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La facture télécoms face à l'intégration voix-données

Difficile de mesurer l'impact de la convergence sur la facture télécoms des entreprises, tant les consultants et les utilisateurs ne sont pas toujours d'accord entre eux. Seule certitude, la baisse de la facture globale se confirme.

À l'heure des opérateurs intégrés et des services dits convergents, quel est l'impact sur les budgets télécoms des entreprises ? La réponse ne coule pas de source. Optimiste, une récente analyse de Forrester Research évalue à 1,7 milliard d'euros l'économie potentielle des entreprises françaises en matière de convergence et de basculement vers le tout-IP, soit 19 % d'une dépense annuelle globale de 8,9 milliards d'euros. Un pourcentage similaire est atteint en Grande-Bretagne et en Allemagne. Une analyse que certains observateurs relativisent. ' La qualité de service est, avant le prix, le premier critère de choix d'un opérateur ', souligne Pierre Audoin Consultants (PAC) dans son étude sur les dépenses télécoms en France. Or, le principal handicap de l'IP ne réside-t-il pas dans une qualité de service réputée inférieure à celle de la téléphonie traditionnelle ?

Des avis partagés

Pour sa part, Hervé Touati, responsable télécoms et réseaux de l'ANPE, qui gère un budget annuel de 25 millions d'euros, relève que ' l'on est forcément sensible aux coûts, surtout lorsqu'on fonctionne à budget constant. Mais il faut distinguer entre le " moins cher " et le " mieux-disant ", en particulier en termes de qualité de service '. Il a ainsi récemment reconduit un important contrat avec France Télécom, alors que l'opérateur historique n'était pas le moins cher. Quant aux bénéfices réels de la convergence et du tout-IP, ils le laissent relativement sceptique. ' Tant qu'il n'y a pas de nécessité majeure, je ne suis pas partisan du big-bang, nécessairement coûteux en investissements. Même si, à terme, on n'aura pas d'autre choix que la voix sur IP. Mieux vaut procéder par étapes ', admet Hervé Touati. D'autre part, certains arguments (prix des téléphones IP, exigences de disponibilité, donc de sécurisation électrique) reviennent de manière récurrente chez les utilisateurs. ' Tout cela risque de tirer les prix vers le haut ', souligne l'un d'entre eux.
Thierry Miléo, vice-président télécoms et média d'Atos Origin, ne partage pas cette analyse. ' Il faut bien voir que l'activité données des opérateurs recule et que les nouveaux services ne compensent pas l'érosion des services traditionnels, commente-t-il. Quant aux entreprises multisites ayant de gros volumes de trafic, il est évident que l'adoption d'IP en matière de transport a un impact significatif sur les coûts, et que les services unifiés voix-données, tout comme les VPN-IP, font baisser la facture télécoms. ' Quant aux investissements liés à la convergence et malgré les promesses des fournisseurs (Cisco, Nortel/Microsoft), il préconise la progressivité. ' Vu d'un constructeur, le retour sur investissement est toujours intéressant ', ironise-t-il.

Le défi de la convergence fixe-mobile

Dernier défi, la convergence fixe-mobile. ' Elle comporte deux écueils : l'instabilité des terminaux Wi-Fi/GSM et les prix élevés du cellulaire en matière d'itinérance internationale, affirme Juliette Audoin, consultante chez PAC. Pour une entreprise ayant adopté une offre de téléphonie fixe-mobile intégrée et dont les collaborateurs se déplacent à l'étranger, la marge des opérateurs se fait sur l'itinérance. ' Signalons à cet égard que les dépenses mondiales en télécoms mobiles, toujours en croissance, sont supérieures aux télécoms fixes (732 milliards de dollars en 2007 contre 668 milliards pour les services fixes, selon Gartner).

Les coûts de la téléphonie fixe en chute libre

Selon le cabinet Gartner, la facture télécoms des entreprises françaises devrait, hors cellulaire, baisser de 3,4 % par an sur la période 2005-2011, soit 1,8 milliard d'euros d'économie, pour atteindre 7,7 milliards. Une tendance qui reflète cependant d'importantes disparités : sans surprise, la dépense en voix commutée est en chute libre (? 8,7 % par an), les coûts en services de données diminuent (? 3,2 %), tandis que les services internet progressent (+ 8,8 %), de même que le haut débit (+ 5,4 %). Quant au poids respectif de la voix et des données, ces dernières devraient, malgré leur érosion, peser davantage que la voix à l'horizon 2010, et représenter ainsi le premier poste de dépense. À noter, enfin, le très lent décollage des services de voix sur IP : même s'ils devraient plus que doubler cette année, ils ne représenteraient que 181 millions deuros, à comparer aux 3,7 milliards de la téléphonie classique.

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