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Le 14 juin dernier a été une journée noire chez Akena Technologies. Ce prestataire informatique qui gère MediaVacances – un site de location touristique entre particuliers – a eu la mauvaise surprise de ne recevoir aucun courrier électronique. De leur côté, certains de ses clients ne recevaient plus la newsletter d'Akena ni les réponses à leurs annonces en provenance du site.
Le point commun entre Akena Technologies et ses clients ? Tous sont des abonnés Orange et utilisent son système de messagerie.
Ce n'est que cinq jours plus tard que l’explication est arrivée, lorsqu’Orange a informé ses clients de la mise en place, depuis le 14 juin, d’un antispam gratuit sur tous les comptes. Les courriers en provenance d’Akena étaient considérés comme du spam et, comme tels, bloqués dans un dossier Courriers indésirables, consultable uniquement à partir du site Web du fournisseur.
Le cas d'Akena Technologies n'est pas un cas isolé. Et Orange a dû mettre en place une procédure d’inscription sur liste blanche pour les professionnels touchés. Les auteurs d’envois légaux bloqués par son filtre doivent écrire à abuse@orange.fr en indiquant trois choses : leur statut de professionnel, l’adresse électronique ou le nom de domaine d’expédition concerné et l’adresse IP d’émission. “ Après un contrôle qui prend vingt-quatre heures, nous les acceptons comme expéditeurs ”, affirme Jean Bernard Orsini, porte-parole de l'opérateur.
Durant ces vingt-quatre heures, Orange vérifie que le demandeur possède bien le statut d’“ e-mailer ”, affilié à la Fevad ou au SNCD, et que le destinataire a bien la possibilité de confirmer deux fois son accord pour ces envois.
En revanche, Orange se refuse – tout comme les autres fournisseurs d'accès à Internet qui utilisent l’antispam comme un élément commercial – à dévoiler ses critères de filtrage, que ce soit le nom de l'antispam ou le nombre d'e-mails envoyés à partir duquel l'expéditeur est bloqué. Pour Bruno Rasle, coauteur de Halte au spam, les professionnels doivent suivre six règles “ de bon sens ” pour éviter de voir leurs courriers rejetés.
Il faut tout d'abord respecter la loi française (identification de l’émetteur, possibilité de désabonnement, etc.) et éviter d’utiliser une adresse IP récente pour ses envois massifs : “ Les spammeurs créent des adresses IP dont la durée de vie est de quelques heures. Toute adresse récente associée à un envoi massif est suspecte. ” Il faut également vérifier que son adresse n’est pas déjà inscrite sur une liste noire du type Spamcop ou Spamhaus.
Autant que possible, il faut utiliser une technique d’authentification, comme DomaineKeys, “ pour garantir au FAI que l’adresse d’expédition n’est pas usurpée ”. Il faut aussi éviter de présenter son envoi comme un spam et donc éviter l’ajout de Javascript dans l’en-tête ou de pièces jointes.
Enfin, Bruno Rasle conseille de soigner la qualité de son fichier. “ Pour certains FAI, ce qui compte dans les envois massifs, c'est le taux d’erreur, c’est-à-dire le nombre d’adresses destinataires fausses, explique-t-il. S’il y en a trop, ils rejettent l'e-mail en considérant que c’est un spammeur qui a généré aléatoirement ces adresses. ”
Dernier conseil : n'oubliez pas de vérifier que vos correspondants habituels ne sont pas eux-mêmes bloqués par Orange, en réception, dans le dossier Courriers indésirables de votre webmail…
















