| | Créer sa start-up : les finances
Question argent, un seul objectif : ne vous mettez pas en péril personnellement ! Crédits, concours, business angels& les aides sont multiples.
« Il y a deux conseils clés : ne jamais se porter caution et ne jamais rester seul. Les réseaux comme Entreprendre, les Boutiques de gestion ou encore France Initiative Réseau, ne sont pas à négliger », assure Eric Verkant, directeur régional adjoint d'Oseo Ile-de-France Est. Et si cet expert de la création martèle ces conseils, c'est que les porteurs de projets tardent souvent : « Il faut venir très en amont pour anticiper aussi les délais de financement. » Voici donc une nouvelle tâche : assurer vos finances et vos arrières. « En n'oubliant pas l'algorithme de base : évaluer ses besoins en ressources et tout multiplier par deux ! C'est ainsi que cela se passe dans la vraie vie », lance Alain Villenave, fondateur de Goopes.com et, avec cinq créations à son actif, entrepreneur en série. Avant même la constitution de l'entreprise, vous pouvez obtenir des subventions pour des études de faisabilité auprès d'Oseo, de votre Région ou de la CCI, par exemple. Et si le numéro de Siren de votre société vous est déjà attribué, demandez à votre banque un PCE, un prêt à la création d'entreprise. Compris entre 2 000 et 7 000 euros, celui-ci complète obligatoirement un prêt bancaire classique. Il s'agit d'un prêt sans garantie ni caution personnelle et qui bénéficie surtout d'une garantie Oseo - une garantie qui peut parfois s'appliquer en partie au prêt associé. En se portant caution à votre place, Oseo peut assouplir la rigidité des banques.
L'importance des concours
Avant le dépôt des statuts de votre société, si vous n'êtes pas chômeur créateur, vous pourrez avoir accès à des aides, comme le remboursement partiel de votre salaire de créateur, parfois proposé par Oseo. Par ailleurs, ne sous-estimez pas l'importance des concours. Pour participer à celui du ministère de la Recherche, le Concours national d'aide à la création d'entreprises de technologies innovantes, l'entreprise ne doit pas être créée. L'aide accordée aux lauréats est importante : à hauteur de 70 % du montant des frais nécessaires à la maturation du projet. Ou jusqu'à 50 % du programme d'innovation si le projet est plus avancé. D'autres démarches très importantes vous aideront pour la suite de votre projet, comme l'obtention du statut de Jeune entreprise innovante. Il donne aux sociétés engageant au moins 15 % de leurs dépenses en R&D des avantages intéressants, comme un allégement des charges patronales sur les salaires des ingénieurs.
Les moyens de se développer
Enfin, pensez aux business angels, ces privés qui acceptent d'investir dès le tout début d'un projet en contrepartie d'une part du capital. « Souvent, les créateurs ont peur de la dilution de leur capital. Pourtant dans la gestion future de leur croissance, il faut se dire que cela est possible. Car il ne faut pas arriver sur le marché sans être capable de se développer », note Erik Verkant. Le deal portera là sur des montants moyens, jusqu'à 100 000 euros. Mais l'apport d'un business angel n'est pas uniquement financier, il vous ouvrira aussi son précieux carnet d'adresses.
 | | Locafilm : de l'art de séduire les banques
« Ce qui a toujours dirigé mes choix financiers ? Ne pas être caution auprès des banques ! » Edouard Ducray, le PDG de Locafilm ne mâche pas ses mots. Après avoir fondé, en 1998, la régie publicitaire Comclick, il a fondé, en 2003, Locafilm, spécialiste de la location de DVD en ligne. Lors de sa première création, il est allé frapper à la porte de sa banque, qui par méconnaissance de l'Internet, lui a refusé de l'aide. « Le plus drôle c'est que, lorsque j'ai monté Locafilm, avec en poche le chèque de la revente de Comclick à HiMedia, je suis retourné voir ma banque, elle a refusé de nouveau ! J'en conclus que les banquiers ne sont pas équipés pour accompagner les chefs d'entreprise. Sauf à hypothéquer votre conjoint, votre voiture et vos enfants. » Pour la préparation de Locafilm, Edouard Ducray était alors au chômage. « Quand on créé une société, il faut surtout négocier son départ et ne jamais démissionner. Il faut vous dire que pendant deux à trois ans vous ne gagnerez rien. » Ensuite, le projet a obtenu plusieurs prêts : deux de la Région pour un total de 58 000 euros, un délivré par une grande entreprise d'un montant de 35 000 euros et un prêt bancaire de 50 000 euros, pour lequel les cofondateurs étaient tout de même caution, à hauteur de 30 % du montant. Et maintenant que l'entreprise tourne, avec 2 millions d'euros de CA (2007) et 500 000 euros de résultat net, la seconde phase va être lancée : lever quelque 4 à 5 millions d'euros pour financer son expansion. | |  | | | |