BEA refuse l'offre d'Oracle et estime valoir plus
L'offre publique d'achat proposée par Oracle de 17 dollars par action, soit 25% de plus que son cours de jeudi soir, est refusée par l'américain. Une contre-offre est encore possible.
01net.
le 15/10/07 à 18h00
Le boulimique Oracle, désormais numéro trois mondial du logiciel, a dévoilé vendredi dernier
une offre de rachat sur son compatriote américain BEA Systems pour 6,7 milliards de dollars en cash, correspondant
à une valorisation de 17 dollars par action. Cette offre représente une prime d'environ 25 % par rapport au cours de clôture de l'action BEA jeudi soir de 13,62 dollars.
Mais Oracle devra vraisemblablement relever son offre s'il veut mettre la main sur l'un des leaders mondiaux du middleware et des serveurs d'application Java. Puisque vendredi le cours de BEA a bondi de 38 %, à 18,82 dollars.
Les marchés ont en effet fortement parié sur la possibilité d'une contre-proposition en provenance d'un autre géant qui pourrait bien s'appeler IBM, SAP ou Microsoft.
Et pourtant selon le président d'Oracle, Charles Philips
' cette proposition est l'aboutissement de conversations répétées avec le management de BEA au cours des dernières années '. Une
affirmation à laquelle BEA a apporté un cinglant démenti à travers
deux communiqués de presse délivrant en substance le message suivant : l'offre d'Oracle n'est pas amicale et les actionnaires de
BEA estiment qu'elle sous-évalue la valeur de l'entreprise. A l'heure ou nous écrivons ces lignes, le marché donne encore raison aux actionnaires de BEA Systems puisque l'action malgré une baisse de 0,74 % s'évalue encore à
18,69 dollars.
BEA : un avenir incertain
' Tout est encore possible, concernant l'avenir de BEA System ', rappelle en préambule Massimo Pezzini, analyste au Gartner Group. Mais même si SAP, récent acquéreur du Français Business
Object sur le marché du décisionnel a déclaré qu'il n'était pas intéréssé par ce dossier,
' il ne faut sans doute pas éloigner trop rapidement des acteurs comme IBM, Microsoft, HP ou Tibco '.
Selon le Gartner, BEA System avec ses 1,4 milliard de dollars de chiffre d'affaires représente environ 10 % du marché mondial des middleware pour entreprise. Il se positionne en deuxième position derrière IBM qui possède
32 % de parts de marché et devant Oracle avec 9 %. Viennent ensuite Microsoft et Tibco avec chacun 4 %.
Mais l'essentiel de ce marché est représenté par les serveurs d'applications (9,4 milliards de dollars). Or, si Oracle mettait la main sur l'éditeur du célèbre serveur d'application J2EE Weblogic, il détiendrait alors 22 % de
parts du marché plus restreint des serveurs d'applications. Et se positionnerait devant IBM et sa plate-forme J2EE WebSphere qui détient 20 % du marché. ' La fusion avec BEA Systems conforterait la position
d'Oracle ', explique Massimo Pezzini.
Mais on pourrait en dire autant d'IBM, qui, s'il s'offrait BEA Systems, s'octroierait alors une très confortable place de numéro un. Quant à HP, cela fait plusieurs années qu'il a choisi BEA comme serveur d'applications Java privilégié
auprès de ses clients, pour faire face à l'ennemi commun IBM et la plate-forme J2EE WebSphere. Il est donc depuis longtemps ressenti comme un acheteur potentiel de BEA. Pour HP, un rachat de BEA par Oracle ne serait donc pas le pire des scénarios,
comparé à une contre offre d'IBM sur BEA.
La pépite SOA
Le rachat de BEA permettrait à Oracle de faire le lien entre toutes les briques achetées ces dernières années : l'ERP PeopleSoft pour 10,3 milliards de dollars, Siebel dans la relation-client pour 5,85 milliards de
dollars,et Hyperion dans le décisionnel pour 3,3 milliards.
Il mettrait également la main sur la plate-forme Aqualogic. Cette nouvelle gamme de logiciels, qui regroupe trois composants destinés aux SOA, a généré un chiffre d'affaires de 110 millions de dollars en 2006. Et cela alors
qu'elle a été lancée en milieu d'année 2005. Un succès qui selon BEA tient à son indépendance. Cette indépendance, BEA aura du mal à la garder, car le milliardaire Carl Icahn, qui détient environ 13 % du groupe milite fortement en faveur
d'un rachat.
Comme on le voit, le marché mondial est en phase de consolidation mais selon Massimo Pezzini du Gartner, ' ce cycle devrait bientôt se terminer pour laisser place à un cycle d'innovation '.