Réserver le billet d'avion. La nouvelle recrue marocaine sera bien occupée avant de quitter son pays. Autant lui faciliter la vie.
Assurer l'accueil à l'aéroport. Débarquer dans un pays pour s'y installer est un peu déboussolant. Il est toujours agréable d'être aidé en arrivant.
?"ter le souci du logement. Contacter une agence immobilière avant l'arrivée du collaborateur. Celui-ci doit pouvoir visiter plusieurs logements. Prévoir des garanties. Par exemple, une lettre de l'employeur précisant
qu'il s'agit bien d'une embauche sérieuse, en CDI.
Réserver un hôtel. En attendant de trouver une location, l'entreprise prend à sa charge quelques nuits d'hôtel, près du lieu de travail si possible.
Présenter le nouvel arrivant à l'ensemble de ses collègues. Ne le laissez pas livré à lui-même. C'est désastreux en terme d'image. Son manager doit prendre le temps d'effectuer le tour des bureaux pour lui faire
rencontrer ses futurs collègues et ses responsables RH.
Désigner un responsable RH pour accompagner la recrue. Il peut s'avérer très utile d'identifier un seul interlocuteur, auquel le nouvel arrivant puisse se référer en cas de besoin.
Être à l'écoute. Le responsable RH prend en charge, gère et suit de près le dossier administratif du collaborateur. Il l'accompagne dans toutes ses démarches : de l'obtention du visa à celle du titre
de séjour, en passant par l'inscription à la sécurité sociale.
Aider le nouvel arrivant à ouvrir un compte bancaire. Encore mieux : lui fixer un rendez-vous avec un conseiller financier. Même s'il n'existe pas de différence fondamentale avec le Maroc, il est
appréciable de connaître un maximum de détails sur les différents produits financiers (chéquier, carte Bleue, crédits, etc.) pour mieux se les approprier.
Envisager éventuellement des formations pour combler un manque de compétences ou confronter les acquis du pays d'origine aux habitudes du pays d'accueil.
Jamal El Moutaoukil, 27 ans, est architecte J2EE au sein du groupe One Point.
Au Maroc, je travaillais dans une société de services informatiques, filiale d'un groupe français. J'ai eu envie de partir pour évoluer. Je me sentais proche de la France. La langue n'était pas un obstacle, et j'ai pensé que je m'adapterais facilement. Après avoir envoyé mon CV à One Point, j'ai passé un entretien classique, durant lequel ils ont testé mes motivations et, par écrit, mes connaissances en JEE. Pour moi, il était primordial de partir sur de bonnes bases.
Quand je suis arrivé à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, un taxi m'attendait et l'hôtel était réservé. J'ai même reçu un coup de fil de la responsable des ressources humaines. J'ai beaucoup apprécié ! Ce qui m'a le plus impressionné, c'est que la société a respecté ses engagements. Toutes les démarches administratives ?" titre de séjour, sécurité sociale, etc. ?" avaient été prises en charge. Pour l'ouverture du compte bancaire, seule ma signature manquait. Et j'ai tout de suite obtenu un téléphone portable. Du Maroc, je ne réalisais pas à quel point ces tâches étaient contraignantes.
Dans le cadre de mes projets, je travaille aujourd'hui presque intégralement avec les technologies Web 2.0 ?" ce n'était pas le cas au Maroc. J'ai donc approfondi mes connaissances dans ce domaine. Même si j'ai laissé une vie derrière moi, j'ai réussi à nouer des liens d'amitié avec des collègues. J'ai juste un peu de mal avec les transports en commun. Le métro tous les jours, c'est l'enfer ! Et pour un musulman, il n'est pas forcément facile de trouver une mosquée près de son travail ou de manger dans n'importe quel restaurant.
Parcours
Nicolas Plé, manager technique chez Ippon Technologie, recrute de jeunes ingénieurs marocains pour la filiale à Casablanca.
' Un bon bagage technique '
' Les ingénieurs marocains sont bien formés aux technologies de pointe dans leurs écoles. Un peu moins sur ce qui touche au management et aux ressources humaines. Ils commencent seulement à réfléchir à la culture
d'entreprise ou au comportement de l'ingénieur, par exemple. '
' Moins de stages qu'en France '
' Leur cursus ne prévoit qu'un seul stage de six mois. Il faut donc les aider à gagner en autonomie et les assister dans des tâches quotidiennes. En leur apprenant, par exemple, à rédiger un e-mail pour un client en
utilisant le vouvoiement, peu usité au Maroc. '
' Un manque de pratique '
' En matière de gestion de projets, ils ont de bonnes connaissances théoriques. Mais dans la pratique, la mise en ?"uvre s'avère plus compliquée. Pour l'instant, ils ne sont pas aussi productifs qu'en France.
Léquilibre devrait cependant se rétablir. '

