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L'accusation est claire : “ Les syndicats n'ont pas respecté leurs engagements en spammant les boîtes aux lettres des employés. En conséquence, la direction a décidé de supprimer l'accès au site ”, explique le porte-parole de France Télécom. Ainsi depuis vendredi 22 juin, les salariés de l'opérateur ne peuvent plus accéder de leur poste de travail situé sur le réseau France Télécom au site observatoiredustress.org, lancé le mercredi 20 juin. A l'instar des sites pornographiques et de jeux en ligne, ce dernier a été blacklisté. Une action vécue comme une véritable censure par les syndicats.
En cause, un sondage mis en ligne par deux syndicats, CFE-CGC et SUD, réalisé avec la société B2D1, “ L'Observatoire du stress et des mobilités forcées à France Télécom ”. Or, selon la direction, les syndicats ont spammé les salariés. Bien évidemment, du côté des syndicats on réfute l'accusation. “ Nous avons fait de la diffusion virale, mais en aucun cas du spam, s'insurge Pierre Morville, délégué syndical central CFE-CGC. Nous n'avons pas fait d'envoi massif d'e-mails sur une liste de diffusion, ce qui est la définition du spam ! Cette censure n'est que la preuve de l'incapacité de la direction à dialoguer et à bouger. Si encore elle contestait les résultats de notre sondage, voire les questions, pourquoi pas, mais l'interdire au prétexte du spam, c'est ridicule. ”
A la tête de France Télécom, même si certains reconnaissent en “ off ” que la sanction est peut-être un peu forte, on s'arc-boute sur ses positions, empêchant toujours l'accès au site. On affirme même ne pas être opposés au questionnaire. “ La preuve en est, que nous avons laissé l'accès au site jusqu'à ce que nous nous rendions compte du spam ”, reprend le porte-parole. Depuis le jour du lancement du site, les syndicats ont recueilli plus de 2 000 réponses au sondage. Les salariés peuvent en effet toujours accéder au site, dès qu'ils sont hors du réseau de France Télécom.
En toile de fond, la suppression de 22 000 postes et la mobilité de 10 000 autres personnes (changement de fonction et/ou de localisation géographique) d'ici à 2008. Pour les syndicats, l'accompagnement proposé par la direction est insuffisant, voire inexistant, engendrant énormément de stress chez les employés. Surtout depuis la fin, en 2006, d'un plan d'accompagnement qui a duré dix ans, avec “ les congés de fin de carrière ” (CFC). “Depuis un an, nous assistons à une recrudescence des congés longue maladie ”, affirme Pierre Morville.
Censure ou pas, la CFE-CGC et SUD ne comptent pas en rester là. Ils prévoient déjà, en attendant l'adhésion des autres syndicats représentés dans l'entreprise, de lancer de nouveaux sondages sur le même sujet. “ Ils seront plus précis : ils concerneront les femmes, des types de métiers particuliers ou encore les seniors ”, détaille Pierre Morville. Ils travaillent aussi à l'ouverture d'une hot line téléphonique pour recueillir les témoignages des salariés.
De son côté, la direction affirme ne pas rester les bras ballants. Elle a lancé en mai dernier un sondage sur la direction territoriale Nord, avec pour objectif d'évaluer l'adhésion des salariés au projet d'entreprise. Aucune question ne porte directement sur le stress ressenti par les employés, mais la direction estime que les résultats seront suffisamment concluants. “ Si les salariés ont le sentiment d'être bien managés, il n'y a pas de raison qu'ils se sentent stressés. ” Dans les jours qui viennent, ce sondage devrait être étendu à l'ensemble du groupe.
















