà révolu. “ Le principal donneur d’ordre du libre n’est plus le secteur public, mais le secteur privé. L’open source, c’est le choix du futur. Aux États-Unis, mêmes les éditeurs traditionnels réfléchissent déjà à l’adoption de ce nouveau modèle de diffusion ”, explique-t-il.
Quoi qu’il en soit, la prise de position du Syntec montre au moins une chose : que l’open source est un modèle établi qui prend de l’ampleur. C’est aussi un peu pour cette raison que l’Association des sociétés de services en logiciels libres (ASS2L) est devenue la FNIL. “ Au sein de cette nouvelle structure, nous voulons non seulement rassembler les sociétés de services mais aussi les constructeurs et les éditeurs, qui sont de plus en plus nombreux à utiliser l’open source ”, précise Alexandre Zapolsky.
















