Emploi Start-up Evénements 01 Avis d'expert Vidéos Indicateurs Distribution Telecharger Pro Livres blancs

Querelles d’écoles autour du plan de travail

Entre la logique pragmatique de l'intégration des applications de l’entreprise, qui ménage l’existant, et la rationalité de l’ urbanisation fondée sur une architecture orientée services, les DSI ne tranchent pas forcément.
envoyer
par mail
imprimer
l'article
partager sur Viadeo
partager sur Facebook
partager sur LinkedIn
partager sur Scoopeo
partager sur Technorati
partager sur Digg
partager sur Delicious
partager sur Google
partager sur Myspace
partager sur Yahoo!

“ L'urbanisation du système d’information constitue une démarche de fond, structurante. L’architecture orientée services ne peut former qu’une étape d’intégration ”, considère Janick Taillandier, DSI de la RATP. Agilité, souplesse, réutilisation de l’existant…

Les promesses de l’architecture orientée services (SOA) coïncident avec les objectifs de l’urbanisation. Pourtant, selon une étude menée en avril par le cabinet Aberdeen, la réalité paraît moins idyllique. Si 81 % des 950 entreprises interrogées ont lancé un projet de ce type, la moitié ont connu des soucis plus ou moins sérieux. Le concept d’architecture orientée services séduit, mais nombre de DSI demeurent prudents, sinon sceptiques. D’autres s’appuient sur ses préceptes pour bâtir un système d’information apte à évoluer plus facilement.

En fait, selon l’historique d’une société et le contexte concurrentiel dans lequel elle évolue, l’urbanisation du système d’information penche vers la mise en place de solutions d’intégration des applications d’entreprise (EAI), gérant les échanges de données interapplicatifs, ou plutôt vers le développement d’un système d’information fondé sur une architecture de type fédéral, composée de blocs clairement identifiés, alimentés par des référentiels et des annuaires de services communs.

Mais, dans tous les cas de figure, la transformation du système d’information s’effectue progressivement. Refonte totale ou partielle, une phase de transition intervient toujours, qui implique une désactivation des anciennes fonctions et un basculement vers les nouvelles. “ Architecture orientée services ou gestion des processus métier (BPM), nous verrons cela dans dix ans ”, affirme David Decovemacker, responsable système d’information du groupe agroalimentaire Bonduelle. Pas vraiment un satisfecit.

Plus nuancé, Janick Taillandier avoue qu’à la DSI de la RATP l’architecture orientée services fait discussion. “ Nous nous hâtons lentement. Il faut qu’il y ait eu assez de débats pour prendre une décision. ” Inventée par le cabinet Gartner et employée pour la première fois en 1993, l’expression “  architecture orientée services ” désigne un modèle d’interaction entre applications fondé sur l’échange de services.

Pour Philippe Geneste, responsable Enterprise Architecture chez Accenture pour la France et le Benelux, ces architectures reposent sur la standardisation des infra­structures et sur l’optimisation et l’automatisation des processus métier.

Pas de raz-de-marée attendu

“ La montée en puissance des architectures orientées services coïncide avec l’arrivée à maturité des services Web ”, soutient Michel Dardet, directeur de l’activité urbanisme de la SSII Oresys et secrétaire général du club Urba-EA. “ L’architecture orientée services ne peut se réduire à des services Web ”, prévient Marc Berrier, directeur adjoint du département d’urbanisation et des solutions informatiques de RTE. Toujours est-il que, pour orienter son système d’information vers les services, l’usage de formats d’échange d’un langage de programmation standardisé s’avère nécessaire.

“ Chez RTE, le recours aux architectures orientées services ne sera pas comparable à un raz-de-marée ”, prévient Arnaud Hertz, directeur de la division d’urba­nisation et des solutions informatiques de la filiale d’EDF, gestionnaire du réseau de transport d’électri­cité français. “ Nous ne nous imaginons pas réécrire tout notre système d’information, mais nous avons détecté quelques emplois potentiels, comme des échanges d’informations météorologiques ”, détaille Marc Berrier.

Une autre vision se fait jour dans le groupe Air France-KLM. Si la démarche d’urbanisation est assez ancienne chez Air France, la fusion des deux compagnies aériennes, en 2003, a entraîné une refonte de l’informatique et la fixation d’un objectif, à atteindre en cinq ans, de 70 % d’applications communes entre les deux systèmes d’information.

“ Nous avons construit une architecture orientée services fondée sur deux grands socles fondamentaux : un socle clients et un socle programme-réseaux ”, expose Jean-Christophe Lalanne, adjoint du directeur général des systèmes d’information du groupe. Un socle comprend un référentiel et toute une batterie de services alimentant ou utilisant ces référentiels. Il existe d’autres référentiels, comme celui des ressources humaines.

“ Nous avons développé un middleware complet, synchrone et asynchrone, ainsi qu’un bus universel. ” Désormais, tout sera standardisé, et Air France-KLM va se doter d’un environnement orienté services optimisé et entièrement nouveau. Des études serviront à mettre en place des services Web utilisant le langage de développement maison. “ Nous y travaillons depuis deux ans, précise Jean-Christophe Lalanne, et dans les douze mois qui viennent, tous les nouveaux programmes seront régis par ce dispositif. ”

Une mutualisation des modèles de services élaborés pour les clients

Chez Voyages-SNCF.com, le système d’information, orienté services, est organisé en deux blocs, l’un tourné vers les clients et l’autre métier, appelé WDI. Depuis 2003. “ Le bloc métier a été imaginé voici dix-huit mois, lors de la création d’Eurostar.com. Nous avons conclu que toutes les applications utilisaient peu ou prou les mêmes services, comme la recherche des tarifs ou les réservations ”, raconte Jérôme Bourreau, DSI de Voyages-SNCF.com.

Sept ou huit macroservices ont donc été définis, chacun d’eux comportant de multiples entrées. Ainsi, la recherche de prix fait l’objet de variantes, avec les réductions possibles, la première ou la seconde classe… “ L’architecture orientée services présente deux principaux avantages, détaille Jérôme Bourreaux. D’abord, la mutualisation des services pour tous nos clients. ”

Un service comme la carte avantages Eurostar pourra par exemple resservir, avec d’autres conditions et tarifs, pour une autre compagnie ferroviaire, sans guère plus de travail que de simples paramétrages. “ Ensuite, poursuit Jérôme Bourreau, cela aide à réorganiser nos équipes pour plus d’efficacité : l’une travaille sur la future version de Voyages-SNCF.com, pendant que l’autre met la touche finale à WDI, qui doit entrer en fonction à la rentrée 2007. ”

Autre atout, le schéma du système d’information aide à communiquer avec les clients sur la tarification. Les services servent d’unités d’œuvre et les coûts se calculent au nombre de trajets achetés, de réservations…Enfin, il soutient la communication en interne. “ L’architecture orientée services ne fonctionne correctement que si les personnes impliquées se sont mises autour de la table pour dessiner l’architecture du système d’information dans les deux ans à venir ”, prévient Jérôme Bourreau.

Revers de la médaille, en 2003, il n’existait pas de représentation XML pour l’orchestration des processus métier (BPEL). Il a fallu développer un langage. “ Je rémunère toujours des gens en interne pour maintenir ce langage. Cela nous a permis de mener à bien des projets de développement dans de bonnes conditions et avec le niveau de performances exigé. ”

Pierre Nénert, directeur technique d’Inno.com, une société de conseil spécialisée dans l’urbanisation, distingue deux grands types d’entreprises : “ Les premières fonctionnent sur un mode très réactif. Les secondes cherchent à devenir plus réactives sans perdre de vue la disponibilité et la criticité du système d’information. ”

Pour le second type, l’urbanisation peut apparaître comme un risque et une chance, conduisant à un système d’information plus agile, mais également plus ouvert, et s’envisage avec des partenaires ne voulant pas forcément entendre parler de services Web. “ Vu le patrimoine informatique des grandes entreprises, on ne va pas tout changer avec les architectures orientées services ”, estime Christophe Longépé, directeur de l’urbanisme et des référentiels des systèmes d’information de la Société générale.

Certaines sociétés dont le système d’information ne participe pas à la production vont l’urbaniser, en mettant en cohérence leur portefeuille d’applications. A la RATP, on a misé sur la standardisation des échanges entre les multiples applications à l’aide de solutions d’intégration (EAI) simplifiées et développées en interne.

Chez Air France, où le système d’information, dans le cadre des réservations de vols, est ouvert à divers partenaires, le choix de l’architecture orientée services s’est imposé. “ En raison de notre histoire, notre système d’information présentait une forte hétérogénéité. Les informaticiens se demandaient toujours : dans quel environnement vais-je travailler ? L’approche orientée services a résolu ce problème ”, explique Jean-Christophe Lalanne.

Alors, architecture orientée services ou intégration d’applications ? Quel que soit le choix, l’urbanisation passe nécessairement par la standardisation et l’interopéra­bilité des briques de technologies.

Air France-KLM

Activité : transport aérien.
Siège : Paris.
Président-directeur général : Jean-Cyril Spinetta.
Effectif total : 100 000 personnes (dont 1  700 à la direction informatique).
Chiffre d’affaires 2006 : 21,4 milliards d'euros.
Site Internet : www.airfranceklm-finance.com

David Decovemacker (Bonduelle) : une refonte totale sans big bang

David Decovemacker (Bonduelle), responsable du système d’information.
Confronté à l’obsolescence technologique de certains des éléments de son système d’information, le groupe Bonduelle a décidé en 2002 de le refondret. “ Avec des matériels en fin d’exploitation, tels des MP 3000, et une informatique héritée de plusieurs rachats successifs, s’est fait jour le besoin d’un système capable de piloter l’ensemble du groupe ”, explique David Decovemacker, responsable du système d’information. Le projet, qui doit s’achever courant 2008, prévoit le déploiement progressif d’un progiciel dans chaque filiale ainsi que la mise en place de logiciels spécifiques aux métiers du groupe. Les applications ont été choisies au coup par coup avec chaque métier concerné. A terme, le nouveau système d’information comportera plus d’une quarantaine de serveurs pour 3 000 postes de travail, entre 20 et 25 solutions métier, et plus de 70 applications locales, comme la messagerie par exemple.
“ Nous avons décidé la mise en place d’une plate-forme d’intégration et de transformation destinée à gérer tous les échanges entre applications (routage, transport…), formalisés sous formes de flux ”, détaille David Decovemacker. La plate-forme d’intégration retenue, celle de l’éditeur Axway, a été déployée dans le cadre d’un projet organisant la coexistence entre l’ancien et le nouveau système d’information. Pas de big bang, donc. “ Nous avons développé un certain nombre de flux via la plate-forme d’intégration, avec, à chaque fois, des interfaces entre applications. Nous venons par exemple de mutualiser les différents flux au sein d’un référentiel articles. ” La DSI de Bonduelle a élaboré un ensemble de métriques pour cerner exactement, en fonction des flux concernés, les effets d’un nouveau module métier sur le système d’information. “ Toute l’intelligence et les règles métier sont contenues dans la plate-forme, ce qui aide à industrialiser le développement du système et la maintenance des flux. ”

Bonduelle

Jérôme Bourreau (Voyages-SNCF.com) : un SI en deux blocs distincts

Jérôme Bourreau est directeur des opérations et DSI de Voyages-SNCF.com.
Créée par la SNCF, VSC Technologies développe et exploite des plates-formes informatiques, tels les systèmes de réservation ou de gestion des billets. Dotée d’une architecture orientée services, elle a pour clients Eurostar, Thalys, Id-TGV, mais surtout Voyages-SNCF.com. “ Initialement, ce dernier constituait une grosse application monolithique ”, rappelle Jérôme Bourreau, directeur des opérations chez VSC et DSI de Voyages-SNCF.com. Avec la création d’Eurostar.com, il a été décidé de la scinder : “ Pour bien œuvrer, VSC requiert une couche applicative et une couche métier. Nous nous sommes accordés avec les architectes pour découper le système d’information en deux blocs distincts. ”
Le premier, qui présente les services, doit intégrer en permanence de nouvelles prestations pour répondre aux besoins des clients. Il s’appuie sur un bloc métier (WDI), connecté aux services de gestion et d’administration tels que ceux de la SNCF ou d’Eurostar. “ La couche métier va absorber tous les chocs de transformation (chan­gements de tarifs, politique de gestion des billets), sans effet sur les services délivrés aux clients. ” VSC peut ainsi développer des services sans se préoccuper des changements de politiques tarifaires. “  Le temps de développement d’un service doit durer entre sept et huit mois, pour 2 000 à 2 500 jours/homme. ”

VSC Technologies

publicité
à lire aussi
SUR LES MÊMES THÈMES
Les DSI face aux contraintes réglementaires
HP tient bon grâce aux services
01 Business : émission spéciale sur la virtualisation en entreprise
Le « problème » de Pôle Emploi est aussi informatique
Intel participera au premier laboratoire Exascale de France
Sword se renforce dans l'assurance... et aux Etats-Unis
Gemalto reprend l'activité bancaire de Xiring
Oracle-Sun : la Commision européenne repousse sa décision d'une semaine
Un statut juridique pour les hébergeurs ?
Le numérique, troisième priorité du grand emprunt
01Informatique
01 INFORMATIQUE
L'hebdo de référence des décideurs informatiques.
Micro Hebdo
MICRO HEBDO
L'hebdo qui vous simplifie la micro
et Internet.
L'Ordinateur Individuel
L'ORDINATEUR INDIVIDUEL
Le mensuel informatique qui vous informe et vous conseille.
Tous droits réservés © 1999 - 2009 Internext - 01net.