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Hier, mercredi 1er août, les 1900 employés des trois centres d'appels de SFR Service clients de Lyon, de Poitiers et de Toulouse ont été transférés officiellement chez leurs nouveaux employeurs. Les sites de Lyon et Toulouse ont donc rejoint le sous-traitant Infomobiles, filiale de la société spécialisée Teleperformance, côtée sur Euronext Paris (RCF). Le site de Poitiers, quant à lui, est désormais aux mains d'Arvato Services, filiale du groupe allemand Bertelsmann.
Après de nombreux rebondissements et malgré un long bras de fer entre la direction et les syndicats et salariés, le passage de relais a bien eu lieu conformément au calendrier voulu par la direction de l'opérateur depuis le début du conflit. Mais cela n'a pas été sans traumatisme.
Même si une grande partie des salariés sont en vacances à cette période de l'année, le mouvement de contestation s'est poursuivi hier sur les trois sites. Environ 80 salariés du centre de Poitiers ont organisé un “ cortège funèbre ” de protestation. Vêtus de noir, les manifestants portaient un cercueil et une couronne sur laquelle était écrit “ A la mémoire des 1900 ”. A Lyon, un préavis de grève avait été déposé pour la journée et, selon les syndicats, “ les trois quarts des salariés sont rentrés chez eux ”. “ Les nouveaux responsables du site ont déjà sanctionné ceux qui n'était pas là hier pour absence non autorisée ”, révèle Sandrine Michaud, délégué syndical CGT sur le site.
A Toulouse, là où le mouvement de contestation est le plus actif, une soixantaine de grévistes bloquent depuis hier les deux accès au site, empêchant tout salarié de passer. “ Nous nous sommes réunis ce matin en assemblée générale et nous avons décidé de reconduire le mouvement de grève générale. Nous avons eu la confirmation que nous n'allions plus avoir SFR comme unique client ”, indique Marie Antonia Rathqueber, délégué syndical CGT, intermédiaire pour les deux sites de Lyon et de Toulouse repris par Infomobiles.
Les syndicats réclament avant tout le respect de la procédure concernant la mise en place d'un nouveau statut pour les collaborateurs de SFR devenus salariés d'Infomobiles. “ Nous sommes encore régis par nos anciens accords avec SFR. Infomobiles ne compte que 108 employés et avec nous ils sont en train d'apprendre le dialogue social. Leurs accords sur le dialogue social ne fait que 2 pages, les nôtres en compte 74. Nous ne voulons pas être nivelés par le bas mais par le haut ”, argumente Marie Antonia Rathqueber.
La reprise par Teleperformance a été très rude. “ Ils ont supprimé entièrement nos boîtes e-mails personnelles et ne comptent pas nous en redonner une nouvelle. Ils ne considèrent pas l'e-mail comme un outil de travail ”, s'indigne Marie Antonia Rathqueber. Et selon une syndicaliste interrogée par l'AFP, “ ils ont placardé leurs affiches partout, mis leurs plaquettes, leur logo sur nos écrans d'ordinateur ”. Depuis que la direction de SFR a annoncé l'externalisation de ses trois principaux centres, les syndicats redoutent une perte de salaire de 40 % et une dégradation des conditions de travail. Une salariée de Poitiers a même tenté de se suicider, le 22 juillet dernier, ayant appris que les murs de chaque site avaient été cédés pour un euro symbolique.
De leur côté, les repreneurs se sont engagés à conserver les effectifs des trois sites pendant au moins trois ans. SFR a mis en place des mesures d'accompagnement : une prime de 3 500 euros et une formation pour les salariés voulant partir ont été négociées avec deux syndicats, FO et la CFE-CGC.
















