











Il est petit, vert, jaune et blanc, avec de grandes oreilles. Lui, c'est le portable “ à 100 dollars ” destiné à équiper les salles de classes des pays en voie de développement. Comme ils l'avaient annoncé en début d'année, les responsables du programme One Laptop Per Child (OLPC pour les intimes) ne vont pas se contenter de passer des contrats avec les gouvernements des Etats concernés pour diffuser leur drôle d'ordinateur.
Cet automne, à partir du 12 novembre et pendant deux semaines seulement, ils vont tester son attrait auprès du grand public américain. Ce produit sera commercialisé dans des conditions bien particulières. Car pour l'occasion, les responsables du projet ont inversé les lois du marketing. En lieu et place du sacro-saint “ buy one, get one free ” (achetez deux articles pour le prix d'un) cher au consommateur américain, les acquéreurs de cet ordinateur Wi-Fi qui fonctionne à l'énergie solaire, pourront acheter un exemplaire pour le prix de deux. Soit 399 dollars au cours (et au coût de fabrication) actuel du “ PC à 100 dollars ”. Depuis l'annonce de ce projet d'ordinateur à destination des pays émergents, le prix du produit n'a en effet cessé d'être revu à la hausse.
Cette opération exceptionnelle est baptisée G1G1 (Give one, Get one). Le second exemplaire sera lui gracieusement donné à un écolier dans le besoin. Les personnes intéressées par cette initiative de micro-économie solidaire peuvent déjà s'inscrire sur un site dédié ou bien faire un don à l'opération. S'il est encore difficile de déterminer le nombre d'ordinateurs qui seront écoulés à partir du 12 novembre, Walter Bender, coordinateur des développements logiciels au sein du projet OLPC, indique à la BBC que les 25 000 premières commandes enregistrées, seront honorées d'ici à la fin de l'année.
La production de masse de cet ordinateur atypique a commencé au début de l'été 2007. En théorie, les gouvernements peuvent en faire l'acquisition par lot de 250 000 unités. Mais, passé l'enthousiasme verbal de certains dirigeants, les commandes fermes ne sont pas toutes, loin s'en faut, au rendez-vous. “ Je dois dire que c'est une vraie déception ”, a récemment déclaré au New York Times Nicholas Negroponte, ce chercheur du MIT (Massachussetts Institute of Technology) qui a porté l'idée depuis le début. Le projet OLPC est malgré tout sur les rails et les premiers pays bénéficiaires (le Cambodge, l'Afghanistan, le Rwanda et Haïti) n'attendent plus que les livraisons.
















