| | Créer sa start-up : la technologie
Avoir une idée géniale ne suffit pas, il faut aussi savoir la développer. Attention à ne pas partir dans une mauvaise direction en confiant sa réalisation à des « mauvaises mains ».
En tant que porteur de projet, on est parfois persuadé d'avoir inventé la meilleure technologie du monde. Mais avez-vous réellement vérifié qu'elle n'existait pas déjà ? « La veille technologique est indispensable et parfois sous-évaluée, met en garde Guy Dadou, président du réseau Bretagne Entreprendre. Il n'est pas facile de vérifier l'état des évolutions technologiques au niveau mondial, si bien qu'il vaut mieux s'adresser à des spécialistes de la veille. » D'autres aspects de votre développement technologique vont devoir faire appel à des experts, pour le dépôt de brevet, par exemple. Avant de vous lancer dans cette démarche, vérifiez qu'elle est bien nécessaire - il est inutile, parfois, de déposer une technologie simple, alors que c'est le gain de grands clients qui vous permettra de convaincre votre marché - et adressez-vous à des cabinets spécialisés. Pour dénicher ces spécialistes qui vous manquent, le mieux est encore de vous faire accompagner par des pros, rompus à la création d'entreprises technologiques : Oséo Anvar, les réseaux d'entrepreneurs, les technopoles et pépinières de votre région peuvent vous conseiller très en amont.
Garder la maîtrise technologique
Ce développement technologique va, dès le début, peser lourd dans votre budget. « Nous sommes 160 aujourd'hui, dont 80 personnes dédiées à la technique, témoigne Pierre Kosciusko-Morizet, le PDG de PriceMinister. Dès le départ, nous avons choisi de tout faire en interne, car nous savions que nous aurions besoin en permanence de faire évoluer notre site et ses fonctionnalités. Seul l'hébergement, qui est un métier très spécifique, a été externalisé. » Faut-il ou non confier certaines tâches à l'extérieur pour gagner du temps ? Si vous avez besoin de compétences pointues dont vous ne disposez pas, ou encore si vous êtes un créateur multirécidiviste et que le management à distance n'a plus de secret pour vous, vous pouvez penser à cette solution. Dans tous les autres cas, vous risquez au final de perdre du temps et de l'énergie. Avec l'offshore, il est encore moins évident, distance oblige, de garder la main sur le projet. « L'offshore est une solution adaptée à des projets longs, précis, bien documentés, et qui n'interagissent pas trop avec des projets en cours. Nous avions pensé y faire appel, mais cela ne s'est pas fait pour ne pas risquer de perdre la main et parce que l'économie n'était pas si énorme que cela - de l'ordre de 30 à 40 % » , explique Pierre Kosciusko-Morizet. Un dernier conseil, qui peut paraître choquant : si votre objectif est bien sûr de concevoir une technologie de bonne qualité, il n'est pas nécessaire qu'elle soit « trop » bonne ! L'essentiel est surtout qu'elle soit adaptée aux attentes de vos clients. Xavier Liard a cofondé en février dernier Dotemu, une société dont la solution permet de faire migrer les jeux des années 80/90 sur les supports actuels, PC, Web ou téléphone. « Notre formation technique nous faisait trop mettre l'accent sur la technologie, remarque-t-il. Maintenant, nous avons compris que le principal est d'avoir un business modèle viable et un produit en adéquation avec le marché. »
 | | Airtag : le coût de la techno
« Nous avons dû investir de l'ordre de 60 à 100 000 ¬ pour commencer le démarrage de la R&D » : gourmand en cash, le développement technique se situe au cSur du projet d'Airtag, une entreprise créée en mars 2006 et spécialisée dans la technologie sans contact NFC appliquée aux mobiles. Cette jeune start-up, incubée par Telecom Paris, vient de lever 2 M¬ auprès de Seventure Partners, en partie justement pour assumer ses dépenses en recherche. « Aujourd'hui, nous sommes 8 dans l'entreprise, dont 5 profils techniques. Et, typiquement, 70 à 80 % de notre budget de l'année va être consacré à de la R&D, explique Cyril Porteret, cofondateur d'Airtag. Je pense qu'ensuite les budgets vont se rééquilibrer, mais nous en sommes au tout-début de la commercialisation. » Ce profil d'entreprise innovante, qui se différencie de ses concurrentes par sa technologie, demande le dépôt de brevets, réalisé avec l'aide d'un conseil en propriété industrielle. « Nous avons déposé un brevet sur le marché français et européen, et nous réfléchissons à une extension au niveau mondial. » Cyril Porteret, directeur technique du projet, a validé toutes les bases de la solution. « 90 % environ de notre technologie a été réalisé en interne. Le reste concerne des développements particuliers, comme du hardware, pour concevoir des lecteurs pour des magasins. » | |  | | | |