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Leur taille fragilise les fleurons nationaux

Les acteurs verticaux abandonnent les fonctions généralistes pour se concentrer sur les aspects métier. Mais être un spécialiste métier reste un atout.
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Generix-Influe pourrait-il être absorbé par Microsoft ? Cylande aurait-il intérêt à se marier avec Cegid ? Ces questions, purement spéculatives, méritent d'être posées. Car les éditeurs français de PGI semblent fragilisés par leur taille. Au point que certains, surtout des concurrents étrangers, prédisent leur quasi disparition. Leur avenir n'est pas si sombre, mais les défis sont d'envergure.

Tout d'abord parce qu'aucun français ne figure parmi les dix premiers mondiaux. En 2005, le classement mondial des éditeurs de PGI (progiciel de gestion intégré), établi par le cabinet Forrester, dresse un bilan alarmant pour les champions hexagonaux. Même si Cegid n'est pas très loin de talonner ce peloton de tête, IFS et Epicor. Plus inquiétant : le deuxième éditeur français de PGI, le nouvel ensemble Generix-Influe, spécialisé dans la distribution, est cinq fois plus petit que Cegid en termes de chiffre d'affaires. Il a pourtant passé la vitesse supérieure en novembre 2006 lorsque les deux entreprises hexagonales se sont mariées.

Même si dans l'ensemble les acteurs français sont bien implantés sur leur territoire d'origine, ils ne pèsent pas bien lourds. Ils ne représentent qu'entre 5 et 10 % du chiffre d'affaires sur le territoire national. Et même le champion tricolore Cegid ne dispose guère que de 3 % de ce marché, d'après les chiffres de Pierre Audoin Consultant sur l'année 2005.

La culture du développement maison

Comment expliquer cette situation ? La culture de l'invention a eu pour conséquence de donner la priorité au développement maison au détriment du progiciel, et à plus forte raison du progiciel de gestion intégré. C'est probablement la raison – structurelle – pour laquelle il n'existe pas d'acteur français qui dispose d'une offre auprès des grands comptes. Même Cegid peine à se développer dans ce domaine. “ Cegid rêve de vendre sur un périmètre plus large que la comptabilité et la gestion commerciale, estime Raphaël d'Halluin, directeur général de Jeeves pour la France. Mais il n'est pas calibré pour y parvenir, car ses commerciaux doivent faire du volume. ”

Autre problème, la présence des acteurs français est souvent faible au plan international. Car les éditeurs français se sont tournés vers les PME-PMI et même vers les TPE du tissu national. Et elles ont peut-être tardivement entamé le virage de la mondialisation qui pousse certaines PME clientes à disposer d'une présence internationale. C'est d'ailleurs l'atout que les concurrents étrangers mettent en avant. En revanche, les éditeurs hexagonaux de PGI disposent d'un savoir-faire métier qu'on leur jalouse.

C'est le cas avec l'éditeur lyonnais Ordirope qui a construit son offre pour les fournisseurs de la grande distribution. Et qui embarque donc les spécificités de ce secteur comme les exigences en matière de traçabilité, la normalisation EAN-UCC, les échanges de données informatisées spécifiques et la gestion partagée des approvisionnements. Un atout essentiel.

Qui pour succéder aux fondateurs ?

“ Il nous est arrivé qu'un client ne renouvelle pas notre produit Minos au détriment d'un produit horizontal, relève Vincent Gonnet, PDG d'Ordirope. Mais trois ans plus tard, il a repris notre produit, car son choix était trop coûteux pour mettre le progiciel aux normes du secteur. ” La stratégie de cet éditeur est symptomatique des acteurs français. L'entreprise passe différents accords avec d'autres éditeurs afin de couvrir ce qui n'est pas dans son cœur de métier comme, par exemple, les modules de comptabilité. “ Il y a de plus en plus d'alliances entre des acteurs mondiaux et des acteurs verticaux, remarque Eric Ménard, consultant chez Pierre Audouin Consultant. Et les acteurs verticaux abandonnent donc les fonctions généralistes pour se concentrer sur les fonctions métier. Mais être un spécialiste métier reste un atout. ”

Cependant, un problème persiste. “ Les éditeurs français sont dans l'ensemble dans une démarche de vente de leur entreprise, estime, pour sa part, Frédéric Champalbert, le directeur général de Lawson France. Car, souvent ils ont été créés par des dirigeants qui veulent passer la main. ” Un constat également partagé par Raphaël d'Halluin, le directeur général de Jeeves France. Et qui aimerait bien en profiter pour s'offrir quelques fleurons nationaux.

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