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Pour ceux qui en doutaient encore, voici la confirmation : Microsoft est bel et bien un éditeur open source. La société de Redmond vient en effet de recevoir, vendredi 12 octobre, la consécration suprême de la part de l’association Open Source Initiative (OSI), qui vient de valider deux de ses licences comme étant bien conformes aux règles du logiciel libre. Il s'agit de Microsoft Public License (Ms-PL) et de Microsoft Reciprocal License (Ms-RL). Soumises à validation l’été dernier, elles vont désormais rejoindre la liste de plusieurs dizaines de licences open source approuvées par l’association dans le passé, comme BSD, Apache ou Eclipse.
Ms-PL permet de reproduire, de modifier et de distribuer des logiciels, de manière commerciale ou non et sans avoir à payer de royalties. Ms-RL est plus restrictive car, pour tout ajout ou modification, il sera obligatoire de fournir le code source. En outre, le produit dérivé sera automatiquement régi par cette même licence. Cette dernière rejoint ainsi les licences dites “ copyleft ” comme la fameuse GPL.
“ Avec ces deux licences, notre objectif est de proposer un cadre juridique simple et clair. Toutefois, nous ne voulons pas provoquer une guerre de licences ”, explique Sam Ramji, directeur de la stratégie open source et Linux de Microsoft, de passage à Paris.
Cependant, l’approbation de l’OSI ne s’est pas faite si simplement. L’association explique que Microsoft n’a eu aucun traitement de faveur et que la décision résulte d’un discussion “ constructive, vive et approfondie ”. Elle précise également qu’une licence open source ne suffit pas pour faire de l’open source. Il faut également “ un code source de qualité et une large communauté ”. A bon entendeur…
C’est précisément ce que Microsoft compte faire. L’éditeur revendique d’ores et déjà 1 900 projets et 31 000 utilisateurs au sein de sa forge logicielle Codeplex. Son objectif est de multiplier ces travaux et d'enrôler un maximum de développeurs. Mais pas dans n’importe quel domaine ! Il est hors de question de mettre Windows en open source. En revanche, l’éditeur encourage tous les projets qui améliorent l’interopérabilité de Windows avec les plates-formes et les applications libres.
A ce titre, les vingt collaborateurs du laboratoire open source de Microsoft planchent déjà sur la virtualisation de Linux dans Windows et inversement, un sujet technique particulièrement complexe. “ Nous voulons que Windows soit la plate-forme idéale pour toutes les applications, qu’elles soient open source ou non. Plus notre plate-forme sera interopérable, mieux elle sera appréciée des utilisateurs ”, précise Sam Ramji.
Microsoft est loin de perdre le nord. Si l’éditeur fait de l’open source, ce n’est pas pour la beauté du geste, c’est pour mieux positionner ses produits sur le marché. En dépit des accords signés avec Novell et avec d'autres, Linux va rester son principal ennemi sur le marché des entreprises.
















