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Créér sa start-up : l'idée
Monter votre entreprise high-tech vous titille. Les bonnes questions, les erreurs habituelles, les structures d'accompagnement, 01net. vous dit tout en cinq volets. Cette semaine, que faire de son idée ?
Capacité à se remettre en cause et ouverture d'esprit : on pourrait ainsi résumer les deux principales qualités nécessaires à un candidat à la création d'entreprise. Encore plus dans le milieu technologique, où les créateurs sont très souvent des scientifiques qui ont peaufiné leur propre technologie pendant des années.
La première des choses à faire si vous avez un projet de création en tête est de vous confronter à la réalité de votre marché supposé. « Le principal problème d'un créateur d'entreprise technologique réside dans l'opportunité de marché. C'est un point de passage où de nombreux projets peuvent chuter. Il faut combiner deux dimensions, qui pourraient être ainsi formulées : "J'ai la meilleure techno du monde," d'un côté. Et "J'ai identifié une demande non satisfaite ou mal satisfaite," de l'autre. La réponse à la question "Dois-je créer mon entreprise" se trouve entre les deux » résume Frédéric Iselin, directeur de HEC Start up.
Afin de ne pas partir sur des bases aléatoires, rencontrez très en amont quelques experts de votre marché. Leur avis vous éclairera sur la validité marketing de votre approche et vous poussera parfois à réviser votre projet.
Admettre la possibilité d'un échec
Ce premier palier est le tout-début de votre transformation en entrepreneur. Il va vous falloir ensuite vous rendre compte que vous êtes vous-même en gestation ! Et d'abord de savoir si vous avez l'étoffe d'un chef d'entreprise, car il s'agit de ne pas faire n'importe quoi&
Dans le dossier de candidature de HEC Start up, une question porte sur la vision que l'on a de l'échec. « Si un candidat nous répond que l'échec n'est pas une option car son conjoint ne lui pardonnerait pas, c'est une réponse éliminatoire, explique Frédéric Iselin. Car notre objectif est d'éviter les 3D du créateur : dépôt de bilan, dépression et divorce. »
La meilleure manière de réussir est de vous faire aider ! La France offre de très nombreuses structures d'accompagnement. Pépinières, incubateurs, technopoles, chambres de commerce : vous avez le choix et cela vous apportera beaucoup. Car il est difficile en quelques mois de réussir à manager, gérer, financer, ou protéger son projet.
Savoir prendre son temps
Enfin, soyez prévenus de l'erreur que commettent presque 100 % des créateurs : « Ils sous-estiment de manière cruciale le temps qu'il leur faudra. En général on multiplie par trois, sourit Frédéric Iselin. Ils feront en 1 an ce qu'ils pensaient faire en 3 mois. » Avis aux amateurs !
Cette dimension n'est pas à négliger, car une entreprise cela se prépare, et parfois pendant plusieurs années. La solution personnelle la plus confortable, même si cela n'est pas politiquement correct, est d'être un chômeur créateur. « J'assume complétement le fait d'avoir été au chômage pour pouvoir lancer mon entreprise, et j'en suis même fier. Vivre des deniers de la République pour créer ensuite des emplois, 13 aujourd'hui, cela me semble tout à fait honorable, commente Edouard Ducray, le DG de Locafilm. Car bien souvent, pendant 2 ou 3 ans, vous ne touchez pas un seul euro de votre projet. »
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DPCI : 10 ans de maturation, 2 ans de genèse
« J'ai sollicité assez vite la région Bretagne et je me suis dirigé vers l'incubateur Rennes Atalante. Je peux vous assurer que, sans eux, le projet n'existerait pas et n'aurait même pas pu démarrer ! » Malgré son niveau d'expérience, Georges Ravet, à 51 ans, a vite compris l'importance de se faire accompagner.
Après une carrière au sein d'un grand établissement bancaire, il décide de monter son propre business, sur la base d'une réflexion technique qu'il mène depuis des années. Son logiciel, DPCIA, permet de coordonner et d'unifier les démarches d'audit au sein des entreprises. Lui-même était auditeur certifié en systèmes d'information et ne disposait pour son activité d'aucun outil adéquat.
Fin 2004, Georges Ravet a la possibilité de quitter son poste et se met à préparer son projet. « J'ai travaillé énormément sur l'application. En avril 2006, je disposais déjà d'un prototype de bonne qualité que j'ai pu montrer au patron de la sécurité de Microsoft. Sa réaction a confirmé définitivement le projet et j'ai commencé à préparer la structure. » Sa société, DPCI, a ensuite vu le jour en février 2007.
Malgré l'investissement personnel qu'il a mis dans ce projet - il a vendu son appartement pour créer cette entreprise - Georges Ravet reste serein. « C'est l'aboutissement d'un long travail personnel, cette création. Mais en étant bien accompagné, c'est plus facile : on bénéficie de nombreux conseils pour dénicher des aides financières ou trouver des prestataires. On devient alors peu à peu patron. »
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