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Comme aux échecs, les pirates (en l’occurrence les blancs) ont toujours un coup d’avance. Informé dès le 26 septembre par différents cabinets d’experts en sécurité comme le CERT-LEXSI de l'existence d'une faille de sécurité sur son site Web, Adobe a été très réactif. Sans avoir eu besoin de couper l’accès à son site, l'éditeur vient aujourd’hui de colmater cette brèche. Mais sa réaction n’a, semble-t-il, pas été assez rapide puisque des pirates ont eu le temps de s’y engouffrer.
De quoi être inquiet pour les sites et les entreprises qui présentent des failles durant plusieurs semaines, voire des mois… “ C’est une vulnérabilité que l'on pourrait malheureusement qualifier de “classique”. Il s'agissait d'un petit programme qui ne testait pas suffisamment les données qui pouvaient lui être envoyées ”, explique Cédric Pernet, analyste sécurité du CERT-LEXSI. Le programme en cause serait un script CGI (Common Gateway Interface).
Exécutée par le serveur Web, cette interface de passerelle commune envoie au navigateur de l'internaute un code HTML. Créé automatiquement par le serveur, il permet d’obtenir par exemple des pages personnalisées par l'utilisateur. Mais les scripts CGI sont aussi connus pour être plus vulnérables que le PHP (Hypertext Preprocessor). Pour repérer les vulnérabilités il suffit d’utiliser un scanner de failles CGI comme on en trouve facilement sur Internet.
Officiellement, ces outils sont destinés à vérifier la sécurité d’un serveur. Mais en réalité, des pirates s’en servent pour chercher des moyens d’accéder à un serveur.
C’est ce qui s’est peut-être passé pour Adobe. Dès que cette vulnérabilité a été découverte, elle a fait le tour des sites “ underground ”. Selon le site heise.de, des pirates auraient dans un premier temps récupéré des fichiers de configuration du serveur ainsi que des fichiers de mots de passe et des clefs de chiffrement. “ Nous pouvons supposer qu'une fois ces fichiers récupérés, ils ont pu déchiffrer certains mots de passe du système afin d'y obtenir un accès dérobé ”, avance Cédric Pernet.
La suite dépend de l’imagination et de la volonté de nuisance des personnes ayant ces accès. Ils peuvent cacher dans le serveur des codes malveillants développés uniquement pour corrompre les applications de cet éditeur. Dans ce cas, ces virus ne sont pas détectables par les antivirus puisqu’ils ne sont pas répertoriés dans leurs bases de signatures virales. Des pirates peuvent aussi modifier des polices ou le comportement d’applications Adobe. La réaction très rapide de l’éditeur laisse espérer que le pire sera évité.
















