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En pleine ébullition, le secteur de la virtualisation manque encore cruellement de standards garantissant aux responsables informatiques la pérennité de leurs investissements. Conscients du problème, VMWare, Microsoft et XenSource, trois des principaux éditeurs de logiciels de virtualisation, ainsi que IBM, Dell et HP, les trois premiers fabricants de serveurs x86, viennent de faire approuver par la DMTF (Distributed Management Task Force, une association d'entreprises qui développe et promeut des standards) les spécifications d’un format commun baptisé OVF, pour Open Virtual Machine Format.
Ce format devrait jouer à l'avenir le rôle de conteneur standard de machines virtuelles. Un fichier OVF encapsule en effet, d’une part, les données nécessaires au fonctionnement d’une machine virtuelle dans le format utilisé par chaque éditeur (par exemple, les images disque au format VHD chez Microsoft ou VMDK chez VMWare) et, d’autre part, des métadonnées au format XML qui permettent de rationaliser l’exploitation de ces machines virtuelles.
Ces métadonnées décrivent les caractéristiques de chaque machine virtuelle (ses ressources processeur, sa quantité de mémoire vive, son espace de stockage, le type de carte réseau utilisé, etc.) et sont très utiles pour les consoles de supervision qui doivent répartir les machines virtuelles sur les serveurs physiques.
Pour l’instant, les éditeurs qui souhaitent pouvoir superviser depuis leur console d’administration maison les machines virtuelles exécutées dans des environnements de virtualisation concurrents doivent récupérer eux-mêmes ces données en analysant les formats concurrents. “ OVF va leur faciliter la tâche dans la mesure où les métadonnées permettant d’administrer les machines virtuelles seront les mêmes d’un éditeur à l’autre ”, explique Alain Le Hégarat, responsable du marketing Windows Server Systems chez Microsoft France.
Le nouveau format propose également des informations garantissant l’intégrité d’une machine virtuelle. “ Les fichiers OVF contiennent une signature numérique qui permet de s’assurer que les machines virtuelles qu’ils transportent n’ont pas été modifiées depuis leur conception. Cette fonction sera très utile aux éditeurs qui veulent commercialiser des “appliances” virtuelles [serveurs virtuels avec des applications dédiées à une fonction spécifique, comme la sécurité ou la messagerie électronique, NDLR] ”, poursuit Alain Le Hégarat.
Une autre ambition du format OVF est de favoriser le portage d’une machine virtuelle d’un environnement donné à un environnement concurrent, même si celui-là ne sera pas toujours possible. “ Dans les fichiers OVF, il y a aussi des informations sur la compatibilité des machines virtuelles. Dans un premier temps, cette portabilité signifiera simplement qu’un fichier OVF contient deux ou trois images disque de la même machine virtuelle (une par éditeur concurrent) et donc que la machine virtuelle est compatible avec chaque environnement ”, explique Maxime Besson, ingénieur système et réseau chez l’intégrateur Smile, qui utilise la virtualisation pour fournir des environnements haute disponibilité à ses clients.
En attendant l’avènement d’un éventuel format d’image disque unique, les premiers logiciels tirant parti d’OVF sont annoncés pour la mi-2008. A cette période, Microsoft devrait notamment lancer la prochaine version de Systems Center Virtual Machine Manager. Pour pouvoir ouvrir les fichiers OVF et en extraire l’image disque qui les intéresse, les hyperviseurs dévoilés la semaine dernière lors du VMWorld devront certainement être mis à jour.
















