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C'est la promotion de l'été ! Gagner 1 million de dollars (environ 734 000 euros) plutôt que 200 000 (147 000 euros), de juillet à octobre. Intéressé ? Pour accéder au jackpot il vous suffit de dénoncer à la BSA (Business Software Alliance) (1) votre entreprise, pour peu qu'elle utilise des logiciels piratés. Si, suite à votre délation, l'entreprise est condamnée, la BSA vous décernera alors une récompense, évaluée à discrétion, et allant jusqu'au million.
Évidement, cet appel à la délation est émis à partir des États-unis et ne concerne que les citoyens américains et canadiens. “ La BSA est un organisme international, mais chaque pays à son propre bureau et applique ses propres méthodes ”, explique Éric Beaurepaire, porte-parole de l'alliance en France. Si aux USA on peut fermer son plan d'épargne retraite grâce à la délation, ce n'est pas le cas partout. En Angleterre, où la délation est également encouragée, la récompense n'atteint “ que ” 10 000 livres sterling (14 800 euros), tandis qu'en Espagne, où l'on pousse aussi à la dénonciation, l'employé zélé se contentera de la satisfaction du devoir accompli.
On pourrait craindre que ce système – mis en place aux Etats-Unis depuis 2005 – finisse par séduire la France. “ Rassurez-vous, répond Eric Beaurepaire, nous n'avons aucune volonté de mettre en place ce système d'incitation à la délation en France. ” Dans l'Hexagone, il existe pourtant bel et bien un système de délation dans les entreprises. L'alerte éthique ou alerte professionnelle, acceptée par la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés) depuis 2005. Cette alerte est “ un système mis en place par un organisme privé ou public pour inciter ses employés à signaler des problèmes pouvant sérieusement affecter son activité ou engager gravement sa responsabilité ”. Et a été déployée suite aux affaires Enron et WorldCom aux Etats-Unis.
Mais le BSA hexagonal confirme, “ non seulement ce n'est pas dans la mentalité française, mais en plus, on n'est même pas sûr que ça fonctionnerait ”. Il faut dire qu'en France, avec un taux d'utilisation de logiciels pirates de 45 % (nettement supérieur à la moyenne européenne qui est de 36 %), le BSA n'a aucun mal à trouver des contrevenants.
“ Sur les 4 ans où j'ai été porte-parole du BSA, seule une des entreprises que nous avons contrôlé était en règle. Toutes les autres [au moins plusieurs dizaines, NDLR] étaient en infraction. ” Nul besoin donc pour le BSA français de s'appuyer sur la délation. L'Alliance préfère se cantonner à sa propre méthodologie qu'elle garde secrète pour identifier les entreprises potentiellement pirates. “ Certes, nous recevons des dénonciations, mais en général, nous n'en tenons pas compte ”, assure le porte-parole.
(1) La Business Software Alliance est composée en France de Adobe, Apple, Autodesk, Avanquest, AttachmateWRQ, Avid, Bentley Systems, Microsoft, Monotype, Robobat, Staff & Line, Symantec, UGS.
















