Le logiciel qui valait 5 milliards
Selon Gartner, la fourniture en ligne de logiciels en mode locatif représente un important gisement de revenu. La plupart des grands éditeurs peaufinent leur offre.
01net.
le 31/08/07 à 00h00
Le marché du SaaS (Software as a Service) n'est plus une niche. Selon Gartner, il dépassera cette année les 5,1 milliards de dollars de chiffre d'affaires au niveau mondial - soit une progression de 21 % par rapport à 2006.
Désormais, les grands éditeurs s'en emparent et multiplient les initiatives majeures, à l'instar de la future Microsoft Services Platform, d'Oracle On Demand, de Salesforce SOA, ou encore de l'offre de services hébergés A1S, de SAP.
Avancée au 19 septembre, la présentation d'A1S détaillera d'ailleurs les contours de l'application de gestion pour PME, en test dans une cinquantaine d'entreprises. ' Nous ciblons essentiellement les
comptes de 50 à 100 utilisateurs ', précise Jacques Libeyre, directeur des opérations avant vente de SAP France. Un exercice délicat pour le groupe allemand qui attend beaucoup de cet investissement de plus de 500 millions de
dollars, censé ne pas cannibaliser sa base installée All in One et Business One. Jusqu'ici limitée à une offre de gestion de la relation client (GRC), d'e-sourcing et de gestion de ressources humaines (GRH [en BPO]), son offre SaaS s'étendra ainsi
aux fonctions classiques d'un PGI (gestion commerciale, production, finance...), à la chaîne logistique et au décisionnel.
Une manière d'emboîter le pas à des éditeurs plus nationaux, comme Cegid qui bénéficie déjà d'une longue expérience de l'ASP en GRH, comptabilité ou GRC. L'éditeur lyonnais traite ainsi quelque 170 000 bulletins* de paie par an
(4 euros par mois par bulletin), fournit les experts-comptables de 3 500 TPE (10 à 30 euros mensuels par TPE) et gère 350 points de ventes pour une dizaine d'enseignes (à partir de 99 euros par mois par point de vente). Et si les PME
représentent encore le secteur de prédilection, les grandes entreprises, souvent réticentes aux offres de SaaS, se laissent peu à peu séduire par des applications très spécifiques, comme la gestion des immobilisations ou la fiscalité.
Globalement, l'offre en ligne de Cegid a progressé de 30 % en 2006, pour atteindre 11 millions d'euros de chiffre d'affaires, quand les ventes de licences et les services d'intégration se contentaient de 11 % de croissance
(93 millions d'euros).
Les outils de conférence web en vedette
Bien sûr, les applications d'entreprise ne bénéficient pas toutes du même engouement. Gartner souligne le succès de l'approche SaaS pour les solutions de conférence web (75 % des ventes), d'e-learning (60 %), de travail
collaboratif (45 %), ou de GRC (de 10 à 24 % des ventes selon le segment de marché considéré).
Cependant, pour les PGI, les résultats varient fortement selon les fonctions considérées (17 % des ventes pour la GRH contre 1,4 % pour la production). Enfin, la rapidité de déploiement, comme la facilité d'utilisation et
d'administration, convaincront d'abord les PME dont l'infrastructure et les ressources ne sont pas toujours adaptées à tout autre type de déploiement, ou dont les besoins sont difficiles à anticiper.
* Et non 17 000 bulletins, comme une faute de frappe nous l'avait fait écrire précédemment
Le Saas en bref
Il s'agit de mettre à disposition en ligne des logiciels, hébergés et administrés par des fournisseurs.
Ce service est commercialisé par abonnement et tarifé à l'usage.
Il se différencie du simple hébergement et de linfogérance.