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La maîtrise des coûts à l'épreuve du terrain

Réduire les coûts de l'informatique, ou au moins les contenir, demeure une préoccupation constante des entreprises. Mais le passage de la théorie à la réalité peut révéler des chausse-trappes ou au contraire des gains inattendus.

Comment alléger sa facture informatique ? Pour les entreprises, une réponse consiste à adopter des plates-formes techniques de dernière génération. Mais, le diable se nichant souvent dans les détails, une migration vers de nouveaux systèmes doit être anticipée dans tous ses aspects : coûts des équipements, des licences et de la maintenance, performances, indépendance vis-à-vis des fournisseurs, évolutivité, formation, hébergement, etc. La démarche est d'importance, car un gros tiers des dépenses informatiques va à l'achat de matériels (serveurs, stockage, PC, réseaux) ou de logiciels. Et, en ce qui concerne les PME, les serveurs, le stockage ainsi que les plans de reprise d'activité (PRA) arrivent en tête de la liste de leurs courses. Dans ce cadre, le cabinet d'études Gartner, qui a rassemblé les vingt-cinq remèdes les plus connus en matière d'économies, cite le recours à la virtualisation, que ce soit des serveurs ou du stockage (remède numéro 11), ou à l'open source (remède numéro 14). Sur le terrain, cela nécessite quelques précautions.
Exemple avec la virtualisation, qui est désormais employée pour les applications critiques, et plus seulement pour les tests ou l'infrastructure. Elle a été retenue par Alert Services, filiale de la société Securitas, chargée de la télésurveillance 24 heures sur 24 de sites sensibles, et qui emploie 280 personnes. D'un centre informatique en fin de vie, le responsable des réseaux, Fabrice Gares, vient de basculer sur un système compact et évolutif rénové : serveurs en lames, processeurs x86 quadric?"urs, virtualisation de serveurs par VMware et du stockage par DataCore Software. Chaque composant se justifie. Les serveurs en lames ? ' Ils réduisent l'encombrement, répond le responsable des réseaux. Notre salle informatique était saturée. ' La virtualisation sous VMware ? ' Grâce à elle, on installe plus d'applications sur une même machine, qui sinon resterait sous-utilisée. On gagne aussi en disponibilité avec des fonctions de reprise à la volée. ' La virtualisation par DataCore ? ' Elle permet de rester indépendant des fournisseurs de baies, et d'utiliser des disques moins coûteux. Elle sert aussi à bâtir un PRA sur un site distant, que nous mettrons en service en septembre, par réplication asynchrone, via des liens télécoms MPLS à 4 Mbit/s. Enfin, nous utilisons de l'iSCSI pour accéder au stockage, et non le fibre channel, plus cher. '

Plus d'agilité avec la virtualisation

Mais cette virtualisation a un coût. Afin de boucler son budget, Fabrice Gares a dû calculer au plus juste. ' J'ai consolidé plusieurs projets indépendants. ' La tarification pratiquée sur Windows a permis de placer plusieurs serveurs à moindre coût sur une même machine physique via des machines virtuelles, contribuant à rembourser les onéreuses licences VMware. Au final, sur un projet de 70 000 euros, le surcoût lié à VMware est de 10 000 euros, auxquels s'ajoutent 8 500 euros pour la virtualisation du stockage. ' Désormais, nous pouvons déployer de nouvelles applications à coût nul sur cette infrastructure. Nous gagnons aussi en agilité. Il ne faut que vingt minutes pour installer un serveur ', poursuit le responsable. Autre point important : lors de cette migration, Alert Services s'est appuyé sur l'intégrateur Ozitem. ' Sinon, nous ne nous serions jamais lancés dans la virtualisation du stockage et sur l'iSCSI, reconnaît Fabrice Gares. Notre intégrateur s'est engagé sur le résultat. ' Les intégrateurs et le conseil devraient de fait peser plus lourd dans les budgets des entreprises.

Attention à l'étiquette open source !

Autre remède : l'open source. ' La réduction des coûts reste le premier moteur de son adoption ', précise Boris Auché, directeur de l'offre open source de Bull. Cette approche quitte le seul domaine des infrastructures ou des sites web pour pénétrer celui des applications métiers, de J2EE, avec Jonas ou JBoss, aux PGI tels que Tiny ERP ou Compiere, en passant par les ETL avec Talend, ou via son usage dans des développements grâce à Eclipse. Mais tout ce qui est étiqueté open source n'est pas synonyme d'économies. L'expérience du groupe Lapeyre, spécialiste de la menuiserie et de la cuisine, est instructive. Le groupe migre ses applications métiers depuis un serveur J2EE commercial vers JBoss, pour deux cents serveurs en tout. Or, depuis le rachat de JBoss par Red Hat, le code source est certes toujours fourni au client, mais le prix du support est devenu aussi élevé que celui d'un serveur J2EE du commerce. Situation similaire pour les bases Oracle de Lapeyre, basculées sous Linux : l'éditeur impose une version de Linux Red Hat, au support également coûteux. Comment, pour JBoss, résoudre cette nouvelle équation ? On peut soit négocier les prix, soit opter pour un support alternatif comme en fournissent Bull ou Linagora, ou retenir un autre serveur J2EE open source, tels Geronimo ou Jonas, mais qui seraient moins aboutis, au dire de certains experts. On peut enfin acquérir les compétences afin de maintenir l'application soi-même, épaulé par la communauté des développeurs. ' Nous investissons dans les hommes, on gagne ainsi en indépendance ', affirme Laurent Rousset, directeur des projets chez Lapeyre. Mais l'open source reste malgré tout un vrai briseur de coûts, ' par exemple, pour du reporting si on utilise Jasper ', relève-t-il.
Reste un dernier point : l'évolution des systèmes d'information vers les architectures de services ou SOA. Une charge importante en informatique vient de l'intégration entre systèmes hétérogènes, que ce soit en interne ou vers l'extérieur. Une difficulté qui est ciblée par la SOA. Il ne s'agit alors pas tant de réduire les coûts que de gagner en rapidité de développement et en souplesse. Mais à partir d'un certain taux de mutualisation, les économies sont au rendez-vous. ' Une telle démarche convient à la commercialisation via plusieurs partenaires d'un même service métier ', avance Marc Boullier, expert SOA chez Vistali. ' Elle nécessite la mise en place d'une gouvernance informatique ', ajoute David Alia, consultant chez Octo Technology, qui reste toutefois prudent en termes de réduction des coûts. De fait, chez CNP Assurances, le DSI, Phat Chua Lim, estime qu'il ' lui faut encore promouvoir cette architecture auprès de ses partenaires distributeurs '. Il donne accès à ses services métiers de commercialisation de produits d'assurance-vie ou d'assurance emprunteur, via des services web aux Caisses d'Épargne, à la Banque Postale, à la MGEN, ou au Crédit Agricole. Mais il considère qu'il n'y a pas encore assez de réutilisation de ces services métiers. En revanche, Jérôme Bourreau, DSI de Voyages-sncf.com, estime que ' malgré un investissement assez lourd, on s'y retrouve plutôt facilement sous deux ans, principalement grâce à la réutilisation et à la réduction des coûts de test et de maintenance '. Il a mis en place de la SOA pour découper les services métiers ferroviaires. Lorsqu'Eurostar crée, par exemple, de nouveaux tarifs, les développements sont effectués une seule fois dans les couches métiers, et il n'y a plus qu'à adapter la couche de présentation des sites eurostar.com, voyages-sncf.com, ou des outils de réservation des agences de voyages, afin de mettre en avant ces nouveaux tarifs.

Une meilleure qualité de service

Le satisfecit est le même chez Lapeyre pour des applications internes : ' Nous avons mis en place une urbanisation de l'information, explique Laurent Rousset. On gagne en mutualisation et en réutilisation, et en centralisant l'administration des flux. ' L'architecture de services s'appuie sur un bus WebMethods. Lapeyre utilise les standards du domaine (JMS ou EJB) afin d'interconnecter ses applications en interne. Les appels vers l'extérieur, en revanche, utilisent les services web, aptes à passer les pare-feu, mais moins performants. L'usage du bus WebMethods permet de découpler les applications entre elles. ' Sinon, quand on fait évoluer une interface, il faut faire évoluer toutes les applications qui l'utilisent ', explique-t-on chez Lapeyre. WebMethods possède une console d'administration centralisée qui suit l'ensemble des flux. Vingt applications et soixante-huit échanges sont gérés. La qualité de service est améliorée et les délais dinterfaçage raccourcis.

Les 25 conseils du Gartner pour maîtriser les coûts

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Le Gartner a listé les vingt-cinq techniques des DSI pour réaliser des économies à court et long terme.

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